
On pourrait donc attendre de nos gouvernants qu’ils utilisent effectivement les statistiques comme outil d’aide à l’analyse et à l’évaluation des politiques publiques et comme outil d’aide à la décision. Cet ouvrage montre que bien au contraire, le gouvernement actuel, et en particulier l’actuel président de la République renversent cette logique en contrôlant l’information statistique avec l’objectif de justifier la politique menée. Autrement dit, au lieu d’utiliser les statistiques pour mieux gouverner, le gouvernement les manipule pour tenter de convaincre a posteriori de l’efficacité de sa politique.
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Débat :
Ce qu'en pense Imposteurs blog de défense de la science et du matérialisme scientifique contre tous les charlatanismes et les impostures intellectuelles en vogue.
Ce qu'en pense Livres et cinéma :
"Cette tendance à la manipulation de statistiques, si elle n’est pas neuve, atteint des dimensions actuellement assez inquiétantes, le chiffre ayant pris une place de premier ordre dans le débat public. Un chiffre, lancé dans un débat, fait plus autorité qu’un long discours."
Ce que j'en pense :
Nous vivons dans une société de communication et chacun sait que les chiffres peuvent être présentés de différentes manières. Et il est exact que le gouvernement actuel mène une politique du chiffre en partie fondée sur des manipulations. C'est vrai pour la délinquance, comme pour le chômage : chômeurs dispensés de recherche d'emplois, chômeurs radiés...
Il est clair qu'une moyenne générale cache volontairement ou non de grandes disparités, qui peuvent révéler ou confirmer de grandes inégalités, leur persistance, leur réduction ou leur augmentation.
Le chiffre représente aussi une photographie d'une réalité à un moment et dans un contexte donnés. La comparaison par périodes qui peut exprimer des tendances sur le long terme et des évolutions, doit donc être effectuée en tenant compte de chaque contexte et de ses spécificités.
La question de fond est me semble-t-il moins dans l'interprétation des chiffres que dans les choix qui sont mis en oeuvre pour résoudre un problème particulier.
Ainsi la "crise du logement" actuelle est de nature très différente de celle de celle qui caractérisait celle des années 50 (destructions consécutives à la guerre, émergence du baby boom, exode rural et urbanisation...).
Aujourd'hui ce qui caractérise notre période dans le domaine de l'immobilier c'est le prix élevé des loyers et de la construction, l'accroissement des foyers monoparentaux, la mobilité professionnelle, l'insuffisance criante de programmes de construction de logements sociaux...
Pour en rester sur cet exemple, le nombre consédrable de foyers mal logés qui ont recours la loi du Droit Au Logement Opposable (DALO) n'est-il pas en lui-même un indicateur pertinent de la demande de logement en France ?
Alors qu'ils disposaient des outils statistiques qui permettaient l'évaluation constante de la situation sur le moyen terme, cette procédure démontre les carences des gouvernements de gauche et de droite successifs depuis 30 ans à programmer la construction de logements (après la période des années 60-70) en tenant compte de l'évolution sociologique de la société.
Dès lors le DALO apparaît comme une sorte de "manège, ainsi qu'un mode de management des demandeurs; qui les occupe et les rassure tout en entretenant l'espoir d'un mieux vivre, et le sentiment d'une répartition plus équitable des attributions.
Or la solution du problème n'est pas dans la décision finale du Tribunal Administratif de contraindre le Préfet à ordonner aux bailleurs d'attribuer un logement aux personnes prioritaires.
Elle ne tient pas seulement à la reconnaissance d'un droit mais à la possibilité réellement offerte pour que ce droit soit respecté.
Que nous dit la statisique du logement ?
Source : France Terre d'Asile
Communiqué - Le projet "Logement et hébergement" 2009 est incompatible avec les engagements du gouvernement
Paris, le jeudi 16 octobre 2008 - Le collectif des associations unies a pris connaissance du projet de budget 2009 qui traduit, en matière de logement et d’hébergement, un désengagement de l’Etat inacceptable, totalement incompatible avec les annonces du Président de la République et les engagements du Premier ministre, et ce alors que la loi instituant un Droit au logement opposable (loi DALO) a désigné l’État comme seul garant du droit au logement.
…
Le projet de loi de finances publié le 26 septembre 2008 prévoit en fait, pour la période 2009-2011, des dotations en forte baisse, avec des autorisations d’engagement de 7,6 milliards d’euros pour 2009 au lieu de 8,7 milliards en 2008, les crédits destinés au logement social passant notamment de 800 millions d’euros à 550 millions d’euros alors même que la construction de logements sociaux et très sociaux accuse déjà en 2008 un retard significatif par rapport aux objectifs gouvernementaux.
Source Terra Nova
La crise est structurelle. Elle est tout d’abord la conséquence d’un décalage entre l’offre et les besoins depuis plus d’une vingtaine d’années. C’est l’accumulation de petits déficits annuels qui fait qu’il manque 1 million de logements. Aujourd’hui les chiffres de la construction sont inquiétants : Après 3 à 4 années fastes, le seuil des 400 000 mises en chantier n’est plus atteint alors que l’objectif du gouvernement était de 500 000 logements par an. En 2007, 427 000 logements ont été mis en chantier ; la production tombe à 370 000 logements pour 2008. Sur les douze derniers mois, d’octobre 2008 à septembre 2009, seulement 326 000 logements ont été commencés en France. Ce chiffre est inférieur de 17,6 % à celui relevé d’octobre 2007 à septembre 2008. Il correspond approximativement à la production de 1993.

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