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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 17:00

Interviewé par RMC le 7 septembre je cherchais sur le site de la radio un quelconque article qui aurait pu évoquer la Journée internationale de l’alphabétisation qui se célèbre chaque année le 8 septembre.

 

C’est avec étonnement que je découvre un article sur les bouquinistes qui s’appuie sur le témoignage de l’un de mes cousins issus de germain, Stéphane Kronis.

 

Dans ma mémoire d’adolescent l’appartement de ma cousine Françoise a toujours été une source d’émerveillement par la quantité extraordinaire de livres qui occupent  son appartement.

 

Et il n’est donc pas surprenant que deux des fils aient suivi les traces de leur père Igor dans la passion des livres anciens.

 

J’ai remplacé Igor sur les quais pendant un mois en 2002. Au cours de cette brève expérience, j’avais déjà constaté la progression des marchands de bibelots et la fermeture permanente de nombreuses boîtes.

 

J’ai présenté à cette époque ma candidature à la Mairie de Paris, que j’ai renouvelée pendant deux ans avant d’abandonner le projet de devenir bouquiniste.

 

La raison est très simple : la Mairie attribue des concessions de bouquinistes lorsque des boîtes se libèrent. Les candidats sont nombreux – plus de 140 à l’époque pour 240 bouquinistes installés – et les concessions disponibles sont rares (4 emplacements libres en 2004).

 

J’ai dit

 

Plume Solidaire

 


 PARIS

 Source : RMC

REUTERS |  RMC.fr  |  08/09/2010

 

 © Reuters Face au déclin de la lecture, les bouquinistes, qui peuplent les quais de Seine de Paris, sont tentés de vendre des gadgets destinés aux touristes comme des Tours Eiffel miniatures. Une dérive que condamne la mairie

 par Elizabeth Pineau et Hortense de Roffignac

  

PARIS (Reuters) - "Mon métier est menacé car les gens ne lisent plus".

 

Stéphane Kronis est un bouquiniste à l'ancienne. Il a passé la matinée à expertiser un stock de livres anciens - "il y en avait 1.000, j'en ai acheté 200" - qu'il vendra sur l'un des stands installés en bord de Seine devenus au fil du temps indissociables du paysage parisien, au même titre que les ponts et la cathédrale Notre-Dame.

 

Ce professionnel fait figure de puriste au service d'une activité multiséculaire menacée à mesure que s'émousse l'intérêt du public pour le livre ancien.

 

Dans les boîtes en fer vert foncé des bouquinistes, gravures antiques, vieux magazines, cartes postales sépia et livres rares côtoient donc de plus en plus des babioles destinées à attirer les touristes -- aimants en forme de baguette, porte-clés "Souvenir de Paris" et autres Tours Eiffel miniatures.

 

La mairie de Paris ne l'entend pas de cette oreille.

 

"Ça défigure les quais !", a dit à Reuters Lyne Cohen-Solal, adjointe au maire de Paris.

 

"C'est trop facile de vendre des Tours Eiffel made in China", estime l'élue socialiste. "S'ils veulent vendre des souvenirs, ils ont tout à fait le droit de louer une boutique. Mais s'ils veulent être bouquinistes, ils doivent respecter le règlement".

 

Un règlement qui ne leur permet de consacrer qu'une de leurs quatre boîtes à des "objets divers".

 

QUATRE LIVRES VENDUS PAR SEMAINE

 

"Moi je ne vends que quatre livres à 10 euros par semaine. Il faut bien vivre !", se défend un bouquiniste anonyme ayant cédé aux sirènes des gadgets pour touristes, très nombreux dans le secteur de Notre-Dame de Paris, l'un des édifices religieux les plus visités au monde.

 

A l'heure d'internet, il devient en effet difficile pour les commerçants de vendre du papier.

 

La toile a eu raison "des gens de province qui, il y a encore 20 ans, venaient à Paris pour trouver des livres anciens", témoigne Stéphane Kronis.

