J’ai consacré le dernier week-end à un stage de kobudo et de tai chi
chuan.
Dans le domaine des arts martiaux il y a quatre techniques de base : dévier,
soumettre, attaquer ; et courir très vite si l’adversaire sort une arme à feu.
S’il n’a qu’un arme blanche ou ce qui serait préférable, pas d’arme du tout ; en
déviant l’adversaire après une première attaque, il conservera la possibilité de renouveler son agression. Je sais alors que je dois le soumettre : l’immobiliser d’une main au sol par
exemple, en sortant mon téléphone portable pour appeler le 17, si j’ai pensé à le recharger.
S’il parvient à se libérer, malgré l’atroce douleur de la déchirure musculaire et des
articulations brisées que je lui impose, et qu’il s’apprête stupidement à m’agresser encore une fois, alors je vais frapper. Et ça va faire mal.
Il aura tellement mal que je serai dans l’obligation de le porter sur mon dos jusqu’aux
urgences.
Et vu les problèmes de ressources humaines dans ce secteur, il se pourrait bien qu’il
souffrît plus longtemps que le voudrait l’urgence de son piteux état.
Dans la vie comme dans le sport il faut parfois trancher, comme ceci par
exemple :
Kobudo - sabre / stage KTK Villabé - 24 -25 avril
2010
En ce qui concerne les gentilles musulmanes qui s’obstinent à exhiber leur garde robe
religieuse dans l'espace républicain – hijab ou niqab, en attendant la burka si rien ne bouge -, le temps de soumettre l’adversaire est
venu.
Au préalable, il semble tout de suite nécessaire, dans l’affaire du hijad qui
revient sur le tapis – pas Persan en l’occurrence – depuis quelques jours, de distinguer entre l’affaire du voile intégral et celle du mari supposé polygame et en infraction avec les
allocations familiales.
En effet, notre bon Ministre de l’Intérieur, dont j’ai souvent dit tout le bien que j’en
pensais sur ce blog, croyant bien faire en en rajoutant une couche, n’a fait qu’ajouter la confusion à un problème complexe.
Alors laissons pour le moment une partie des militants politiques « faire de la
politique » : les uns pour agiter leurs épouvantails nationalistes au nom du respect de la dignité de la femme ; et les autres préférant qui, le laisser faire de la tolérance libérale/libertaire d'une liberté d’expression peu responsable ; qui, la défense des malheureuses victimes du complot sexiste, raciste, antimusulman donc anti arabe; expresson d'une rationalité de l'empèchement d'agir sous le
voile d'un antisarkozisme radical.
Seconde précaution que je voudrais prendre ici.
Pour certains l’affaire du voile intégral, qui s’est emballée à Nantes après
l’établissement d’une amende à 22 euros la semaine dernière contre une femme qui portait le niqab (voile intégral) au volant, est montée en épingle par le gouvernement.
Ceci afin de dissimuler (voiler) le désamour qu’il subit dans son électorat et qui le confine dans les abysses statistiques des sondages qui lui servent de boussole ; tout en gardant la main
en terme de communication.
Je pense qu’ils ont raison.
Il importe donc aussi de souligner que le fait d’évoquer ce qui apparaît comme un fait
divers anecdotique – une amende à 22 euros - , ne cache en rien les réalités économiques et sociales tragiques auxquelles nous sommes confrontés ; et l’impasse, pour ne pas dire les
reculades (Grenelle de l’environnement), dans laquelle se trouve le
gouvernement, pour apporter des réponses satisfaisantes et conformes
aux attentes des français.
Car ce voile intégral est transparent et ne parvient pas à masquer l’étendue et la
profondeur des drames auxquels nous assistons et du désarroi qu’ils engendrent.
Mais cette raison a aussi ces limites.
Ce qui me gène beaucoup dans le voile intégral, c’est qu’une femme –
contrainte ou pas –, s’arroge le droit de me regarder dans l’espace public sans que je puisse aussi la regarder. Qu’elle puisse me dévisager en m’interdisant la
réciprocité. Arguant de la liberté de conscience, et de son interprétation particulière de la liberté individuelle, elle m’impose une conception religieuse de l’espace public qui
m’indispose.
La République respecte les religions à condition qu’elles s’expriment dans le
domaine de la vie privée. Ce faisant, la conduite de cette femme exprime à la fois une atteinte aux valeurs de la République et à ses règles de vie, par la transgression
du respect de la neutralité d’un espace public partagé. En affichant sa religion dans la rue, elle franchit la frontière qui sépare la vie privée du domaine public ; et donne à sa
tenue vestimentaire le sens symbolique fort de provocation de l’ordre public immatériel, autrement dit des « bonnes mœurs » dans la définition qu’en donne le droit
constitutionnel (voir définition dans notre prochaine édition du soir "Interdiction du voile intégral : soumettre l’adversaire" (2) ).
Cette provocation est aussi une atteinte aux valeurs démocratiques en imposant de fait une
vision sectaire, minoritaire pour ne pas dire marginale de la femme – entre 400 et 1900 seraient concernées par cette pratique -, qui est en contradiction/opposition avec la conception de
l’Egalité républicaine entre les sexes. Et la soumission volontaire attestée par sa tenue, ne change rien au constat du primat religieux qui veut que cette interprétation là de l’islam
signifie son acceptation de son statut d’infériorité par rapport aux hommes.
De plus, cette femme, non seulement se donne à connaître par la négation publique
de son apparence physique, mais induit paradoxalement l’idée que son corps ne pourrait avoir d’autre signification, dès lors qu’il se situe dans le domaine public, que celui d’un corps désirable
pour tous les hommes, qu’il faut leur cacher au nom de sa religion.
