Je suis locataire, d’un logement de ......... depuis juillet1994, et je suis à jour du règlement de mes loyers mensuels.
Compte tenu de l’état d’insalubrité de cet appartement, j’ai déposé une demande de logement en 1997 auprès de votre organisme, demande
que j’ai renouvelée chaque année sans obtenir de proposition de logement.
Par lettre en date du 30 octobre 2006 j’ai informé le Maire du 19ème arrondissement des dégradations
liées à l’humidité, de la présence de rongeurs, des agressions que nous avons subies et de leurs conséquences sur la santé de ma sœur, reconnue handicapée, et de moi-même. J’y indique aussi
l’intervention du Conciliateur de justice du 19ème arrondissement auprès de notre bailleur.
En octobre 2007, j’ai pris l’initiative de rédiger une lettre pétition signée par les résidants de l’immeuble, et adressée à Monsieur
Jean-Yves MANOT, Adjoint au Maire chargé de logement. Cette lettre mentionne les risques d’explosion et d’incendie qu’engendrent les mauvais fonctionnements des installations de gaz et
d’électricité, ainsi que l’existence d’inondations dues aux fuites des canalisations du tout-à-l’égout dans les caves.
Cette action a donné lieu à une expertise du Bureau de la Sécurité et de l’Habitat de la Préfecture de Police, qui elle-même a conduit
à une mise en demeure adressée le 27 août 2008 au propriétaire, l’enjoignant d’engager des travaux de sécurité. Depuis lors, quelques réparations superficielles ont été effectué qui ne sont pas
de nature à rassurer les habitants.
Je me permets d’attirer votre attention sur la gravité de mon état de santé. Diabétique et affectée de claustrophobie, je suis
atteinte d’un cancer et dois subir des chimiothérapies extrêmement fatigantes. Agée de 66 ans, je partage mon logement avec ma sœur aînée elle même gravement malade du cœur, et je souhaite que
mon frère reste à mes côtés pour m’accompagner dans ma maladie. C’est la raison pour laquelle je souhaite bénéficier d’un logement pouvant accueillir trois personnes âgées.
Comptant sur un examen bienveillant et une réponse diligence et favorable à ma démarche,
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
Pièces jointes :
-Certificats médicaux pour de Mme ................
-Carte d’handicapé de Mme ..........................
-Carte d’identité bulgare de Mr ......................
-Attestation de loyer de la .......
-Courrier au Maire du 19ème arrondissement du 30 ocotbre 2006
-Courrier à l’Adjoint au Maire chargé du logement du 6 octobre 207
-Courrier de la Préfecture Police du 27 août 2008 à .........
Aux grilles du parc c’est la cohue, le superbouchon du piéton. A la fois Salon de l’Automobile et Journée du Patrimoine. Plusieurs queues compactes se pressent sans bousculade aussi bien pour sortir que pour entrer ce soir là, à l’endroit même où le samedi midi se prennent les photos de mariage. La cohue envahit la place et nous décidons de ne pas nous approcher de la création locale hip hop diffusée en direct sur écran, et mixée avec des images vidéo. La danse se mêle aux avions qui traversent l’écran…
Nous nous dirigeons vers la Piscine Pailleron, petite merveille d’architecture des années 30 ouverte après rénovation il y a deux ans.
1933 : inauguration de la piscine Pailleron, construite par l'architecte Lucien Pollet.
- 1990 : fermeture de la piscine Pailleron.
- 1996 : fermeture de la patinoire.
- 2001 : début du projet de renaissance de Pailleron.
Les travaux commencent en 2004 sous la direction de l'architecte Marc Mimram. Le bassin historique est refait à l'identique, la façade extérieure est conservée, de nouveaux bâtiments et vestiaires sont construits.
Le complexe aquatique est géré par une filiale de l'UCPA. Il se compose : le bassin historique de 33 mètres ; un bassin ludique de 200 m2 ; un spa réservé aux plus de 16 ans ; un espace de restauration ; un sauna.