 

"Mon métier est menacé car les gens ne lisent plus. Quand je vois que quelqu'un m'achète un livre parce que son petit copain a le même prénom que l'auteur...", se désole-t-il. "J'espère que les gens vont redevenir intelligents, qu'ils se remettront à lire, à redevenir curieux".

 

Paul, qui vient d'acquérir pour 40 euros chez un bouquiniste un livre de contes anciens, trouve aussi que les temps ont changé.

 

"C'est difficile de trouver un objet rare, intéressant et surtout en bon état", dit cet amateur de littérature française de la fin du XIXe siècle. "La clientèle change, peut-être qu'il y a trop de touristes à Paris".

 

Plus de 200 bouquinistes se disputent les faveurs des promeneurs des quais de la Seine, classés au patrimoine mondial de l'Unesco. 

 

On y vendait déjà des livres à l'inauguration du Pont-Neuf en 1606 ; le mot "bouquiniste" est apparu dans le dictionnaire de l'Académie française en 1789.

 

"'GUÉGERRE'"

 

En 2010, ces commerçants forment une communauté disparate composée de véritables antiquaires du livre, auxquels se sont mêlés au fil du temps des vendeurs d'ouvrages plus récents provenant de stocks et des marchands de gadgets.

 

"On fait des métiers différents", dit Stéphane Kronis. "Moi en juillet et août, je pars, car mes clients sont en vacances et les touristes ne sont pas intéressés par les livres en français. Par contre, ceux qui vendent des souvenirs, c'est leur temps fort".

 

Craignant que les bouquinistes perdent leur âme, la mairie de Paris a demandé par lettre à des dizaines d'entre eux de nettoyer leurs boîtes, parfois maculées de graffitis, et de reprendre leur activité initiale.

 

"Ce sont des emplacements exceptionnels que nous considérons comme part de l'attractivité touristique et culturelle", dit Lyne Cohen-Solal. "C'est un des trésors de la ville de Paris, donc il est normal de travailler avec eux".

 

"On envisage d'autres choses, comme de leur faire vendre des objets qui soient typiquement bouquinistes comme stylos, des buvards, liés à l'écriture", a-t-elle ajouté.

 

Attention à l'excès de règlementation, prévient Stéphane Kronis. "'Fliquer' les bouquinistes n'a aucun sens. C'est totalement stupide cette 'guégerre'", estime-t-il.

 

Avec Vicky Buffery, édité par Yves Clarisse

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Source : Journée Mondiale

8 septembre : Journée Internationale de l'alphabétisation


Chaque année, le 8 septembre, on célèbre La Journée internationale de l'alphabétisation. Son objectif est de souligner l'importance de l'alphabétisation auprès des citoyens, des collectivités et des associations. Aujourd'hui, près d'une personne sur sept est illettrée, et sur les 860 millions d'illettrés, 500 millions sont des femmes.

L'alphabétisation est un motif de célébration pour l’humanité qui a accompli des avancées spectaculaires en la matière, le monde compte en effet aujourd'hui près de 4 milliards d'alphabètes. Cependant, l’objectif de l’alphabétisation pour tous – enfants, jeunes et adultes – n’a toujours pas été atteint, et reste une cible mouvante. La conjonction d’objectifs ambitieux, d’efforts insuffisants menés en parallèle, de ressources et de stratégies inadéquates et la sous-estimation permanente de l’ampleur et de la complexité de la tâche, expliquent vraisemblablement cette situation. Les leçons tirées de ces dernières décennies montrent du moins qu’il ne suffit pas, pour atteindre l’objectif de l’alphabétisation pour tous, de multiplier et d’améliorer les efforts, mais qu’il faut encore renouveler la volonté politique et procéder différemment à tous les niveaux - sur le plan local, national et international.


Par sa résolution A/RES/56/116, l'Assemblée générale a proclamé la période de dix ans débutant le 1er janvier 2003 "Décennie des Nations Unies pour l’alphabétisation".


