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14 août 2010 6 14 /08 /août /2010 17:00

Ce livre s'inscrit dans  la réflexion issue de l'écoute du Forum Libération de Rennes qui avait abordé la  Question du bonheur :

 

4/5 : « Le bonheur se mérite-t-il ? » avec Robert Misrahi et Yves Michaud

 

http://www.decitre.fr/gi/97/9782350880297FS.gif

 

Robert Misrahi

Robert Misrahi est spécialiste de Spinoza. Il a récemment publié chez Encre Marine La Jouissance d'être (2009). 

L'auteur se propose de dire les contenus du bonheur, en tant que celui-ci est l'activité toujours possible et toujours pensable d’un sujet libre, et une réalité à la fois extrême et accessible. Il s’agit aussi d’établir les conditions d’accès à ce bonheur et de déployer en même temps les actes qui le constituent. Car le bonheur d’être est plus qu’un « état » de conscience ou une « condition » sociale ; il est l’unité synthétique de quelques formes actives de la joie. 


La méthode employée ici n’est pas séparable de la doctrine. La phénoménologie en première personne décrit ici le sujet comme libre désir et comme réflexion fondatrice ; cette phénoménologie est existentielle parce qu’elle est opérée par l’existant pour l’existant, se saisissant comme sujet actif. Trois étapes, formant les trois actes de la joie, sont analysées : la joie de se fonder soi-même en une première puis en une seconde fondation, la joie d’amour dans un registre tout autre que banal et dont se font l’écho Segalen, Thérèse d’Avila, Saint John Perse ou Rilke, et enfin les formes poétiques et les formes actives de la jouissance du monde. L’ensemble de ce mouvement se déploie comme un Voyage qui est à la fois progression conceptuelle réflexive et itinéraire d’existence, expérience d’être. 


L’enjeu en est non seulement la signification du désir, mais encore le présent et l’avenir de la philosophie. Par l’analyse de la joie qui anime toute l’existence concrète, s’éclairent à la fois la juste révolte contre l’horreur et la validité de la jouissance et de l’espoir. Se dessine en même temps une philosophie du sujet en première personne, qui est aussi une philosophie de la liberté heureuse. S’exprime enfin la portée éthique et substantielle du cheminement d’une œuvre conçu comme l’affirmation de l’être et du sens.

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 20:22

 

 

LA TROISIEME MI TEMPS - 2

 

A l'approche du Stade d'Hèspérances une clameur matutinale atteignit de plein fouet la fine ouïe du Marquis qui restait sur sa faim de rencontres noctambules. 

- De qui sont ces sons Nicéphore ?

Nicéphore donna un léger coup de coude dans la cale de bois de rose - une fâcheuse erreur de choix dans les matériaux avait dit le Marquis au concessionnaire automobile - qui maintient le vitrail de sa portière hermétiquement clos. La pièce de bois tourna sur son axe central comme une hélice et épousa en juste noce la gaine horizontale dudit vitrail qui, quant à lui se contenta de glisser en cascade successive dans la glissière précitée présentée.

 - J'y distingue assez clairement de la corne de brume, Sir.

- Qu'entends-tu d'autre en clair dans la brume, Cornegidouille ?

- C'est du clairon en clair que j'entends Cornegidouille, dans la brume, Marquis.

- C'est le Mondial des Vents... Nicéphore! Approche pour voir.

- A gauche, ou à droite Marquis, c'est comme vous voulez.

- Apprends que c'est une question qu'on ne pose jamais à un homme politique. Il y a des mots tabous Nicéphore. C'est selon.

- Alors on tournera à droite, mais il faudra monter un raidillon jusqu'à la Maison des Syndicats.

- Et après ?

- On descend en pente douce jusqu'à la croisée des chemins. Tranquille.

- Et par l'itinéraire de gauche ?

-  Je ne l'ai jamais emprunté Marquis.

- Dieu t'en a préservé , j'imagine. Mais que t'en t'a-t-on dit ?

- Ce que tante en a dit qui le fait chaque jour en vélocipède, c'est que ça descend jusqu'à la Piscine Municipale et qu'en prenant au bon moment le virage à droite qui évite d'aller droit dans le mur, avec un bon coup de jarret en bas de la petite côte, on la remonte en ramant d'un coup sec jusqu'à la croisée des deux chemins.

