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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 18:50

 

 

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Samedi dernier j’ai fait une jolie balade. Je suis parti de mon quartier de Belleville et je suis sorti du métro à la station qui précède la place de la Bastille. Il y avait des banderoles, des drapeaux et des ballons, un tohu bohu de percussions, des gens qui criaient très fort « liberté, égalité, fraternité, la nationalité faut pas l’enlever » ou quelque chose d’approchant. Ils occupaient toute la chaussée. J’ai vu des personnes de toutes les couleurs, et quelques Roms qui soufflaient dans des instruments à vent. Et des militants je présume de divers horizons qui distribuaient de la pub pour vanter les mérites de leurs groupuscules.

 

 

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L’un d’entre eux m’a donné un autocollant sur lequel y avait marqué « Français d’origine incontrôlable » que j’ai collé sur ma besace. Français, je le suis ça c’est sûr, jusqu’au XVème siècle qu’il est remonté mon oncle. Donc moi je m’en fou je suis français contrôlé. Tranquille, pas ciblé, pas concerné directement. Incontrôlable ? Un peu des fois quand je m’énerve contre Nicolas le Petit. Je sais bien que je devrais essayer de me contrôler un peu plus. Mais c’est comme si j’avais grossi dans un pantalon trop étroit, alors ça craque. J’y peux rien moi si mon pantalon il ne s’adapte pas à ma croissance.

 

C’était joyeux et grave en même temps. Alors j’ai décidé de suivre un bout de chemin avec cette foule bariolée qui aurait fait les belles pages d’un Philippe Muray. Ce cortège, il me créait le même sentiment ambivalent que ceux auxquels j’ai participé pour soutenir les « sans-papiers » ; plus précisément à l’époque pour manifester ma réprobation de la manière dont un certain nombre de personnes étaient expulsées de notre pays. Un sentiment de « j’y crois moyen mais ma place est là aujourd’hui ». L’impression aussi d’assister à l’Eternel retour. Répétition d’un cycle de recommencement permanent de protestation, rituel citoyen et politique bien canalisé, organisé, encadré, apparemment figé mais pourtant vivant et imaginatif. Toujours pareil, jamais la même chose. La manifestation unit ses  participants autour d'une thématique unique sans nous contraindre à accepter un programme ou à adhérer à une organisation. Et si en règle générale elle se traduit sous la forme d'un acte d'opposition elle est aussi une démonstration de la liberté d'expression et d'opinion. Je peux  ainsi sereinement écrire ici et je pourrai m'en expliquer plus tard que je suis opposé à la régularisation de tous les sans-papiers comme je n'hésite pas à refuser toute complicité avec un  homme qui revendique sa polygamie (comme cela m'est arrivé encore jeudi dernier).

 

Mais l'expulsion massive des Roms et l'idéologie xénophobe qu'elle encourage est une honte pour notre pays.

 

Un peu de chagrin aussi au fond car je suis pleinement conscient que si nous sommes encore spectateurs (acteurs) de la comédie politique classique de l’opposition droite-gauche, le discours de Grenoble fait vraiment froid dans le dos.

 


Un parvenu de la politique sans éducation couvre notre pays et notre peuple du voile de l’infamie en usant des techniques de propagande des régimes totalitaires pour reconquérir la frange la plus populiste de notre peuple. Au temps de la Grèce antique j'aurais approuvé que cet  homme fût frappé d’ostracisme, c’est-à-dire banni et chassé hors de Cité. Ses prédécesseurs avaient au moins un peu  « de tenue » comme on disait autrefois des gens bien élevés. Quel que soit le bilan de leurs mandats  présidentiels  respectifs – et le droit d’inventaire fonctionne très bien chez nous -, un Giscard, un Mitterand,  et un Chirac sont tombés bien bas dans l'estime de leurs concitoyens. Mais ils ont su préserver  a minima la dignité de la fonction de Président de la République.

