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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 17:00

 

 

 

Dimanche se tenait  Assemblée générale annuelle de notre association d'écrivains publics (AIDEMA 19).


J'avais proposé pour celles et ceux qui le souhaitaient de nous retrouver pour pique-niquer au Parc des Buttes Chaumont.

Cette journée fut une nouvelle pierre blanche dans cette construction solidaire que nous réalisons ensemble. Une pierre que je voudrais massive et éternelle comme celles qui subsistent à l'entrée de la ville mythologique de Mycènes en Grèce.





http://www.grece-bleue.net/photos/mycenes/images/Mycenes.jpg

 

 

 

Il y a une image qui m'a particulièrement touché lorsque notre groupe s'est dirigé tranquillement vers la Maison des Associations à deux pas des pentes verdoyantes et des arbres séculaires du parc.


Deux femmes - qui fréquentent régulièrement nos permanences - ont exprimé leur souhait de rester ensemble encore un moment dans le parc avant de nous rejoindre.


L'une est européenne, âgée, pratiquante catholique fervente, exhubérante et surdiplômée. L'autre est originaire d'un pays arabe, jeune, musulmane pratiquante et dissimulant ses - beaux - cheveux - noirs - sous son foulard, plus réservée et sans diplôme. Deux personnes au caractère, à l'éducation et aux cultures très différentes; fidèles de religions toujours présentées comme antagonistes.


J' ai cru y voir le témoignage de l'une de ces micro réussites que nous avons voulu favoriser dans notre association.


Nous étions loin du "Choc des civilisations" décrit par Samuel Huntington; loin aussi du Nigéria et des massacres successifs et réciproques entre chrétiens et musulmans; loin des obscurantismes qui dressent les croyants entre eux, et plus près de nous de l'idéologie nauséabonde des antimusulmans français contre les arabes.


L'assemblée générale fut le second temps fort de cette journée. Deux heures particulièrment intenses en émotion pour moi, qui l'animais en qualité de Président.


Ce qui a caractérisé cette réunon c'est d'abord la présence d'une assistance plus nombreuse que je ne l'attendais réalistement. L'écoute, l'attention de l'auditoire, comme les interventions des bénévoles, m'ont beaucoup impressionné.


C'était une réunion exceptionnelle par l'intensité des attentes, des sentiments de  reconnaissance pour les actions que nous conduisons, et la chaleur communcative qui se dégageait des personnes présentes.


La considération est ce que chaque humain attend de son entourage. Cette considération que nous apportons aux usagers de notre association, ils nous la retournent au centuple. C'est l'expression de la gratitude.


Et nous n'attendons rien d'autre; en ces temps sombres au cours desquels l'espoir peut sembler parfois devenir un lointain horizon.


Qu'ils en soient tous remerciés mille fois.


J'ai dit


Plume Solidaire



 

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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 17:00

 

 

 

ta_paris_facade.jpg


Tribunal administratif de Paris

 

 

Source : L'Internaute


Les litiges qui opposent les particuliers à l'administration relèvent de la juridiction administrative. Sa saisie est soumise à une procédure particulière. Voici quelques conseils qui vous aideront à obtenir l'annulation d'un acte ou à obtenir la réparation des dommages causés par l'administration.     Dernière mise à jour : mars 2007  

 

 

Qu'est-ce que le tribunal administratif ?

 
Il juge la plus grande part des litiges entre les particuliers et les administrations. Il n'est toutefois pas compétent en certains domaines : accidents causés par les véhicules de l'administration, dommages causés par l'activité de la police judiciaire, impôts indirects sauf la TVA, litiges en matière d'actes d'état civil… Il n'est également pas compétent pour les conflits en matière de sécurité sociale, qui relèvent de juridictions spécialisées, ou impliquant les sociétés gérant un service public industriel ou commercial (SNCF, EDF, GDF...).

Quelles sont les conditions à remplir pour saisir le tribunal administratif ?
La décision préalable de l'administration :

 
Sauf en cas de dommages causés par des travaux publics, vous devez être en possession d'une décision préalable de l'administration pour pouvoir saisir le tribunal administratif. Vous pouvez contester toute décision quels qu'en soient l'auteur (Etat, département, commune), la forme (décret, arrêté, simple lettre) ou le contenu. En revanche, vous ne pouvez pas contester les actes administratifs qui ne sont pas des décisions, comme les simples avis, informations, projets ou déclarations d'intention. Si vous ne disposez pas de décision, vous devez susciter une réponse en adressant une réclamation écrite et précise au service compétent. Celui-ci doit vous répondre. A défaut, votre demande est considérée comme implicitement rejetée à l'issue d'un délai de deux mois. C'est cette décision implicite que vous pouvez alors contester.

Le délai pour agir :

 
Vous disposez d'un délai de deux mois à compter du jour où la décision a été publiée (si c'est un acte réglementaire), affichée (si c'est un permis de construire) ou notifiée (si c'est une décision individuelle).

Comment saisir le tribunal administratif ?

 
Vous devez établir une requête, rédigée sur papier libre, dans laquelle vous faites part de votre demande. Exposez clairement les circonstances de l'affaire et les raisons qui vous permettent de justifier de votre droit. Si vous vous plaignez d'un préjudice, apportez la preuve de la responsabilité de l'administration, de l'existence du préjudice, et de l'étendue des dommages dont vous êtes victime. Tentez également de chiffrer le montant du préjudice si vous réclamez une indemnité. Vous pouvez soit la remettre directement au greffe du tribunal administratif, soit l'adresser par courrier, de préférence par lettre recommandée avec demande d'accusé de réception.