- Combien de temps faut-il par la droite et par la gauche ?

- Par la gauche, je suppose que ça doit être un peu plus long mais c'est plus joli et on ne voit pas le temps passer.

- Je ne vois pas les différences entre les deux itinéraires, Nicéphore.

- Mais il n'y en pas Marquis, puisque dans tous les cas de figure on descend jusqu'au fond de l'Impasse du Stade. Seulement, dans un cas la route est monotone et on s'ennuie ; dans l'autre c'est l'aventure dans un paysage de rêve, on s'amuse, et tout le monde est content !

- Alors fais attention à ta figure comme tu dis, et à ce que tu vas dire. Et pourquoi t'as jamais pris l'itinéraire de gauche, Nicéphore, hein ?

- Ben, Monsieur le Marquis, si vous croyez que j'ai le temps de m'amuser moi !

- Vas par la droite. Il n'y a pas de vent favorable à celui qui ne sait où il va. Sénèque.

- Oui Marquis c'est net, acquiesça l'automédon. 

Pendant que nos deux compères devisaient ainsi, le Grand Char d'Apollon avait commencé à s'élever au-dessus de l'horizon, baignant dans une lumière pourpre les vallons nimbés de fraîche rosée, les tendres prairies qui s'étendaient à perte de vue autour de Thébeauville, et les champs où perçaient déjà à travers les riches limons, les fruits des prochaines récoltes.  

Nicéphore descendit les marches de la limousine et souffla les bougies des photophores de la calandre avant, en se rappelant avec nostalgie l'heureux temps où il exerçait le noble métier - aujourd'hui disparu pour des raisons dont l'évocation serait ici hors sujet - , de lampiste à la  S.T. F.

Il agrippa l'échelle à deux mains et d'un coup de reins énergique parvint à atteindre la troisième marche de sa cabine de pilotage. 

Les huit chevaux de la GALATEE série IV tournèrent à droite et avalèrent les quelques dizaines de newdécapieds qui séparaient le Marquis de l'agitation qui régnait autour du stade. 

- C'est un véritable champ de bataille Monsieur le Marquis !

Le Marquis écarta de l'index le rideau de velours qui l'isolait des regards indiscrets pour constater l'état de la chose. Mais la couche de noir de fumée aurait empêché quiconque d'accéder à une vision optimum.

- On a gagné, on a gagné ! hurla l'un des fêtards en passant une tête rouge et tuméfiée par la fenêtre de la portière du postillon, tandis que ses camarades de combat solidaires, le soutenaient en poussant sur ses énormes fesses pour le préserver d'une chute définitive de l'échelle de GALATEE.

 - Moi aussi ! Moi aussi ! s'écria le Marquis en sautillant hystériquement sur son siège pour se faire entendre par la populace éméchée.

Mais l'homme, sans doute au bout de ses forces, lâcha prise, non sans vomir une acide fusée de vinasse rougeâtre sur le dossier du fauteuil capitonné bleu parme du chauffeur. 

Le Marquis fit glisser la vitre qui le séparait de Nicéphore et ouvrit son vitrail droit. 

Nicéphore essuya sommairement les traces de la beuverie avec la première page du dernier numéro du journal de campagne du Marquis. 

La fête battait son plein. Ce n'était que chants paillards, rires tonitruants et gorges déployées, trilles de rots gras forte au refrain précédant des couplets de rondes flatulentes mezzo voce, plaisanteries grivoises de soudards et graveleuses altercations suivies de bourrades et d'embrassades viriles d'hommes vacillants, accrochés par wagons de deux, ou en trains de monômes évoluant sur la prairie en d'erratiques sinusoïdes. 

Partout autour du véhicule de la Gouvernance locale s'étalaient : banderoles abandonnées, pancartes brisées, cadavres de bouteilles et soûlards étendus sur le pré, ventre à l'air et bras en croix en un ultime hommage à Dyonisos. Dans la guinguette, au coeur de la bacchanale, parmi les tables retournées et les chaises renversées, au milieu de ces hommes avachis qui s'affalaient sur le zinc ou s'effondraient sur les bancs, la danse du canard interprétée par les danseurs eux-mêmes, en choeur avec les musiciens de l'orchestre rescapés du naufrage, s'essayait à contourner tant bien que mal les divers éléments et accessoires de ce carnavalesque décor de fin du monde. 

