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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 17:00

C'est la seconde vague de la grande transumance des français de l'été vers le soleil, la détente, les retrouvailles en famille, la fête avec les amis.

 

Quand je pars avec ma vieille ROVER 820 TI, j'emprunte les routes nationales et secondaires avec ma thermos d'eau fraîche. Je fais des pauses fréquentes assorties de quelques mouvements de chi cong pour détendre le dos. Je m'arrête pour écouter une séquence d'émission de radio qui m'intéresse.

 

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Elle est pas "classe" ma caisse ?

 

 

Et j'aime faire des détours vers les sites historiques ou les paysages indiqués au bord des routes.

 

Il m'arrive de dépasser le 90 km/h de rigueur. J'en suis si honteux que je me mettrais à l'amende tout seul.

 

Voyager avec moi, c'est un exode interminable pour ceux qui aiment la vitesse  et pour qui la vie recommence au bout de la route. La route n'est pour eux qu'une longue parenthèse, un "espace transitionnel" avant d'arriver.

 

Pour moi la vie c'est aussi pendant la route, et au bord de la route. C'est une aventure, une découverte de chaque instant, une forme de vie nomade et d'itinérance.

 

Une itinérance dans une turbo 2 litres !

 

La lenteur est ma drogue au volant, comme dans la vie.

 

Plume Solidaire

 

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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 17:01

 

Voici la 3ème conférence : « Le préoccupant déclin de la responsabilité politique dans nos démocraties », par Bastien François, directeur du département de science politique de l'université Paris-I, cofondateur de la convention pour la VIe République,

Les Rencontres de Pétrarque sont organisées par France Culture et Le Monde dans le cadre du Festival de Radio France.

 Plume Solidaire

 

Déclin des institutions, crise des experts, remise en cause des discours scientifiques : "l'individu démocratique" manifeste une défiance croissante à l'égard des paroles "légitimes". Il est temps de se demander pourquoi. C'est de cette façon que Dominique Schnapper a introduit cette XXVe édition des Rencontres de Pétrarque dans "la leçon inaugurale" prononcée lundi 19 juillet, à Montpellier.

"En qui peut-on avoir confiance ?" En la science ? La science est en danger, le mensonge la guette, affirme Michel Broué. Les experts ? La démocratie ? Pour cela, il faudrait enrayer le déclin de la responsabilité politique pour rétablir la confiance dans les institutions, explique Bastien François. Aussi, selon Philippe Corcuff, la vogue des théories du complot est un signe du désarroi contemporain.

 


 

3ème conférence

Le préoccupant déclin de la responsabilité politique dans nos démocraties

Une évolution à enrayer pour rétablir la confiance dans les institutions

par Bastien François, directeur du département de science politique de l'université Paris-I, cofondateur de la convention pour la VIe République |

 

21.07 | 13h43

Nombreux sont ceux qui analysent et cherchent à mesurer la défiance qui affecte la démocratie représentative, insistant sur la désaffectation des urnes et la distance croissante entre représentants et représentés. Si le phénomène n'a pas la nouveauté que certains lui prêtent, son terreau a néanmoins connu de profonds bouleversements depuis le début du XXe siècle, qui le rendent assurément plus complexe : professionnalisation accrue de l'activité politique, complexification des clivages sociaux, fragmentation des espaces publics, allongement des chaînes d'interdépendance qui relient les individus, etc. 

Tous s'accordent, avec raison, à trouver ce phénomène préoccupant. Plus rares sont ceux, en revanche, qui mettent au coeur de leurs préoccupations la question des modalités de mise à l'épreuve de la confiance dans la démocratie, si ce n'est, mais en contournant l'obstacle en quelque sorte, pour promouvoir une participation accrue des citoyens qui viendrait combler les manques ou les apories de la représentation, voire s'y substituer. Or, comme le montrent bien certains théoriciens de ce "nouvel esprit de la démocratie" - pour reprendre le titre du brillant essai de Loïc Blondiaux (Seuil, 2008) -, les expériences actuelles de la participation citoyenne ne sont souvent qu'un leurre, reproduisant de façon masquée le cens social au principe sociologique du lien représentatif. 

Si la question de la participation ne doit bien sûr pas être balayée d'un revers de main, c'est donc celle de la représentation qui demeure cruciale et sans doute première. Mais dans quels termes la poser dans sa relation à la confiance ? 

Au coeur du fonctionnement de la démocratie représentative, dans la forme du régime parlementaire qu'elle a commencé à prendre il y a environ deux siècles en Europe, il y a une idée très simple : les gouvernants qui ne jouissent plus de la confiance des gouvernés, ou de leurs représentants, doivent quitter le pouvoir. Dans l'exercice du pouvoir qui leur est confié, ils doivent répondre en permanence de cette confiance, ce qui suppose de devoir rendre des comptes sur l'usage qu'ils font ou ont fait de la confiance qui leur a été accordée. Ce dispositif de mise à l'épreuve de la confiance se nomme responsabilité. La langue anglaise utilise un substantif presque intraduisible - accountability - qui exprime mieux l'idée que les gouvernants sont comptables d'une forme de dette contractée au moment de leur désignation, et qui est justement la confiance. Ce qui importe ici est que la responsabilité politique mesure l'état d'une relation de confiance, qu'elle est indépendante de toute faute et de toute culpabilité. 