Source : Wikipédia
J’ai un attachement particulier pour cette piscine. Un samedi matin, en attendant l’ouverture de la Maison des Associations voisine, je patiente en observant les patineurs. C’est en admirant la façade de l’entrée de la piscine que je me suis souvenu soudainement que nous y venions de Montmorency dans les années (19)50-60, lorsque j’étais Scouts de France…
Nous entrons dans l’établissement, faisons le tour du patio qui sépare la patinoire de la piscine. Vu à travers les vitres de la piscine, l’effet des quatre éclairs de Pierre Ardouvin ne provoque pas d'émotion.
Quittant mon petit groupe d’amis qui se dirige vers Jaurès et le terrain de foot ludique de Priscilla Monge, je décide de profiter de cette opération portes ouvertes à Pailleron pour redécouvrir cette piscine de mon enfance.
Et là c’est le choc. Choc émotionnel du souvenir et choc artistique fusionnent dans un moment de bonheur intense.
Les éclairs illuminent comme des feux d’artifice cet espace aux couleurs vives, tandis que les promeneurs parcourent la galerie des cabines. Sensation d’être à bord d’un paquebot transatlantique des années 30 ; un lieu de luxe accessible au plus grand nombre.
Pierre ARDOUVIN
L’éclair dans la Nuit Blanche
Installation lumineuse - 2009
Inattendus, incongrus, des éclairs dans la nuit fissurent l’espace de la piscine Pailleron. Ces failles lumineuses suivent un parcours en ligne brisée, élément perturbateur et décalé, entre apparition, rêve et fantasme et transforment notre rapport au lieu. En un geste un brin iconoclaste, l’artiste français Pierre Ardouvin, né en 1955, porte sa marque sur ce lieu très fréquenté du quartier, piscine patinoire et centre sportif. Maniant l’installation, le dessin, la sculpture et la photographie, l’artiste indépendant et autodidacte aime à s’emparer, sous des dehors faussement désinvoltes, des archétypes de notre société. Avec le soutien de l’espace Pailleron. La piscine est exceptionnellement ouverte et gratuite toute la nuit.
Qui trop embrasse mal étreint. Des festivals, des salons j’ai appris qu’il faut savoir restreindre son champ de découverte – en définir le périmètre –, afin d’éviter la saturation des images et des souvenirs; le trop plein d’impressions, la fatigue des déplacements. Voir peu mais mieux, autant que faire se peut. Préserver ma disponibilité d’esprit et le champ du désir ou de l’attente.
Aventure ou expérience noctambule et urbaine, visite d’une exposition d’œuvres d’art contemporain en plein air, ou simple distraction telle une balade parmi les attractions de la Foire du Trône…Chaque spectateur de la Nuit Blanche a sa manière singulière d’y participer.
Mais l’ambiance générale était bien celle du public d’un Musée : attentif, respectueux et admiratif pour les œuvres.
Je quitte ces passants d’une nuit de la rue Secrétan et de l’avenue Simon Bolivar qui poursuivent leur exode paisible vers d’autres sites de la Nuit Blanche.
Demain matin le parc sera rendu à ses voisins et retrouvera son visage quotidien. Adeptes du tai chi chuan et joggers du dimanche matin ; familles du monde entier en promenade l’après-midi.
Le temps d'une nuit le 19ème a changé de visage. Et cet évènement éphémère l'a un instant transfiguré, lui apportant une autre dimension. Lumineuse et émouvante.