Nicéphore de FOUANCE attendit que le groupe s'éloigne de quelques pas à la recherche d'une nouvelle rencontre du quatrième type.

- Il vont finir par tomber dans la Veine ! s'exclama le chauffeur dans le gueuloir qui transmettait sa voix dans l'appartement mobile du Marquis.

Après un long moment de silence le Marquis dit calmement d'une voix grave et déterminée :

 - Fais-moi penser à faire installer une palissade aux couleurs de la cité.

Nicéphore comprit alors qu'il était temps de rentrer rue de la Comédie et se contenta d'un... :

- Direction : Villa Thalie !Thaaliie !

- File ! confirma le Marquis d'une voix étranglée. 

Dix minutes plus tard la lourde limousine franchit le portail de la propriété et s'engagea sur l'allée de pavés joints au mortier sec.

- C'était une belle journée Monseigneur !

- Ne parle jamais au passé Nicéphore, ça porte la poisse ; seuls le présent et l'avenir m'importent.

- Vous voulez dire qu'il ne faut jamais regarder dans le rétroviseur, Sire.

- Jamais.

- Et si l'histoire nous rattrape Sire, que faire alors ?

- Cours plus vite crétin. De toute façon il n'y a plus d'histoire.

- Mais pourquoi dit-on qu'il y en a qui continuent à courir quand il n'y a plus de haie à sauter ?

- C'est l'effet induit par la puissance.

- L'effet quoi ?

- Tais-toi et conduis, tu penseras demain. Et ne m'appelles plus Sire. Continue à m'appeler Marquis ça sera plus simple.

- C'est comme tu veux Marquis.

- Je te dis tu, tu me dis vous, je n'ai pas gardé les cochons avec toi que je sache. Alors : respect, s'il te plaît, et dors bien.

- Puis-je m'autoriser à demander à Sa Glorieuse et Sublime Eminence SGDG ,à quelle heure elle entend être conduite demain à sa réception de la Sous-Préfecture ?

- Elle est avancée à 11 heures...

- Je serai là à moins le quart de onze heures. Alors à demain Monsieur le Marquis.

- Elle est avancée à 11 heures ce matin, la réception. Si tu savais écouter au lieu d'entendre, tu m'aurais compris, imbécile. 

GALATEE IVs'arrêta en glissant avec douceur comme un navire courant sur son erre sous le auvent de la grande porte d'entrée, dont les formes prémonitoires annonçaient déjà l'art nouveau.

- Alors bonne matinée Monsieur le Marquis.

- Marquis suffit, on a dit.

 

J’ai dit

Plume Solidaire

 STF : Sociétéete dDes Transports Ferroviaires

 GALATEE série IV : 8 chevaux /10 sabots à pompe, série IV. Modèle de carrosse officiel national républicain

 newdécapied : nouvelle mesure de distance recommandée par une directive de la Fédération des Etats, correspondant grosso modo à l'ancienne mesure du pied humain (0,50m), à l'époque où les masses vivaient en grande pompe sur un même pied d’égalité.

 wagons : voiture

 Muse de la Comédie

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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 17:00

       

J’ai écrit ce texte entre 1995 et 2000. 

« L’année du crocodile, chronique divertissante d'une ville de banlieue » est une succession de tableaux de la vie à Thébeauville, caractérisée par l’abondance de ses populations d'origines étrangères et la diversité de  leurs cultures. 

La ville va connaître un bouleversement politique après la défaite des Rospoints et l’arrivée à la Mairie du Marquis de la Rupée. 

La chronique est construite autour de trois moments : avant, pendant et après la campagne électorale. 

L’ensemble de la période est vue à travers le regard de Victorem, Directeur des Fêtes et des Divertissements ; acteur et témoin de cette restauration bonapartiste locale. 

J’ai dit

       

LA TROISIEME MI TEMPS - 1

 L e Marquis attendit que les derniers flonflons des Ailes d'Espérances se turent, et que la ronde des convives tous aussi peu avares les uns que les autres de compliments sur la réussite de cette Soirée de la Victoire dont ils garderont le souvenir jusqu'à leur mise en bière, fut terminée. 