Réciproquement, elle me fait donc savoir qu’elle me considère a priori comme
quelqu’un du sexe opposé au sens propre du terme. Je me sens devenir danger potentiel, délinquant sexuel par principe, ennemi identifiable par mon genre. A propos et
entre parenthèses, ne cherche-telle pas à se protéger aussi du regard des autres femmes ? Je laisse les femmes répondre à cette question.
Ainsi me voilà réduit à mes attributs sexuels par une
femme qui peut fort bien me dévisager en tant qu’homme, et qui par le discours assorti à son costume, m’interdit de la voir en tant que femme. Et ce, en raison du fait qu’à ses
yeux, je ne serais qu’un mâle susceptible de la désirer sexuellement, que mon regard posé sur elle ne saurait être autre que concupiscence et luxure, dévoilement par le déshabillage du
regard, défloration imaginaire…
Cette idée d’être considéré uniquement en tant que mâle agressif, et non comme une
personne à part entière me gène. Je me sens d’abord humain et humaniste et le genre auquel j’appartiens n’est que l’une des catégories qui me définit.
Vade retro, Satanas ! Le voile intégral serait-il autre chose que l’exact
contraire, la négation absolue du nu intégral ? C’est la question que posait Guy Carcassonne dans les Matins de France Culture, le 26 avril dernier.
Or si notre bien à tous, c’est ce qui nous uni par delà nos différences, force est de
constater que le voile intégral est une nouvelle différence qui, s’additionnant et se juxtaposant aux autres particularismes, participe de l’affaiblissement de nos valeurs communes du vivre
ensemble.
Quelqu’un(e) pourrait-il (elle) rassurer cette femme : lui dire qu’il existe vraiment
des hommes qui envisagent la relation avec notre alter ego féminin autrement que par le truchement d’un appendice érectile ; qui savent maîtriser leurs pulsions, et surtout
construire des relations d’amitié sans ambigüité et harmonieuses avec de nombreuses femmes.
Et personnellement, moi qui récuse la polygamie et suis fidèle à mon Unique épouse, tout en
appréciant la beauté féminine, je me réjouis de ce polycompagnonnage pudique, quotidien, non platonicien mais chaleureux, confiant et répété avec de nombreuses
femmes.
Pour leur bonheur et pour le mien.
Et c’est cette relation fraternelle que cette femme voudrait me refuser au nom de sa
foi ?
Mais alors pourquoi faut-il désormais soumettre au lieu de dévier (et de
botter en touche) ?
Rappelons- nous que avons déjà connu l’affaire du foulard musulman et que l’apparition du
voile intégral est une forme de surenchère et de récidive. Une nouvelle expression de délinquance civile. Jadis les hommes ôtaient leur chapeau pour saluer respectueusement une
femme qu’il connaissait lorsqu'il la croisait dans la rue. Aujourd’hui cette femme me dit en silence : « je fais ce que je veux dans l’espace public, fais ton chemin sans t’occuper de
moi, tu n’existes pas pour moi autrement que sous la forme d’un danger».
Si le port du voile intégral est une manifestation d’une pratique fondamentaliste de
l’islam exprimant une lecture littérale du Coran, les femmes qui le portent servent aussi, consciemment ou pas, la stratégie des intégristes religieux de tous bords (musulmans, catholiques,
juifs...). Car d’autres intégrismes attendent dans l'ombre du voile aussi de pouvoir occuper la rue dans le mépris des autres.
Naïves ou manipulées, asservies ou libres, elles sont observées de près par les mouvances
intégristes musulmanes qui instrumentalisent leur foi à des fins politiques et liberticides et ne se contentent pas d’une lecture littérale du Coran.
Le dire c’est simplement prendre acte de cette réalité. Et prendre acte de cette réalité ne
signifie pas que je jette l’opprobre ou l’anathème sur l’islam ou toute autre religion. Et encore moins sur les arabes. Parmi mes meilleurs amis je compte plusieurs musulmans d’origines
sénégalaise, malienne, un bouddhiste d’origine laotienne, plusieurs femmes juives pratiquantes ou non, des français catholiques pratiquants ou non; et de nombreux immigrés d'origines
arabes.
Ils sont égaux dans l’amitié que je leur porte.
Je voudrais rendre hommage ici en passant à Abelwahab Meddeb et à son émission " Cultures
d'Islam " (le dimanche soir sur France Culture), et je vous renvoie à son dernier ouvrage « Paris de civilisation ».
Ce sont donc bien les responsables de ces mouvances qui participent activement du
délitement des valeurs de la République qu’il faut soumettre définitivement avant leur prochaine attaque contre l’ordre public des mœurs républicaines dans les hôpitaux, les piscines et
les autres lieux publics.
C’est ce que je pensais encore ce matin en croisant à deux reprises, deux couples : un
homme très âgé entièrement habillé comme au pays, suivi trois mètres derrière par une jeune femme au très joli visage sous son élégant et coloré hiqab. Le second couple, 100 mètres
plus haut dans ma rue était plus jeune, habillé de manière identique. Lui devant, elle derrière, sous un noir hiqab.
Ma femme et moi, lorsque nous marchons ensemble dans la rue, nous
nous tenons par la main.
Cela dure depuis bientôt quarante ans, et ce n’est pas peur de glisser sur les déjections
canines.
Et si je m'aventure à marcher devant, elle me signifie son
mécontentement.
Autres temps, autres moeurs.
J’ai dit
Plume Solidaire