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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 17:56

Vous sortez de la station Saint Fargeau  sur la place. C’est parti pour une heure trente de marche…en quatre séquences. Voici la première.

 

Vous vous campez sur vos deux jambes et vous adoptez résolument un train de sénateur.

 

Vous vous engagez en face, dans la rue du Groupe Manouchian qui évoque la Résistance à l’occupant nazi, un célèbre poète*,  et deux non moins populaires artistes compositeur interprète.  Je veux dire  Léo Ferré et Jean Ferrat.

 

La plaque commémorative, du Groupe Manouchian  j’entends, pour celles et ceux qui s’intéressent encore à ces choses là, est  posée sur le côté droit de la rue. Sur le mur bien sûr. Si non, en bas tourner à gauche (si oui également), et remonter la rue du Surmelin  jusqu’à la Villa des Nymphéas. Cette villa paraîssant privée, les groupes de plus de 100 personnes sont priés de la traverser deux par deux en silence. Merci pour les riverains qui, me suis-je laissé dire, n’apprécient ni les mégots ni les boîtes de conserve. Personnellement ce que je préfère dans cette villa ce sont moins les Nymphéas que les immeubles récents de un à deux étages. La sortie se trouve à l’extrémité de l’allée à droite…Traverser la rue de la Justice, qui n’a rien a priori pour mériter un tel éloge ; pour entrer dans le passage Boudin, dont il n’est pas non plus a priori totalement inopportun de croire qu’il pût naguère avoir à faire  à la saucisse, ou peut-être même au cochon.

 

La province à Paris commence véritablement là. Les pavés aussi…

 

Vous respirez le parfum d’antan…Celui où d’aucuns se gelaient l'hiver dans les cabanes de bois de ces quartiers, le ventre vide.

 

Sur une placette qui permet l’accès aux véhicules d’une propriété avec de larges grilles festonnées, vous verrez une étonnante maison en arrondi, qui nous transporte en Grèce.

 

Plus bas, un couple de petits vieux s'est mis à papoter avec moi (bizarre, qu'est-ce-que ça cachait ?), et Mamie m'a invité à prendre en photo son jardinet qui ne m'intéressait pas du tout (mais si voyons) ! Elle pensait peut-être que je bosse à Maisons et Jardins.

 

 

Ah ces provinciaux, ils peuvent pas rester pénards dont leur coin, il faut qu'ils vous entreprennent absolument. Heureusement que je ne leur ai pas dit que je fais partie d'une bande ethnique du 19ème. Parce que je crois qu'ils auraient pu  m'immoler par le feu...

 

Bon, à la sortie du passage en face de vous il y a des garages de chaque côté d’une allée couverte. Je pense qu’il s’agit de la Villa Baumann, probablement vendue à une personne, qui en son temps,  a su tirer un bon parti du développement du marché de l’automobile. Faisant par là un investissement qui n’a rien à voir avec un actif pourri d’aujourd’hui.

 

Descendre la rue Perraud à gauche.

 

Admirez l’escalier de l’Impasse Haxo et économisez votre énergie,  y a rien à voir en haut …

 

Fin de la première étape. Assis !

 

Sortez le sauciflard, le calendos, le couteau suisse  et le gros rouge qui tache…

 

A bientôôôt

 

Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans.

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents.

Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand.

Adieu la peine et le plaisir adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui va demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant.

Louis Aragon, Le roman inachevé, 1956.

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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 15:17
Cette lettre se passe de commentaire. Ce monsieur français vit comme vous et moi avec femme et enfants en France, singulièrement métropolitaine en l'occurrence.

 

Sa soeur qui est née en France, quoique à vrai dire dans le venteux Midi provençal, vit au Mali, un pays où il fait également très  chaud. Cette femme qui est maintenant dans le bel âge  ne parvient pas à obtenir de la Commune où elle est née l'Acte de naissance nécessaire pour l'obtention de sa Carte d'identité.

 

Afin d'apporter son concours aux services compétents qui semblent se perdre en vaines mais néanmons actives recherches, mon "patient"  leur adresse copies du Certificat de nationalité française de sa  soeur ;  et de l'Extrait des Registres de l'Etat Civil relatif à l'enregistrement de sa naissance dans la ville où se tient ce bon vieux port phocéen de la Mer Méditerranééeeeeu.

La réception de cette missive missile provoquera -t-elle une réponse adaptée ?

 

 

Plume Solidaire

 


 

 

 

Monsieur………

………………………

75019 PARIS

Monsieur le Maire

Mairie Centrale

33 rue Jean François Leca

13002 MARSEILLE

 

Paris le 4 avril 2009

 

OBJET : demande d’acte de naissance

Références :…………….

Lettre Recommandée avec Accusé de Réception

 

Monsieur le Maire,


Ma soeur Rachida… est née à Marseille le ... décembre 197.. et réside à Bamako au MALI.

 

J’ai sollicité en juillet 2003 son acte de naissance en vue de faciliter la constitution de son dossier pour l’obtention de sa Carte d’identité française et de son Livret de Famille. Suite à une nouvelle demande citée en référence en date du 9 octobre 2007, le Service d’Etat Civil de votre commune m’a informé, que les recherches effectuées sur les registres de l’état civil de la mairie centrale et des huit mairies d’arrondissements se sont révélées infructueuses.

