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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 15:37

 

 

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23 juillet 2011


Source : blog Le Monde


« Délinquance roumaine » : une statistique pour fêter l’anniversaire du discours de Grenoble ?


A quoi servent les statistiques ? A beaucoup de choses. En matière de sécurité, c'est un secret de polichinelle : les statistiques servent d'abord à la communication politique. Une étude du ministère de l'Intérieur vient ainsi étonnamment de « fuiter » auprès de l'AFP (voir la dépêche). Elle indiquerait que la délinquance « générée par les ressortissants roumains » en région parisienne aurait augmenté de 72,4 % (notez la précision remarquable !) au premier semestre 2011 par rapport au premier semestre 2010. Ainsi « 5 680 Roumains, dont une très forte majorité de mineurs, ont été "mis en cause" pour des larcins sur les six premiers mois de 2011, contre un total de 3 294 sur la même période de 2010 ».


L'annonce tombe à pic pour justifier le maintien par Claude Guéant de la ligne politique répressive et stigmatisante fixée par le Président de la République dans son discours de Grenoble le 30 juillet 2010. C. Guéant fait cependant nettement moins bien que son prédécesseur Brice Hortefeux. En effet, en septembre 2010, face à la polémique qui enflait sur les propos du Chef de l’État puis sur la circulaire du ministère de l'Intérieur qui ciblait les Roms dès le 5 août, B. Hortefeux avait dégainé une étude interne (voir la dépêche) qui, elle, montrait une augmentation de 259 % en 18 mois de la « délinquance des roumains » à Paris ! Qui dit mieux ?


Au-delà de la Com' du ministre de l'Intérieur, quelques réalités


Laissant ces petits jeux de communication politique quelque peu malsains à ceux que cela distrait, on se contentera ici des quatre petites réflexions suivantes :


1) la délinquance de rue comme par ailleurs la mendicité de personnes de nationalité roumaine, dont de nombreux membres des communautés Roms, sont des réalités que nul ne conteste mais qui sont très anciennes. Pour comprendre la phase actuelle du problème, il faut remonter aux années 1990, notamment lorsque des Roms ont commencé à fuir massivement les persécutions et la misère qu'ils connaissaient dans plusieurs pays de l'Est à commencer par la Roumanie et la Bulgarie, mais aussi les républiques de l'ex-Yougoslavie.


2) Ce problème de mendicité et de petite délinquance est lié à celui de l'accueil et de l'intégration de ces migrants. Or cette question est traitée en catimini, par la bande, et elle consiste fondamentalement ces dernières années en un tri entre d'un côté les familles à expulser et de l'autre les familles à intégrer dans des dispositifs clôturés et surveillés qui ont été appelés « villages d’insertion ». Or ces structures ne les intègrent pas au reste de la société. Elles ressemblent plutôt étrangement aux « cités de transit » construites pour les migrants des années soixante (voir ici l'analyse d'un spécialiste). Ce n'est certainement pas une solution d'avenir.


3) Quand un problème manifestement ancien se met soudainement à « exploser » dans une statistique d'enregistrement, il faut éviter d'être naïf.  Plutôt que de s'imaginer que les comportements ont connu une transformation radicale et subite, il vaut mieux se demander si ce n'est pas la statistique qui a changé sa façon de compter... En l'occurrence, il est facile de déduire que si l'on passe de 0 à 5 000 personnes repérées en 3 ou 4 ans (il semblerait que ce comptage ait débuté en 2007...), c'est qu'une instruction du ministère de l'Intérieur a été envoyée à un moment donné aux services de police de la région parisienne, leur demandant de faire remonter de façon spécifique l'information sur la délinquance des Roumains.


4) Enfin, au niveau national, dans les statistiques de police comme dans les statistiques de justice, on n'observe pas ces dernières années d'augmentation particulière de la délinquance des étrangers en général ni des roumains en particulier (voir notre analyse de l'année passée). Si donc une telle explosion très récente était réelle et générale, elle serait confirmée par plusieurs sources et se verrait au niveau national. Or ce n'est pas le cas.

 

Pour aller plus loin :


* Voir un dossier sur les statistiques de la délinquance sur le site Délinquance, justice et autres questions de société.


* Découvrir le site Internet du réseau Urba-Rom (Observatoire européen des politiques publiques en direction des groupes dits Roms/Tsiganes)


* Se procurer un guide pour connaître l'histoire, le droit et les outils d'insertion locale des Roms

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 17:00

 

 

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Je n'ai ni Dieu ni Maîtresse.

 

A l'exception toutefois d'Edgar Morin dont l'oeuvre a éclairé ma jeunesse, et de ma femme qui a illuminé ma vie.

 

Edgar Morin fête ses 90 ans, Zymunt Bauman s'en approche.

 

J'avais gardé le texte de cette chronique de Julie Clarini, qui quitte France Culture  pour Le Monde des Livres.