Dès l’entrée du parc, se dresse l’un des 3 échafaudages
de l’artiste écossais Nathan Coley (né en 1967). « Fixées sur des structures métalliques, des ampoules électriques à l’allure désuète
adressent des messages lumineux aux spectateurs. Laconiques, lapidaires, ces sentences (…)« WE MUST
CULTIVATE OUR GARDEN »( Il faut cultiver notre jardin) … entrent en résonance avec le lieu et l’imaginaire
de chacun ». J’approuve le précepte, qui fait plus penser à une leçon de morale et d’éducation civique scolaire, et nous nous dispenserons sans effort des deux autres leçons de sagesse populaire
franchement tautologiques qui n’engagent à rien :« THERE WILL BE NO MIRACLES HERE
»(Il n’y aura pas de miracles ici)et « GATHERING OF STRANGERS » (Rassemblement d’étrangers). Dans le même registre nous aurions pu nous attendre à « L’ENERGIE ELECTRIQUE NOUS EXTRAIT
DE L’OBSCURITE »…mais pas de l’obscurantisme ni de la redondance avec le réel. Ici l’art, en dépit de l'apparence, ne nous (in)forme pas ; il est là en soi et gratuit. Ce qui constitue
à la fois une illusion et une contrevérité. Une norme de la post modernité parfaitement traduite dans cette volonté d’aseptiser le sens en imposant le fait artistique en tant que tel. Dont
acte.
Nous suivons la déambulation de la foule jusqu’à la
guirlande d’ampoules de couleurs et de fanions de Vincent Olinet (né en 1981),« Ma fête foraine », installation de 2004;qui occupe effectivement un certain volume d’espace, ce qui lui
confère le caractère indéniable d’une sculpture. A laquelle je suis demeuré insensible, tel un lapin regardant une clé à mollette. Encore une fois « la forme en soi »…toujours à moi d’y
mettre du sens. Et moi je suis un gros fainéant, et j’aime l’œuvre qui s’impose clairement, ou l’artiste qui me propose une vision, en me donnant la liberté de ressentir, de réagir et
d’interpréter.
Beaucoup plus intrigantes, étonnantes, puissantes et
évocatrices sont les œuvres qui ont jalonné la suite de notre parcours.
Là il y avait une véritable relation entre la nuit, le
paysage et l’imaginaire. L’artiste norvégien Rune Guneriussen (né en 1977) a planté des bouquets de lampes de bureau sur la pelouse (« Don’t leave the lights on », installation lumineuse, 2009), de chaque côté de l’allée. Une plantation abondante
construite dans un (dés)ordre savant qui crée un sentiment étrange et fort. Voie Lactée qui se reflète sur le miroir des pelouses du parc ? A y regarder de plus près, on se demande si le
groupe situé en bas de l’allée ne tient pas du poulailler ou de la basse-cour : oies aux itinéraires aléatoires qui picorent, se croisent et se toisent en cacardant !
Dans l’installation des lampes qui remontent la pente
j’ai vu une spectaculaire migration d’animaux nocturnes. Ou une armée de combattants analogue à celle de Stars Wars, monstrueux vus de près. Elle m’a fait penser aussi aux passages de
cols pyrénéens par les émigrés fuyant la Guerre d’Espagne ; ou au franchissement de la chaîne himalayenne par le Daïla-Lama lors de sa fuite du Tibet en 1959. J’ai ressenti là la dimension
tragique de notre condition humaine ; elle-même reflet inversé des innocents visiteurs qui arpentaient les pelouses dans l'obscurité. Plus tard un souvenir suggéré par cette œuvre m’est
revenu. Celui des processions nocturnes des pèlerins à Lourdes que j'ai vécues dans mon enfance.
En contrebas le ruisseau était lui aussi animé de
lampes de couleur qui éclairaient l’eau, invitant les spectateurs à contempler les rides des écoulements sous un jour différent ; à observer les insectes aquatiques comme dans un laboratoire
à ciel ouvert.
Nous nous dirigeons vers la sortie en face de l’Hôtel
de Ville. Au passage nous apercevons en contrebas les scintillements tricolores – bleu, blanc, rouge – des Starlights qui, installés sous la surface de l’eau , couvrent tout le
bassin.