 

 

C’est la raison pour laquelle j’ai marché sur le trottoir, en collant au rythme des manifestants sur la chaussée. Dedans et dehors à la fois ; ce qui me permettait de pratiquer une forme de lèche vitrine : concessionnaire Harley Davidson, librairie, sapes,  parfums…en observant la foule qui serpentait sur le trottoir. Manifestants, résidents du quartier, curieux, touristes…

 


J’imaginais les récriminations des parisiens du quartier contre les manifs, l’étonnement et la perplexité des touristes étrangers, la résignation des commerçants dont le chiffre serait tristounet ce jour là, les commentaires narquois.

 

Sur le Boulevard Saint Antoine j’ai fait un détour vers la Place des Vosges, et je suis revenu au défilé en passant par le jardin de l’Hôtel Sully. Puis j’ai poussé mes pas jusqu’aux ombrages de  la Place Sainte Catherine qui m’a fait penser à une place de village de Provence.

 

L’été nous offrait une capitale lumineuse dans une chaleur étrangement douce.

 

Ah que Paris est beau sous la manife !

 

Rue de Rivoli le cortège marchait à petit pas et nous nous sommes agglutinés sur la Place de l’Hôtel de Ville.

 

Je pensais à l’une de mes lectures de l’été, à ces passages du « Premier Homme » d’Albert Camus, dans lesquels il décrit son enfance miséreuse et heureuse à la fois.

 

C’est cela que le Petit Nicolas désespère de comprendre. La majorité des français va s’appauvrir irrémédiablement sous l’effet des conséquences de la récession que nous connaissons. La société dans laquelle nous vivons exalte les apparences, l’attrait pour le  luxe, les technologies du plaisir, l’oubli de soi dans la possession des objets.

 

Elle entretient à grands frais publicitaires la frustration par l’obsolescence des produits. « Dis-moi ce que tu consommes je te dirais qui tu es ».

 

Pourtant le bonheur existe dans la pauvreté car il est étranger à la pauvreté. On peut être pauvre et digne, et  heureux.

 

Nicolas nous démontre que, dans son esprit, la tragédie est indissociable de l’appauvrissement. Et il la génère en diabolisant une partie des plus pauvres d’entre nous, Roms et immigrés. Pour l’exorciser ou tout simplement parce qu’il est convaincu que la majorité des français sont eux-mêmes convaincus qu’il n’y a pas de solution pour sortir du cercle infernal de l’appauvrissement général ?

 


Le scénario de l’exclusion de masse est l’expression du désespoir, des  hommes du pouvoir, et pour certains du refus de nous en sortir ensemble. C’est un scénario pessimiste. Le Plan B caché du sauve qui peut égoïste de celles et ceux qui désirent sortir de la solidarité nationale pour préserver leur niveau de vie.

 

Sur la Place de l’Hôtel de Ville, une voix tsigane a vibré au-dessus des têtes, tandis qu’une délégation d’américains repliait son calicot « Americans against the war ».

 

J'étais heureux d'avoir marché à leur côté.

 

J’ai dit


Plume Solidaire

 

 

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 18:51

 

"La crise n'est plus qu'un mauvais souvenir pour les grands groupes français. Les quarante sociétés, composant l'indice CAC 40, ont globalement augmenté leur bénéfice de 85 %, durant le premier semestre 2010, selon les données compilées par le cabinet d'expertise comptable PricewaterhouseCoopers (PWC), en exclusivité pour Le Monde. Elles dégagent à elles toutes, 41,5 milliards d'euros de résultats nets, pour un chiffre d'affaires de 631 milliards d'euros, en augmentation de 6,95 %. Leur rentabilité s'établit donc à 6,6 % en moyenne."

(Le Monde du 1 septembre 2010)

 

Ce matin sur une radio périphérique j'ai entendu un type qui revendiquait la suppression de la retraite, car le travail (c'est la santé) conserve. Il en voulait pour preuve, selon son avis qui semblait très éclairé,  que nombre de retaités décèderaient peu de temps après avoir atteint ce qui fut longtemps l'horizon indépassable de leur rêve de liberté. Ferdinand Lop (1891-1974), avait proposé de prolonger le boulevard Saint-Michel jusqu’à la mer; alors pourquoi  ne pas prolonger  la retraite jusqu'à l'école maternelle dans un premier temps, pour remonter jusqu'au liquide amniotique ensuite ?