 

Le livre a été publié en 2007, mais je vous rassure : il est plus que jamais d'actualité. Et c'est pas demain la veille que ça va changer.

 

J'ai dit

 

Plume  Solidaire

 

Lire ausi l'article de la Revue du Mauss

 

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Source France Culture

 

Zygmunt Bauman Chronique de Julie Clarini du 31/1/2011

 

 

Il existe sur la Toile de nombreux think tanks, des laboratoires idées, qui se consacrent à bâtir une social-démocratie européenne, du moins à penser les enjeux du présent et de l'avenir pour la gauche européenne. Et c'est sur l'un de ces sites – un site britannique- que j'ai trouvé l'article de Zygmunt Bauman dont je vais vous parler ce matin. Il est en ligne depuis vendredi.  

 

Zygmunt Bauman a une conviction : les socio-démocrates aujourd'hui ne savent pas pour quel type de société ils se battent. Ils n'ont que des idées très vagues de ce que pourrait être un autre monde. Aujourd'hui, il en est convaincu : la gauche ne sait pas quel contenu donner à la définition d'une «société  bonne », « a good society ».  Le thème de la « good society » est pourtant l'une des grandes questions débattues dans ces think tanks européens dont je vous parlais. Elle suscite des tas de débats.

 

Zygmunt Bauman est un vieux monsieur, vieux monsieur de 85 ans. Sa sévérité sur l'état de la social-démocratie européenne est d'autant plus intéressante qu'il a un peu « tout vu »,  c'est une de ses consciences du XXème siècle ( on pourrait sans doute le mettre sur la même liste que Stéphane Hessel et Edgar Morin...)


Juste quelques éléments pour camper le personnage qui se trouve aujourd'hui l'un des  sociologues les plus connus et commentés. Je ne vous en parle pas par hasard.


Zygmunt Bauman est né dans une famille juive de Poznan, il a fui l'invasion nazie en 1939, s'est retrouvé dans les camps de travail forcé où les soviétiques ont envoyé beaucoup de réfugiés polonais ; de là, il a rejoint l'armée polonaise et a participé à l'assaut de Berlin. Après la guerre, il a dû quitter Varsovie au moment des purges antisémites en 1968, et il s'est installé au Royaume-Uni.

 

Si je vous dis tout ça, c'est pour vous donner une idée de l'ampleur du personnage. C'est aujourd'hui l'un des plus grands penseurs de la société moderne. Plusieurs de ses ouvrages sont traduits en français.

 

Alors revenons à la social-démocratie : que dit ce grand penseur de l'état de notre gauche ? Il constate simplement qu'il faut des lois particulièrement choquantes pour qu'une vieille conscience socialiste se réveille enfin et crie au scandale. Triste constat d'autant plus que même dans ces moments-là, remarque-t-il, la gauche emploie finalement le même vocabulaire que l'adversaire.  

 

C'est, dit-il, que les mots traditionnels de la social-démocratie tournent à vide parce que la société a changé.

 

La solidarité, par exemple, c'était  bien avant, avant quand on était d'abord des travailleurs. Mais c'est une notion qui ne parle plus à des individus qui sont devenus des consommateurs avant tout.

 

Voilà ce que dit Bauman : tout s'est retourné. Nous sommes d'abord des consommateurs, et ensuite éventuellement des travailleurs.

 

Oui, il y a eu l'ère solide des producteurs dans lequel le destin collectif avait un sens mais maintenant nous sommes dans l’ère liquide des consommateurs, où tout est incertain, d'où le titre de son ouvrage de plus connu : Le présent liquide (Seuil)

 

Dans la « société liquide » qu'il théorise, nous sommes obsédés par la satisfaction de nos propres besoins, nous ne sommes plus capables d'entendre un discours collectif.  Voilà comment et pourquoi la social-démocratie a perdu sa forteresse et ses remparts. Elle s'est dissoute dans un agrégat d'individus qui ne pensent qu'à eux, qu'à leur carrière et à leur promotion; c'est le socle même de la gauche qui est pulvérisé. 

 

Et si on suit la logique du raisonnement jusqu'au bout, dans la société liquide,  il n'y a plus de classes sociales, d'intérêts contradictoires, de conflits, mais des individus moyens. Avec une seule et même  préoccupation : payer moins de taxes. C'est la seule cause commune, la seule chose qui nous fédère  encore : nous voulons moins d'impôt. Du même coup, le moins d'impôt est devenu l'alpha et l'oméga de la politique de gauche comme de droite. La gauche s'est alignée sur ces désirs individualistes. 

 

Et à un bout comme à l'autre du spectre électoral, c'est finalement le même produit qu'on essaie de vendre aux mêmes électeurs.  

 

Bien sûr, Bauman vit en Angleterre, en France, la gauche ne fait pas compagne sur la baisse des impôts mais c'est toujours son obsession : surtout ne pas être assimilée au parti des impôts. Souvenez-vous de la polémique au sein de PS pendant la dernière campagne présidentielle : François Hollande avait parlé d'augmenter l'impôt sur le revenu des plus riches...c'était comme si il avait prononcé un gros mot.  