Second temps fort de cette traversée du parc : les
parapluies rouges de Noël DOLLA (Chauds les Marrons aux Buttes Chaumont – 1789-2009, 220 ans de rêves – Installation) qui symbolisent un champ de coquelicots. J’ai eu l’occasion de voir plusieurs expositions d’artistes du mouvement
Supports/Surfaces - Jean Pierre Pincemin et Claude Viallat notamment ; dont Noël Dolla a été membre. Au plan de la démarche artistique la parenté avec l’approche de ce mouvement m’a semblé
évidente. Le choix judicieux de la surface – une large bande de pelouse incurvée et inclinée vers le bassin, l’implantation parfaitement symétrique et l’orientation dans la même direction de
centaines de parapluies en tous points identiques – modèle, couleur - ; le caractère répétitif de la couleur, et l’exposition de l’œuvre « hors les murs »…rappellent les éléments
qui caractérisaient ce mouvement.
L’ensemble dégage une impression de poésie et d’humour confortée par l’ampleur de
l’installation. Une bonne manière de fêter le retour du coquelicot dans les prairies, et de nous rappeler les œuvres de Pierre-Auguste Renoir (Chemin montant dans les hautes herbes, vers
1874) et de Claude Monnet (Les Coquelicots à Argenteuil, 1873). Les parapluies des Buttes Chaumont dans leur rigueur géométrique renvoient par comparaison avec ces deux œuvres, à la
nostalgie d’une nature plus sauvage, qu’il était loisible jadis de parcourir plus librement qu’aujourd’hui. Métaphore de l’Eden, de l’harmonie entre la nature et les hommes – entre nature et
culture -, de la liberté, et de l’innocence à travers la grâce des jeunes femmes qui cueillent les fleurs…
Un univers à l’opposé de la catastrophe climatique annoncée aujourd’hui qui montre
l’issue d’un conflit entre l’homme triomphant et une nature spoliée dont le cinéma globalisé s’est fait le porte parole efficace (« Home », « Le syndrome du
Titanic »)…
Les parapluies de Noël DOLLA sont aussi à prendre au pied de la lettre, comme un
rassemblement de clones disciplinés concentrés vers un même objet. Comme des spectateurs dans un stade. C’est l’univers des passions, des rapports de forces, de la violence entre
supporters, de l’idolâtrie pour les dieux du stade, du gigantisme des installations, de la mondialisation des événements sportifs et des dépenses pharaoniques…Mais le stade ne se réduit pas au
football. C'est aussi l'admiration pour la perfection du geste sportif, la compétiton dans le respect des concurrents, l'estime pour les perdants, l'esprit d'équipe.
Ces parapluies en touts points identiques sont aussi un univers de clones qui m’a fait
penser à cette intervenante au cours d’un colloque en présence de Mme Parisot, Présidente du MEDEF, qui expliquait que les discriminations à l’embauche avaient leurs sources dans la stratégie du
minimum de risque dans le recrutement utilisée par les Directeurs des Ressources Humaines. Pour assurer une adaptation des nouvelles recrues la plus rapide dans le temps et la plus harmonieuse au
plan relationnel, leurs sélections de candidats se portent sur des individus qui ont des profils culturels et sociologiques identiques : formation, âge, sexe, origines sociales et ethniques.
Les autres sont éliminés par défaut (les jeunes, les vieux, les immigrés, les femmes…).
Et là nous sommes très loin de l’évocation du thème de la Révolution Française qui
constitue le propos de cet artiste au cours de cette Nuit Blanche.
Mais suis-je seul responsable du fait que cette œuvre me fait ainsi méditer et médire de
mes contemporains ?
Peut-être que l'art ma parle à tort et à travers ?
Enfin, heureusement que tout ça c'est que de la littérature hein ?
3 ème et dernier épisode vendredi !
J'ai dit
Plume Solidaire
Ps : toutes les photos sont de moi sauf les autres et je m'en excuse
:
Plumeacide, écritures publiques et arts énergétiques internes chinois
:
Plumeacide est une histoire de fraternité républicaine avec celles et ceux qui s'embrouillent avec les chiffres et les lettres. Au fil des années il est devenu aussi la mémoire visuelle de ma pratique des arts énergétiques internes.