Mais la traduction institutionnelle de ce principe n'a jamais été simple. Le droit constitutionnel est plus à son aise quand il s'agit de définir la responsabilité par la négative, à travers des sanctions, que lorsqu'il faut organiser positivement la responsabilité en termes de comportements attendus des gouvernants. 

L'exclusivité de la confiance parlementaire comme mode d'expression de la responsabilité politique s'est également avérée problématique lorsque le Parlement a tout à la fois perdu son rôle central dans la "démocratie d'opinion" et s'est retrouvé corseté par la discipline majoritaire. En France, la Ve République a promu une pratique démocratique déviante, le découplage entre l'exercice du pouvoir d'Etat et la responsabilité politique des gouvernants, la confiance pouvant être accordée lors de grand-messes aujourd'hui quinquennales mais jamais retirée. 

Il en a résulté d'ailleurs une régression démocratique supplémentaire : la tentation de substituer, de façon bricolée et incertaine, la responsabilité pénale à la responsabilité politique ; la "criminalisation" de la responsabilité politique, pour parler comme le juriste Olivier Beaud, n'ayant plus rien à voir avec la question de la confiance. Force est alors de constater que, de nos jours, il ne reste rien de la relation consubstantielle entre responsabilité politique et confiance. Même l'expression du suffrage universel - pensons au référendum européen du 29 mai 2005 - s'avère impuissante à infléchir, ne serait-ce qu'à la marge, les modes d'occupation du pouvoir. Et s'il fallait une preuve ultime de la confusion des esprits, il suffirait de considérer la réforme constitutionnelle engagée dès son élection par Nicolas Sarkozy, dont l'un des mots d'ordre était justement la "responsabilisation" du président de la République. Le résultat final, de ce point de vue, fut éloquent : la possibilité offerte au président de venir s'exprimer, sans risque et selon son bon plaisir, devant le Parlement... 

Si l'on s'accorde à penser que poser la question de la confiance, c'est poser la question de la responsabilité politique, au sens exigeant de l'accountability, c'est un immense chantier auquel nous sommes dès lors confrontés : celui des mécanismes assurant - et permettant de vérifier - que le pouvoir s'exerce bien conformément à la volonté populaire.

 


Dernier ouvrage paru : "La Constitution Sarkozy" (Odile Jacob, 2009).

 

Les XXVes Rencontres de Pétrarque dont le thème est "En qui peut-on avoir confiance ?", du lundi 19 au vendredi 23 juillet à Montpellier. Rectorat de l'académie de Montpellier, cour Soulages, rue de l'Université, de 17 h 30 à 19 h 30 (entrée libre). Diffusion sur France Culture du 9 au 13 août de 20 h 30 à 22 heures. Sur le Web : Franceculture.com.

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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 16:43

25èmes rencontres de Petrarque - France Culture & Le Monde
envoyé par franceculture. - L'info internationale vidéo.

 

Déclin des institutions, crise des experts, remise en cause des discours scientifiques : "l'individu démocratique" manifeste une défiance croissante à l'égard des paroles "légitimes". Il est temps de se demander pourquoi. C'est de cette façon que Dominique Schnapper a introduit cette XXVe édition des Rencontres de Pétrarque dans "la leçon inaugurale" prononcée lundi 19 juillet, à Montpellier.

"En qui peut-on avoir confiance ?" En la science ? La science est en danger, le mensonge la guette, affirme Michel Broué. Les experts ? La démocratie ? Pour cela, il faudrait enrayer le déclin de la responsabilité politique pour rétablir la confiance dans les institutions, explique Bastien François. Aussi, selon Philippe Corcuff, la vogue des théories du complot est un signe du désarroi contemporain.

 

 


 

En qui peut-on avoir confiance ?

 

2ème conférence

 22.07 | 10h33

 

La science est en danger, le mensonge la guette

 

Les chercheurs doivent se garder de brouiller le rapport à la vérité en verrouillant les débats. Par Michel Broué, mathématicien, professeur à l'université Paris-Diderot | 21.07 | 13h43

Débat

Michel Broué, mathématicien, professeur à l'université Paris-Diderot

 

La science nous ment-elle" m'a paru un titre cocasse, voire inquiétant. En tout état de cause, un oxymore. Car pour moi, comme, je crois, pour tous les scientifiques, la science est d'abord recherche de vérité.

On peut d'abord nuancer et préciser cette expression. La vérité, ou plutôt les vérités dont nous parlons concernent essentiellement les objets de la nature (au sens large), leurs comportements, leurs contraintes, bref, les lois qui régissent le monde.