Pour de plus amples informations concernant l'alphabétisation mais aussi l'éducation, nous vous dirigeons vers le site, en français, des Nations Unies 

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 17:00

Rares sont les articles qui ont attiré l'attention du grand public sur l'illettrisme et l'alphabétisation. C'est à l'occasion de la demande d'enquête d'une journaliste de l'Agence France Presse qui est venue  passer l'après-midi à notre permanence du 2 septembre - puis mon interview le 7 septembre par RMC - , que j'ai moi-même appris l'existence de cette journée de sensibilisation organisée chaque année par l'UNESCO.

Où l'on comprend bien que, dans cette  période de réduction des déficits publics, l'Etat et les collectivités territoriales - dont les finances pourraient bien être compromises par la suppression controversée  de la Taxe Professionnelle -  soient bien discrets  sur les perspectives de diminution des subventions attribuées aux organismes et associations qui enseignent la lecture, l'écriture et l'expression orale de la langue française.

J'ai dit

Plume Solidaire

NB : je viens de corriger 4 fautes sur mon billet ; preuve que le français n'est pas une langue facile même pour ceux qui l'aiment.

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 18:50

 

 

P1040011.JPG

 

 

Samedi dernier j’ai fait une jolie balade. Je suis parti de mon quartier de Belleville et je suis sorti du métro à la station qui précède la place de la Bastille. Il y avait des banderoles, des drapeaux et des ballons, un tohu bohu de percussions, des gens qui criaient très fort « liberté, égalité, fraternité, la nationalité faut pas l’enlever » ou quelque chose d’approchant. Ils occupaient toute la chaussée. J’ai vu des personnes de toutes les couleurs, et quelques Roms qui soufflaient dans des instruments à vent. Et des militants je présume de divers horizons qui distribuaient de la pub pour vanter les mérites de leurs groupuscules.

 

 

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L’un d’entre eux m’a donné un autocollant sur lequel y avait marqué « Français d’origine incontrôlable » que j’ai collé sur ma besace. Français, je le suis ça c’est sûr, jusqu’au XVème siècle qu’il est remonté mon oncle. Donc moi je m’en fou je suis français contrôlé. Tranquille, pas ciblé, pas concerné directement. Incontrôlable ? Un peu des fois quand je m’énerve contre Nicolas le Petit. Je sais bien que je devrais essayer de me contrôler un peu plus. Mais c’est comme si j’avais grossi dans un pantalon trop étroit, alors ça craque. J’y peux rien moi si mon pantalon il ne s’adapte pas à ma croissance.

 

C’était joyeux et grave en même temps. Alors j’ai décidé de suivre un bout de chemin avec cette foule bariolée qui aurait fait les belles pages d’un Philippe Muray. Ce cortège, il me créait le même sentiment ambivalent que ceux auxquels j’ai participé pour soutenir les « sans-papiers » ; plus précisément à l’époque pour manifester ma réprobation de la manière dont un certain nombre de personnes étaient expulsées de notre pays. Un sentiment de « j’y crois moyen mais ma place est là aujourd’hui ». L’impression aussi d’assister à l’Eternel retour. Répétition d’un cycle de recommencement permanent de protestation, rituel citoyen et politique bien canalisé, organisé, encadré, apparemment figé mais pourtant vivant et imaginatif. Toujours pareil, jamais la même chose. La manifestation unit ses  participants autour d'une thématique unique sans nous contraindre à accepter un programme ou à adhérer à une organisation. Et si en règle générale elle se traduit sous la forme d'un acte d'opposition elle est aussi une démonstration de la liberté d'expression et d'opinion. Je peux  ainsi sereinement écrire ici et je pourrai m'en expliquer plus tard que je suis opposé à la régularisation de tous les sans-papiers comme je n'hésite pas à refuser toute complicité avec un  homme qui revendique sa polygamie (comme cela m'est arrivé encore jeudi dernier).

 

Mais l'expulsion massive des Roms et l'idéologie xénophobe qu'elle encourage est une honte pour notre pays.