 

Je me suis déplacé personnellement à ce service en avril 2008, pour demandes un Extrait de ce même acte de naissance. Cette démarche est demeurée sans suite.

 

Dans le but de faciliter les investigations de vos services, je me permets de vous transmette ci-joint copie de l’original du « Certificat de nationalité française » constitué par le Service de la Nationalité de Paris le 7 mars 1996 concernant ma soeur Rachida…Vous trouverez également joint l’Extrait des Registres de l’Etat Civil N°…, acte …, de l’année 197.. de la Ville de MARSEILLE, concernant également sa naissance.

 

J’ai le regret que sans réponse conforme à ma demande avant le 1 juin prochain, les suites de cette démarche seront confiées aux juridictions administratives compétentes.

 

Dans l’attente d’une suite favorable à ma requête,

 

Je vous prie de croire, Monsieur le Maire, en l’assurance de ma considération distinguée.

 

 

 

P. J / ………..

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 13:35

Cette lettre est particulièrement intéressante. Le domaine juridique n'étant pas de ma compétence j'ai demandé à ma "patiente" de faire valider mon projet de lettre par l'avocat qui lui avait conseillé la démarche qu'elle entreprend.


Et bien l'avocat lui a dit que ma lettre était parfaite ! (prétentieux je suis, orgueilleux je reste !!)

 


Vous trouverez les modifications apportées dans la rédaction définitive de la lettre par le juriste précité.


Le 21 avril 2009

 



Contexte (16 mars 2009)

Cette dame de nationalité marocaine travaille en France depuis 20 ans.

 

Elle s’est mariée avec un homme dont elle s’est séparée après 4 mois de vie conjugale.

 

A l’occasion de sa demande de nationalité française son dossier à été rejeté par le Procureur car elle n’a pas produit les éléments qui permettaient de valider son mariage.

 

Elle fait appel pour que sa demande de nationalité soit réexaminée en sollicitant les services d’un avocat…Celui-ci se fait verser des provisions d'honoraires confortables, ne produit aucun document pour défendre sa cliente, brille par son absence à l'audience, et... disparaît sans laisser d'adresse.


Ce projet de courrier a été rédigé à partir d'une note manuscrite de l'avocat de l'entreprise dans laquelle la personne concernée est salariée. Il doit être impérativement validé par un autre juriste compétent.


La lettre sera adressée ensuite à l'avocat chargé de la défense de l'avocat incriminé, et au



Greffe de la Cour d’Appel de Paris

34 quai des Orfèvres

75055 PARIS cedex 01

 



Mme ..........

..................

93000 BOBIGNY


Maître ...................

Avocat à la Cour

...........................

75006 Paris


 

 

Paris le 23 mars 2009

 

 


OBJET : contestation d’honoraires

Affaire : Me .....................

N° RG : ..............


Maître, Monsieur le Président,



Je me permets par le présente de vous expliquer les motifs qui me conduisent à contester les honoraires de Maître..., et par là-même, la décision du Bâtonnier.


J’ai déposé un recours contre la décision de Monsieur le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats. (pièce N°1) En prévision de l’audience du 2 avril prochain devant la Cour d’Appel de Paris, je porte à votre connaissance les arguments que je présenterai dans le cadre de cette procédure.


En juillet 2006, j’ai versé une somme de 1500 € à titre de provision sur honoraires en trois versements à Me .............., montant auquel s’ajoutait 455 € à titre de Débours et 25 € au titre de l’article 700 du NCPC (pièce N°2).


Or Me ............ n’a effectué aucune diligence auprès de l’avoué (pièce N°3). Aucune pièce et aucune écriture n’ont été présentées. Vous trouverez en pièce N°4 le courrier de l'avoué.


Maître .............  soutient ne pas avoir été en mesure de préparer le dossier. Il prétend avoir eu des entretiens téléphoniques avec moi et m’avoir adressé 12 lettres. Or je n’ai reçu aucun des courriers.  Maître ........... ne m’a expédié aucune relance par lettre recommandée, éléments qui seraient de nature à justifier l’absence de conclusions au service de l’appel.


Me ............ ne s’est pas présenté devant la cour d’appel ; son nom n’apparaît  pas sur la décision.


Après la décision il n’a, par ailleurs, répondu à aucune de mes lettres en qualité de cliente (pièce N°5)


Enfin j’observe qu’il a changé d’adresse sans m’avertir (pièce N°4).


En conséquence Dès lors, je demande confirmation de la décision du Bâtonnier et, par conséquent,  le remboursement de la sommme de 1970 € (1500 e, 455 €, 25 €). De plus, je demande une somme de 1 000 € sur le fondement de l’article 700 du NCPC.


En vous souhaitant bonne réception, je vous prie de croire, Maître, Monsieur le Président, en l’assurance de mes salutations distinguées.



Copie au Greffe de la Cour d'Appel de Paris

 

PIECES JOINTES

 

N°1 : décisiondu Bâtonnier en date du ... 2008

N°2 : chèque n°.......de 600 €, chèque n°........de 400 € et 500 € en espèces. Aucune facture n'a été donnée. 25 € d'accusés de réception.

Justificatif de l'avoué du montant perçu de 455 €

N°3 : Arrêt de la Cour d'Appel de Paris du ....2007 où le nom de Me ... n'apparaît pas

N°4 : courrier de l'avoué

N°5 : trois courriers à Maître... et deux courriers à Monsieur le Bâtonnier


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