Camille SOUFFLETTE prit le temps de ranger soigneusement sa baguette dans sa boîte de voyage [1], et se présenta après le départ du dernier invité après maints tours et détours autour du futur homme d'Etat. 

Le nouveau Bourgmestre écouta - oreille distante, sourire figé - les propos componctieux et les rodomontades retraçant les grands moments de la brillante carrière musicale du chef d'harmonie locale - qui, en un mot comme en cent se tenait à sa disposition pour créer avec lui la Grande Batterie Philharmonique d'Espérances dont il rêvait depuis son premier cours de solfège, qui le comblerait à l'approche d'une retraite certaine, et dont il formulait le voeu qu'elle puisse honorer à l'avenir toutes les cérémonies officielles, réceptions protocolaires et réunions publiques ; promettant même deux hérauts annonçant la venue du Marquis dans les réunions de quartier à Babel Ouest, si l'occasion s'en faisait sentir. 

Puis il saisit la main du Marquis et la serra longuement, très longuement, en ondulations chaleureuses, puis en spasmes secs et affectueux -  lui tenant l'avant-bras de la main gauche.- ; affirmant que toute la famille avait voté pour lui comme un seul homme dès le premier tour ; qu'il était convaincu que l'Art avec un grand A doit servir ceux qui servent le peuple, et qui savent s'en servir à bon escient ; qu'un bon Bourgmestre comme lui avait tout à gagner de leur fructueuse collaboration ; et que pour finir il comptait sur lui pour que la musique retrouve enfin la place, seulement la place mais toute la place qu'elle avait perdue dans la vie thébeauviloise. 

Au vestiaire, l'Hôtesse en Chef venait de tendre la dernière canne et le dernier chapeau melon au Premier Echevin qui à présent quittait le Grand Pavillon de la Foire ; les équipes de nettoyage en bleus de travail, armées de balais de paille de riz tournoyaient déjà autour du bar dans une lente approche circulaire jusqu'au moment choisi pour fondre sur leur proie. 

Le Marquis voulait en finir avec les mondanités. Il héla son majordome, le somma d'aller réveiller son postillon, et le prévenir qu'il avance le cabriolet municipal pour qu'il puisse enfin regagner son hôtel particulier. 

Il s'élança d'un pas alerte à travers l'immense salle à l'architecture résolument polyvalente vers le vestiaire où l'accorte hôtesse anticipant la demande, rassembla avec empressement ses effets personnels, les plia avec attention et les lui remit dans un geste plein de grâce, sourire avenant à l'appui. Puis il se dirigea vers la sortie, et s'engouffra dans le cabriolet aux vitres teintée au noir de fumée de feu de camp. Nicéphore de FOUANCE referma la porte blindée à l'épreuve des cailloux, regagna sa cabine de pilotage et appuya sur le champignon. La lourde limousine s'ébranla, contourna le bâtiment par le midi, traversa le parc aux arbres séculaires et indifférents aux crissements des chenilles sur les graviers, et s'engagea sur le Cours des Colonies. 

C'est à cet instant précis que surgit une bande de jeunes en goguette qui chantaient des airs ruraux en faisant crépiter des pétards en rafales, et en gambillant de gauche et de droite autour d'un interminable Dragon rouge et jaune, féerique mille pattes qui serpentait au beau milieu de la chaussée. 

- Nicéphore arrête toi, que j'invite ces gens qui fêtent encore ma victoire à l'heure où Phaebus nous adresse ses premiers dards. Je voudrais partager le verre de la Fraternité avec eux, qui transportent ma gloire vers le Levant. 

- Mais Sire ils ne fêtent pas votre venue ; c'est le Nouvel  An chinois ! 

- Ne trouves-tu pas étrange Nicéphore, que des étrangers nous donnent du folklore quand nous n'en demandons pas ; et troublent la sérénité du sommeil du peuple à l'aube d'une ère nouvelle ? Poursuis notre route et fais-moi penser à déposer une Loi pour harmoniser ce nouvel an avec le nôtre. 