 

Un peu de chagrin aussi au fond car je suis pleinement conscient que si nous sommes encore spectateurs (acteurs) de la comédie politique classique de l’opposition droite-gauche, le discours de Grenoble fait vraiment froid dans le dos.

 


Un parvenu de la politique sans éducation couvre notre pays et notre peuple du voile de l’infamie en usant des techniques de propagande des régimes totalitaires pour reconquérir la frange la plus populiste de notre peuple. Au temps de la Grèce antique j'aurais approuvé que cet  homme fût frappé d’ostracisme, c’est-à-dire banni et chassé hors de Cité. Ses prédécesseurs avaient au moins un peu  « de tenue » comme on disait autrefois des gens bien élevés. Quel que soit le bilan de leurs mandats  présidentiels  respectifs – et le droit d’inventaire fonctionne très bien chez nous -, un Giscard, un Mitterand,  et un Chirac sont tombés bien bas dans l'estime de leurs concitoyens. Mais ils ont su préserver  a minima la dignité de la fonction de Président de la République.

 

 

C’est la raison pour laquelle j’ai marché sur le trottoir, en collant au rythme des manifestants sur la chaussée. Dedans et dehors à la fois ; ce qui me permettait de pratiquer une forme de lèche vitrine : concessionnaire Harley Davidson, librairie, sapes,  parfums…en observant la foule qui serpentait sur le trottoir. Manifestants, résidents du quartier, curieux, touristes…

 


J’imaginais les récriminations des parisiens du quartier contre les manifs, l’étonnement et la perplexité des touristes étrangers, la résignation des commerçants dont le chiffre serait tristounet ce jour là, les commentaires narquois.

 

Sur le Boulevard Saint Antoine j’ai fait un détour vers la Place des Vosges, et je suis revenu au défilé en passant par le jardin de l’Hôtel Sully. Puis j’ai poussé mes pas jusqu’aux ombrages de  la Place Sainte Catherine qui m’a fait penser à une place de village de Provence.

 

L’été nous offrait une capitale lumineuse dans une chaleur étrangement douce.

 

Ah que Paris est beau sous la manife !

 

Rue de Rivoli le cortège marchait à petit pas et nous nous sommes agglutinés sur la Place de l’Hôtel de Ville.

 

Je pensais à l’une de mes lectures de l’été, à ces passages du « Premier Homme » d’Albert Camus, dans lesquels il décrit son enfance miséreuse et heureuse à la fois.

 

C’est cela que le Petit Nicolas désespère de comprendre. La majorité des français va s’appauvrir irrémédiablement sous l’effet des conséquences de la récession que nous connaissons. La société dans laquelle nous vivons exalte les apparences, l’attrait pour le  luxe, les technologies du plaisir, l’oubli de soi dans la possession des objets.

 

Elle entretient à grands frais publicitaires la frustration par l’obsolescence des produits. « Dis-moi ce que tu consommes je te dirais qui tu es ».

 

Pourtant le bonheur existe dans la pauvreté car il est étranger à la pauvreté. On peut être pauvre et digne, et  heureux.

 

Nicolas nous démontre que, dans son esprit, la tragédie est indissociable de l’appauvrissement. Et il la génère en diabolisant une partie des plus pauvres d’entre nous, Roms et immigrés. Pour l’exorciser ou tout simplement parce qu’il est convaincu que la majorité des français sont eux-mêmes convaincus qu’il n’y a pas de solution pour sortir du cercle infernal de l’appauvrissement général ?

 


Le scénario de l’exclusion de masse est l’expression du désespoir, des  hommes du pouvoir, et pour certains du refus de nous en sortir ensemble. C’est un scénario pessimiste. Le Plan B caché du sauve qui peut égoïste de celles et ceux qui désirent sortir de la solidarité nationale pour préserver leur niveau de vie.

 

Sur la Place de l’Hôtel de Ville, une voix tsigane a vibré au-dessus des têtes, tandis qu’une délégation d’américains repliait son calicot « Americans against the war ».

 

J'étais heureux d'avoir marché à leur côté.

 

J’ai dit


Plume Solidaire

 

 

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