 

Dans la réalité le problème est bien mal posé puisque pour réduire le déficit des caisses de retraite il faudrait que nous soyions beaucoup plus nombreux à travailler, ce qui n'est pas le cas avec les taux de chômage qu'on sait.

 

Dès lors qu'il y a pas assez de cotisations non plus pour indemniser les chômeurs, il ne reste qu'une solution : indemniser de moins en moins de plus en plus de chômeurs; et pensionner de moins en moins de plus en plus de retraités.Quant au déficit de la sécurité sociale le mieux serait de faire un effort pour être de moins en moins malade, ou peut-être de supprimer la maladie...ou les médecins.

 

En conséquence, il ne vous reste qu'une possibilité : travailler et apprendre à vivre en bonne santé sans argent jusqu'à la fin de notre vie.

 

Ainsi de nombreux aspirants à la retraite s'éviteraient une dispartion prématurée et mourront en pleine forme.

 

Je crois que j'ai dit encore une bourde.

 

J'ai dit.

 

Plume Solidaire

 

 

Pierre Concialdi : retraite, retour de la réduction du temps de travail

 

 

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 17:23

 

Abodium a pu bénéficier d'une atténuation de son amende majorée de 144 €.

 

Elle était si terrorisée par la somme à payer qu'elle s'est empressée d'aller payer les 72 € qu'elle n'a pas, pour en finir avec cette souffrance.

 

Elle préfère manger moins ce mois ci; pour avaler la pilule...

 

J'ai dit

 

Plume Solidaire

 

 

 

 

 

http://www.textually.org/fr/archives/images/set3/geve-ratp---sncf.jpg

 

 

 

 

Madame ……………..

…………………………………..

75011 Paris

 

Trésorerie Paris Amendes de Transport

19 rue Jules Valles

75536  PARIS cedex 11

 

Paris le 17 juillet 2010

 

 

OBJET : Amendes et Condamnations Pécuniaires – Avis du ../../2010

Références Trésorerie : ……………………………..

Références Juridiction : date de la décision – ../../2010

N° d’enregistrement au greffe : ……………………………………

 


Madame, Monsieur,

 

Je suis écrivain public dans le 19ème arrondissement et je reçois ce jour à ma permanence Madame …. dont les coordonnées sont indiquées en tête de la présente.

 


Cette personne est d’origine nigériane et ne sait ni lire ni écrire en français.

 


Suite à une infraction constatée le 19/08/2009 par un agent assermenté de la RATP, elle a fait l’objet d’une amende dont elle ignore le montant d’origine, et à laquelle elle n’a pas su donner suite. Elle me demande la démarche à suivre afin de solliciter une remise gracieuse totale ou partielle de cette amende  et le renoncement à d’éventuelles poursuites.

 

Il y a environ deux semaines, elle a reçu l’Avis du ../02/2010 d’Amende Forfaitaire Majorée qui motive sa démarche présente sur recommandation de l’assistante sociale qui la suit (Mme …….. – .. rue ………. – 750.. Paris – Tél : 01 …………….)

 


Madame ……….. est sans activité professionnelle et mère d’un enfant âgé de deux ans. Ses seules ressources sont octroyées par les services d’aide sociale de la Maire de Paris, et son hébergement est financé par le Samu Social. Elle ne perçoit ni le RSA, ni les Allocations Familiales.

 


Vous trouverez en pièces jointes son dernier Avis d’Impôts sur les Revenus,  une Attestation du Samu Social, et ses dernières Notifications de décision de l’aide Sociale à l’Enfance de la Mairie de Paris.

 


En conséquence, malgré le fait que Madame …. n’ait pas été en mesure de respecter les délais de recours impartis, compte tenu de la précarité de ses ressources et de sa situation familiale, elle sollicite une remise gracieuse partielle ou totale en sa faveur auprès de votre service et s’engage à ne pas récidiver dans ce type de conduite.

 


Comptant sur une mesure de bienveillance à son égard,

 


Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

 

 

 

 

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