Mais un peu plus loin, au carrefour des boulevards de l'Europe et du Moyen Orient l'honorable équipage croisa un second attroupement qui se mit à faire la farandole autour du chariot républicain en frappant sur des bendirs tandis que les jeunes femmes criaient des youyous aigus et joyeux en faisant tourner leur ventre. 

- Arrête-toi Nicéphore, je voudrais à l'unisson chanter avec eux ce grand jour de Liberté. 

- Mais Sire ce sont des chants du Nord de l'Atlas ! 

- Ecoute la mélopée qui célèbre la République dans tous les dialectes du monde, Nicéphore. Dis-leur  qui je suis et que je veux les inviter à prendre avec moi le premier café-croissant-beurre de ma gouvernance. 

- Sire, ce sont des morisques immigrés, et ceux-là chantent en arabe !

- Qu'importe la Chine et l'Arabie pourvu qu'ils boivent notre vin et nous laissent nos femmes !

 

- Monseigneur, vous ne savez donc pas que c'est le Ramadan ; ils ne mangent qu'entre le coucher et le lever du soleil , et font la fête toute la nuit !

- Alors passons notre chemin, Nicéphore. C'est le monde à l'envers. Nous leur avons ouvert grand le bras généreux de l'Occident ; nous les élevons depuis des dizaines et des dizaines de lustres et des générations pour leur faire oublier leurs lointaines origines et leurs manières primitives. Les ingrats ! Qui leur rappellera les déserts où leurs mères les a mis bas sous la tente, les montagnes arides où un arpent de terre caillouteuse devait nourrir la tribu ; les vastes étendues d'herbes sèches où leurs maigres bêtes quêtaient leur pitance ? Qu'avons-nous de commun avec des gens qui s'interdisent en pareille circonstance de prendre un p'tit noir et du beurre avec un blanc au lever du jour ? Mais dis-moi un peu, comment tu sais tout cela toi, Nicéphore ? 

- Je ne les écoute pas Marquis, mais je les entends. Le bruit de leurs conversations entre dans mes oreilles et se grave dans ma mémoire sans que j'y sois pour quoi que ce soit. Je n'en pense rien, je n'ai rien à en dire, mais je sais. C'est tout.

 

- Alors change de tripot idiot ; il faut choisir ses fréquentations dans la vie ; ou tu finiras par préférer le thé à la menthe ou le saké au train où tu vas. Tu ne trouves pas qu'il était rigolo leur Dragon tout à l'heure ? Fais-moi penser à en faire mettre un dans le défilé de la Victoire l'an prochain, s'il te plaît.

 

- Vous ne trouvez pas que ce serait dommage de faire un Dragon alors que nous pourrions commencer par y mettre Gargantua, Gulliver, l'Ogre du Petit Poucet, Alice, le Père et la Mère Ubu, par exemples...

 

- Charité bien ordonnée commence par soi-même! C'est bien Nicéphore, tu as tout compris. Enlève le Dragon ; Alice fera l'affaire. Tu es un bon garçon , je te garde et que Dieu en fasse autant. Alice au pays des Merveilles, ça c'est un bon coup !



[1]  boîte de voyage (fly case) : magique parce que permettant un transport plus aisé, notamment par voies aérienne, routière et ferroviaire. Ce principe a été depuis, étendu à tous les instruments de l'orchestre à l'exception des orgues de Staline jugées dangereuses, des peu recommandables orgues de Barbarie, de l'orgue byzantin relevé sur l'obélisque de Théodosius (IVe siècle après J.-C.), et des orgues à tuyaux, principalement ceux qui sont installés dans un édifice religieux (église ou cathédrale par exemples). Il en est ainsi de l'orgue en  nid d'hirondelle construit pour l'abbaye d'Abondance en Savoie, et qui se trouve maintenant à l'église Notre-Dame de Valère, à Sion, Suisse, et de l'orgue du XVIIè siècle de la catedral nueva de Salamanque dont la décoration chargée ne peut souffrir un transport dont aucune Lloyd n'accepte au demeurant de couvrir le risque, quand bien même bon nombre des tuyaux du buffet ne sont-ils que décoratifs. Par contre, les harmoniums, les orgues positifs - une variété des orgues portatifs  du XVè siècle -, et certains orgues de chambre du XVIIIè siècle sont acceptés. 

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