Sans doute faut-il parler aussi au pluriel des sciences et non de la science, car la notion de vérité, absolue en mathématiques, l'est moins en physique par exemple : les lois de la mécanique newtonienne sont vraies pour des vitesses "ordinaires", elles doivent être modifiées, précisées, par la mécanique relativiste pour des vitesses très grandes.

Qu'entends-je par "vraies" ? Qu'elles s'insèrent dans une conception générale s'appliquant à des objets très différents, qu'elles sont systématiquement vérifiées par l'expérience, et qu'elles permettent de prédire, de faire des découvertes. L'histoire de la découverte de la planète Neptune en est une belle illustration. Entre 1820 et 1845, les calculs des astronomes mettaient en évidence un écart non négligeable entre ce que prédisaient les lois de Newton et les positions des planètes.

Une hypothèse parfois émise était que cet écart pourrait être dû à l'existence d'une planète inconnue. Le jeune mathématicien Le Verrier se mit au travail, en s'appuyant sur cette hypothèse (et sur la loi de Newton !). En août 1846, il annonça à l'Académie des sciences qu'une nouvelle planète devait se trouver à la longitude de 326° 32', puis écrivit à un astronome de Berlin en lui demandant de diriger sa lunette vers le point indiqué.

L'astronome la trouva à 327° 24', soit avec une précision de moins de 1°. Elle fut baptisée Neptune. Puissance de la science qui devient représentation du monde ! Peu de scientifiques ont connu la gloire de Le Verrier en découvrant une nouvelle planète du système solaire, mais beaucoup ont eu la chance, au moins une fois dans leur vie, de connaître ce plaisir intense, incomparable, cette fierté, cet enthousiasme de voir son calcul, son hypothèse ou sa conjecture vérifiés !

Cette recherche de vérité, de vérité universelle (communicable aux autres hommes, et, qui sait, à d'autres êtres vivants), requiert évidemment des règles "morales" très strictes. Comme l'écrit le physicien Yves Quéré, la science "nous apprend la primauté de l'argumentation face à la brutalité, de l'honnêteté face à la tricherie, de la rigueur face au n'importe quoi, d'une certaine vérité face au "tout peut se dire" ; elle établit entre l'homme et l'univers un somptueux dialogue, tissé par la médiation mystérieuse des mathématiques, à la fois "langage de la nature" et pure émanation du cerveau humain ; elle nous dévoile, à travers la simplicité formelle et la symétrie des lois, la beauté profonde du monde ; elle tire notre esprit vers un "savoir plus", elle est donc une pièce centrale de la culture humaine".

Oui, décidément, ce titre est un oxymore. J'ai aussi écrit qu'il est inquiétant. C'est que je crois la science en danger, pour que nous arrivions à poser de telles questions.

De tout temps, la science a souvent été amenée à bousculer les pouvoirs en place, en détruisant les mythes ou les rituels qui les structurent. Les lois universelles de la science chassent les dieux de l'Olympe. Le très conservateur et monarchiste Joseph de Maistre dénonçait "la tentation la plus perfide qui puisse se présenter à l'esprit humain, c'est celle de croire aux lois invariables de la nature". La théorie de l'évolution est fatale à l'idée d'un monde d'origine divine : elle fait l'objet d'attaques inouïes des intégristes chrétiens et musulmans, dans le monde entier.

Aujourd'hui, la science, inintelligible pour l'immense majorité, se confond avec la technologie, les armes terrifiantes, les catastrophes gigantesques des dernières décennies qu'ont accompagnées tant de mensonges.

C'est dans ce contexte, et à propos du problème crucial pour l'avenir de la planète qu'est celui du réchauffement climatique, qu'intervient la polémique lancée par Claude Allègre et son équipe. Bien sûr, les scientifiques peuvent se tromper, s'engager parfois dans des impasses, et il arrive qu'ils polémiquent entre eux. Mener un débat sur des choix scientifiques fondamentaux est une nécessité démocratique. Les obstacles sont immenses : profonde inculture scientifique de "l'élite" du pays, règne du "faire bref et simple" sur les médias audiovisuels.

Mais lorsque Claude Allègre utilise la candeur, la méconnaissance ou le goût du sensationnel de certains journalistes pour diffuser des contrevérités, ou pour détourner la notion de doute légitime afin de se poser en victime d'une prétendue pensée unique, le débat se trouve verrouillé, le rapport à la vérité est brouillé, la science en est affaiblie.

Un mensonge dans la science ? Laissons la parole à Kropotkine (1842-1921, théoricien de l'anarchie) : "Une fois que tu auras vu une iniquité et que tu l'auras comprise - une iniquité dans la vie, un mensonge dans la science, ou une souffrance imposée par un autre -, révolte-toi contre l'iniquité, contre le mensonge et l'injustice. Lutte ! La lutte c'est la vie d'autant plus intense que la lutte sera plus vive. Et alors tu auras vécu, et pour quelques heures de cette vie tu ne donneras pas des années de végétation dans la pourriture du marais."

Michel Broué, mathématicien, professeur à l'université Paris-Diderot

 

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