 


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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 17:00


http://www.nordeclair.fr/mediastore/VDN/A2009/M06/Port_du_voile_integral_mission_dinformation_pa.jpg.jpg

Photo Nord éclair

 


Selon Spinoza, cité par Monique Canto-Sperber, tout homme a un droit naturel de se servir de sa raison, et, par voie de conséquence, d'exprimer et de communiquer ses idées.

 

Dès lors, il y a trois raisons de limiter la tolérance.

 

D’abord quiconque ne peut tolérer ce qui met en cause la tolérance elle-même. Or dans le cas du voile intégral c’est précisément notre grande tolérance à la liberté d’expression dans l’espace public qui est remise en cause par un acte de négation des règles implicites de cette tolérance, et ceci sous la forme d’un abus de pouvoir par son appropriation à caractère religieux fondé sur une pratique fondamentaliste.

 

Ensuite on ne doit pas porter atteinte aux intérêts, aux droits, bref aux libertés d'autres personnes. S’il est vrai que le voile intégral ne me touche pas dans mes intérêts, il ne porte pas non plus directement atteinte à mes droits. Le port du voile n’est pas en soi une insulte à ma propre manière de m’habiller, ou une contrainte à me vêtir de manière identique. Il est simplement le refus d’une personne que je puisse voir sa silhouette et sa chevelure.

 

La question est donc de avoir quel tort le voile intégral cause et à qui ?


Je répondrais que le voile intégral est une réduction sous forme d’interdiction, de voir un élément humain de mon environnement. Interdiction à caractère discriminatoire puisqu’il porte sur le sexe. Et c’est donc un frein à l’empathie naturelle de la rue comme espace de rencontre, lieu de témoignage et d’expression d’une communauté de proximité neutre, indispensable au bien vivre ensemble.

 

Le voile intégral représente une atteinte au respect d’autrui par l’expression du refus des règles implicites de la vie en commun.

 

C’est là que réside le tort fait à autrui par l’atteinte aux libertés publiques.

 

Ainsi, la sauvegarde de la liberté dans l’espace public induit-elle le respect jusqu’à présent implicite de sa neutralité au nom du respect de toutes les idées et du respect de tous ; et au nom de l’acceptation commune de l’idée de préserver une certaine forme de paix civile par l’abstinence de l'expression religieuse.

 

L’abstinence ou la réserve, loin de signifier une quelconque forme de censure, est la condition sine qua non de la tolérance et de la liberté de chacun d’exprimer ses idées dans les cercles de la vie privée familiale, religieuse ou associative.

 

Chaque citoyen et citoyenne est donc co-responsable de l’application de ce principe. Et ce n’est pas à l’Etat, en vertu de ce principe de respect des libertés individuelles de définir ce que doit être le Bien, puisqu’il s’opposerait  de fait à l'exercice des libertés individuelles.

 

En revanche, c’est bien à l’Etat de se porter garant du pluralisme des idées et des opinions au nom de l’intérêt général, en interdisant les conduites qui traduisent des attitudes d’exclusion fondée sur l’intolérance.

 

Or le voile intégral, nous le savons bien, est l’expression de l’inégalité entre hommes et femmes, et clairement une forme d’oppression et d’asservissement de la femme. Conception contraire au principe républicain d’égalité annoncé dans le premier article de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789 : «  Les hommes (et par extension les femmes) naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Le voile intégral, comme symbole de l’inégalité entre les sexes et de soumission de l’un à l’autre, est en conséquence une manifestation d’intolérance et d’exclusion. Et il revient effectivement à l’Etat – à qui d’autre sinon ? – de permettre à ces femmes de recouvrer leur liberté à égalité avec les hommes qui les ont soumises.

 

http://cot.priceminister.com/photo/411315730_L.jpg 

 

 

 

http://cot.priceminister.com/photo/777780036_L.jpg

 

 

 


Dès lors, si ces principes de la conception libérale de la tolérance sont admis, il reste à tenir compte des deux interprétations possibles qui pourraient être appliquées à la question du voile intégral.

 

Dans une approche optimiste, la Loi aurait pour fonction d’établir des grades-fous juridiques qui dissuaderaient les prosélytes fondamentalistes ou intégristes religieux d’enfreindre les règles implicites de la neutralité de l'espace public. Tandis que dans une version pessimiste elle partirait du constat de l'incompatibilité radicale entre les modes de vie religieux et laïques.

 

Dans cette hypothèse, on admettrait que les relations entre citoyens de ce pays ne peuvent être que de conflit et de compétition. Dès lors la tolérance ne peut être que limitée. Cette conception, pessimiste, prendrait acte de l'hétérogénéité indépassable des composantes de la morale, et de tous les conflits qu'elle induit.

 

Le projet de loi d’Interdiction du voile intégral qui sera présenté au Conseil des ministres le 19 mai  propose-t-il un moyen terme entre ces deux conceptions ; par exemple en proposant un texte optimiste, sans exclure la possibilité d’une radicalisation conflictuelle des relations et des mesures de coercition et de sanction ad hoc ?

 

Prochain article :


Loi d’Interdiction du voile intégral : Conseil d’Etat, Conseil Constitutionnel (3)

 

J’ai dit


Plume Solidaire

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