 

Voilà pourquoi, constate Zygmunt Bauman, la droite a gagné sur toute la ligne. Si la social-démocratie ne s'adresse plus aux pauvres et aux rêveurs, pour leur dire qu'un autre monde est possible, c'est donc que la droite a gagné : c'est elle qui décide de ce qu'il est responsable de dire, de ce qui est possible ou pas, tout ça grâce à la démission de la gauche.  

 

On lit ce court texte de Zygmunt Bauman sur le site de Social Europe journal.

 

Et je signale une très belle interview du même Bauman dans le Courrier International de cette semaine, un entretien qui donne envie d'en savoir plus sur sa pensée et sa « société liquide ».

 

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 17:00

 

 

http://patrimoine.blog.pelerin.info/wp-content/uploads/2009/09/Salle_des_Conferences_3.jpg

 

 

 

Les Sénateurs peuvent connaître des fins de mois difficiles.

 

C'est ce qui arrive à la sénatrice Europe-Écologie, Alima Boumediene-Thiery contrainte d'appeler le Ministre de l'Education Nationale à son secours.

 

Beaucoup de français et d'immigrés aussi.

 

Les Sénateurs percevaient 7 100 € par mois pour faire vivre leur petite entreprise politique et électorale à durée non déterminée qu'ils savent si bien faire durer après l'âge auquel ils auraient dû prendre leur retraite. 

 

Ils s'étaient votés une prime de rattrappage de 3 520 € pour la période 2010-2012... alors qu'ils perçoivent 6 240 € supplémentaires par mois depuis le 1 mai.

 

Ce qui nous fait tout de même dans les 13 340 € mensuels.

 

J'ai consulté le site d'un populaire Sénateur leader d'un parti de gauche, et je n'ai pas lu de protestation contre cette décision peu soutenable de ses collègues dans le contexte actuel de réduction des dépenses publiques.

 

Comme quoi, charité bien ordonnée commence par soi-même, on peut être d'extrême gauche, revendiquer une meilleure répartition des revenus pour tous, et se montrer solidaire avec ses petits camarades de classe. 

 

Le silence est d'or, la parole est d'argent. Il y a des donc silences qui valent de l'or et parlent haut et fort : si ça marche, c'est gagnant; si ça marche pas, c'est pas perdant.

 

Comme quoi les indignations collectives ne sont pas toujours incompatibles avec les indignités électives.

 

Je connais pourtant quelques personnes qui auraient bien besoin des 98 € par mois que les Sénateurs s'étaient votés.

 

Pour se soigner, régler leur facture d'électricité, s'alimenter suffisamment...

 

J'ai dit

 

Plume Solidaire

 

- - - - -

 

Source : France Info 

 

Les sénateurs n'auront pas la prime de 3.531 euros


Après le malaise lié à l'attribution d'une prime aux sénateurs fin juin, son annulation a été annoncée mardi


"Saisi par le Président du Sénat, le Conseil de Questure a décidé, lors de sa réunion du mardi 12 juillet 2011, de retirer sa décision du 15 juin 2011 de verser un complément d'ajustement de l'indemnité représentative de frais de mandat des Sénateurs".



Cette prime exceptionnelle s'établissait à 3.531,61 euros.

 


Le président centriste de la Commission des Finances Jean Arthuis, qui avait saisi le président du Sénat Gérard Larcher sur le sujet, avait, avec la sénatrice socialiste Nicole Bricq et le président du groupe Union centriste François Zocchetto annoncé qu'ils refusaient la prime et la remboursaient.



"Je ne comprends pas cette décision de la questure, dans le contexte actuel, ce n'est pas un bon signal, j'ai décidé de rembourser cette indemnité", avait justifié Jean Arthuis.



Le sénateur  de la Mayenne avait ensuite envoyé une lettre au président du Sénat demandant l'annulation de cette décision "qui attente à notre crédibilité, à celle du Sénat, à donc à celle de l'Etat tout entier". Gérard Larcher, avait dans un premier temps justifié ce "rattrapage valable pour les trois années 2010, 2011 et 2012" avant de demander le 7 juillet son annulation devant le tollé que cette prime avait soulevé.



Un sénateur touche une indemnité de base mensuelle de 5.514,68 euros bruts, à laquelle s'ajoute une indemnité de résidence de 165,44 euros et une indemnité de fonction de 1.420,03 euros, soit 7.100 euros brut au total.



A cette somme s'ajoute l'IRFM d'un montant de 6.240,18 euros par mois au 1er mai 2011, destinée à "faire face aux diverses dépenses liées à l'exercice du mandat".



Les dignitaires, présidents, vice-présidents, questeurs et secrétaires disposent d'une indemnité supplémentaire. Cette indemnité est de 5.170 euros brut par mois pour les questeurs qui touchent chacun, en plus, des frais de représentation de 11.600 euros par an.

 

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