COMMENTAIRE
Ce document a été rédigé initialement le 27 avril 2020 pendant la période du confinement.
Cette démarche est le fruit d'une réflexion personnelle. J'y ai apporté quelques modifications de détails. Mes convictions n'ont pas varié. Elles se sont approfondies pour ma plus grande joie.
Cette approche est fondée sur la philosophie traditionnelle taoïste du tai chi chuan; et le désir d’élévation de l’esprit.
Je suis bien conscient qu'elle peut être interprétée comme une construction abstraite (voire une chimère); de nature à indisposer les pratiquants-tes animés-es par une conception plus simple et des objectifs plus concrets.
Ceci étant dit, si l'image de la pyramide exprime bien l'idée d'élévation; l'idée de "niveau" peut prêter à confusion car il n'y a pas dans mon esprit, de notion de hiérarchie.
Cette représentation ne comporte pas de jugement concernant le niveau de pratique de chaque pratiquant. Chacun(e) participe selon ses motivations, ses capacités, ses disponibilités et sa volonté.
Chacun-e construit son chemin de vie en toute liberté.
Chaque niveau est indépendant des autres : un pratiquant a le droit de se satisfaire du premier niveau sans vouloir s’investir dans les autres niveaux.
Un-e autre pratiquant-e peut arguer d'une expérience approfondie de la méditation et être débutant en chicong sans pour autant s'intéresser au tai chi chuan. Ou un-e autre, à l'inverse: ne valoriser que le tai chi...
Il en est de même a fortiori des trois étapes d’évolution qui suivent.
Dans cette présentation, je distingue trois principales étapes d’évolution :
- L’apprentissage et la pratique avancée du chi cong et du tai chi chuan (niveaux I à III).
- La formation au tai chi chuan art martial (niveau IV).
- Les deux derniers niveaux sont présentés parce qu’ils expriment mon propre cheminement vers la spiritualité (bouddhisme Zen Sôtô).
Concernant la méditation (niveau V), je dois préciser que c’est avec Meijin Jean Chalamon, le Grand Maître de mon école de tai chi, que j’ai découvert la méditation.
La première séquence du cours, appelée "échauffement", n’est pas présentée dans cette progression parce ce que j’ai considéré qu’il s’agit d’une préparation aux deux parties suivantes (chicong et tai chi chuan). Elle a cependant toute son importance sur le plan physique (assouplissement, étirement, musculation…), énergétique (auto massage), et psychologique (relâchement, concentration et brève méditation).
- Le premier niveau répond à une demande commune de recherche de bien-être (imiter, reproduire les gestes). C’est une pratique externe de préservation de la santé ; qui satisfait aussi une attente de socialisation.
Une partie des pratiquants du cours de tai chi du JDP s’initie aussi aux enchaînements d’épée et aux éventails (simple ou double).
- Ce niveau satisfait les mêmes attentes. C’est une pratique externe qui porte une attention particulière à la précision des mouvements (correction, justesse, fluidité…), au rôle essentiel du bassin, de la positions des pieds.
La mémorisation des enchaînements est indispensable pour la poursuite de la progression.
- Ce niveau atteste d’une pratique plus "avancée" - du chi cong et - du tai chi, qui concerne la circulation du chi. C'est le début du travail interne, dans la perspective - qui est la mienne - d'une pratique taoïste. La progression, est le résultat d’un travail individuel d’approfondissement de la coordination du geste et de la respiration par le Yi (l’intention). L’accent est mis sur les sensations internes ; l’adoption de la bonne posture, la stabilité de l’équilibre, la circularité des gestes, la concentration sur la respiration (normale, inversée si possible) et le Tan Tien inférieur (le hara).
La concentration sur le travail interne ne doit pas faire oublier la nécessité de rester en harmonie avec le groupe pendant le déroulement des enchaînements.
- Ce niveau s’acquiert dans les écoles d’arts martiaux : discipline, respect, concentration, travail personnel…
C’est une école qui contribue à la construction de la personnalité et à l'expérience de la vie collective; qui comporte des périodes de formation (weekends, stages).
La finalité d’une école d’arts martiaux est la formation aux techniques martiales et au combat.
Le tai chi chuan est un art martial d'origine chinoise dont la philosophie est structurée par la pensée taoïste.
Elle se caractérise par l’entraînement à ces techniques ; la progression des élèves, sanctionnée par des grades et officialisée par une cérémonie de remise de diplôme ; une hiérarchie (Maître, professeurs…), des codes (salut, tenue vestimentaire, position seiza); une manière de se comporter…
La pratique associe :
- L’énergie interne et l’énergie externe (" l’esprit de la Voie ") : l’énergie interne (Yin-Terre / Yang-Ciel) et la puissance physique
- L’unité du corps et de l’esprit : maîtrise du corps (souplesse, rapidité, précision, contrôle, force, souffle…), et du mental (calme et fermeté, concentration, intention/Yi)
- Les techniques martiales
- Elévation de l’esprit (dans l'optique du bouddhisme zen sôtô)
Le choix de la méditation assise est :
- une méthode parmi d'autres, pour aller à la découverte de l'essence du principe Suprême (Voie, Vérité, Eveil) qui est à l'origine de la création de l’Univers : le cosmos, la nature et toutes les formes de vie sur notre planète (interdépendance);
- pour avancer sur le chemin de la sagesse, par la meilleure connaissance de soi afin de mieux contrôler nos émotions, nos pensées, nos paroles et nos actions (un certain détachement de l'ego);
- la sagesse qui conduit à la compassion (la pensée juste, celle du cœur);
- et vivre en harmonie avec soi-même (notre nature de Bouddha) et les autres formes d'existence.
L'idée d'élévation de l'esprit se fonde sur la conviction intime que les disciplines des arts énergétiques internes - chi kong et tai chi chuan en l'occurrence -, peuvent ouvrir la voie à une vie spirituelle, ou religieuse, épanouissante.
- Méditation en action
L’idée directrice est de mettre en pratique les principes et les valeurs dispensés dans les enseignements, dans la vie courante (famille, cercles d’amis, vie sociale...) : maîtrise de soi, générosité, altruisme, partage...