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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 17:52



DALO_01.jpgLEMONDE.FR | 16.03.10 | 16h58  •  Mis à jour le 17.03.10 | 07h24

 

C'est une situation ubuesque qui a été dénoncée à l'occasion de la fin de la trêve hivernale, lundi 15 mars : la reprise d'expulsions de locataires qui ont formulé des demandes de logement social, et dont la situation a été jugée "prioritaire" par les commissions du droit au logement opposable (DALO).

 


"L'Etat déloge alors qu'il doit reloger selon la loi, c'est un scandale qu'on ne peut pas laisser perdurer", a dénoncé en fin de semaine Paul Bouchet, ancien président d'ATD-Quart Monde et membre du comité de suivi du DALO. Pour le comité, les expulsions "qui concernent des prioritaires DALO constituent un véritable dysfonctionnement de l'Etat". Même le secrétaire d'Etat au logement, Benoist Apparu, a reconnu sur 20minutes.fr "le côté absurde de la chose. On risque d'expulser un locataire qui ne paye pas alors que le préfet doit lui trouver un logement d'urgence".

 

 

STATISTIQUES EN FRICHE

Combien sont-ils ces foyers reconnus prioritaires par le DALO et menacés d'expulsions, voire déjà expulsés ? Difficile d'avoir des chiffres précis. Au niveau national, on sait que 18 % des personnes qui formulent un recours DALO le font car elles sont menacées d'expulsion. Mais quelle est la proportion pour les ménages prioritaires ? Seule la préfecture de Paris a communiqué des chiffres : dans la capitale, depuis la mise en œuvre du DALO le 1er janvier 2008, 12 682 dossiers ont reçu un avis favorable pour un relogement (soit à peu près un sur deux), sur lesquels 1 211 l'ont été au titre d'une menace d'expulsion. Reste que ces données ne renseignent pas davantage sur les locataires pour qui une décision de justice ordonnant une expulsion est tombée alors que leur dossier DALO était en cours d'examen.


Pour Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, ce manque d'informations chiffrées est symptomatique : "Le lien n'a pas encore été fait entre la dynamique DALO et la prévention des expulsions. Les deux procédures – l'examen par les commissions de médiation des dossiers de recours contre l'Etat et l'application de décisions de justice ordonnant une expulsion – se déroulent de façon parallèle." Bernard Lacharme, rapporteur du comité de suivi DALO, fait le même constat, soulignant "un manque de volonté de croiser les informations. Les préfets reçoivent des consignes de relogement de la part du ministère du logement et des consignes parfois contradictoires au niveau des expulsions".

 

A Paris, où ont été signalés, avant la trêve hivernale, des cas d'expulsions de ménages que l'Etat s'était pourtant engagé à reloger, la préfecture de police explique tout naturellement cette situation. La situation de la capitale est particulière, car si la préfecture de Paris est bien chargée des dossiers de relogement DALO, c'est en revanche la préfecture de police qui est sollicitée pour déloger des locataires en situation d'impayés.

 

 

BONNE OU MAUVAISE FOI

Toutes les décisions de justice ne donnent pas lieu à une expulsion avec concours de la force publique : en 2009, 100 000 décisions de justice ont été prononcées et 10 000 expulsions ont été réalisées avec intervention de la police (Voir l'infographie : "Les expulsions locatives en France".) Dans neuf cas sur dix, les locataires sont donc partis après un accord à l'amiable ou après l'injonction d'un huissier de justice. C'est lorsque la réquisition de l'huissier échoue que la police intervient.

 

"Lorsque nous sommes sollicités, nous commençons par faire une enquête d'usage, précise la préfecture de police de Paris. Nous convoquons le locataire dans nos locaux, nous examinons l'ampleur de sa dette locative." Pour déterminer si le locataire est de "bonne foi", la préfecture se renseigne sur les démarches engagées pour obtenir un logement HLM, l'éventuel dépôt d'un dossier DALO ou les contacts avec les travailleurs sociaux. "Il n'y a jamais expulsion sans que la personne ait pu s'expliquer de sa situation à nos services." Selon la "bonne ou mauvaise foi" du locataire, la préfecture lui accorde un délai pour qu'il règle sa situation. "Mais nous devons aussi tenir compte du propriétaire : ce n'est pas la même chose d'être face à un investisseur immobilier ou à un retraité qui compte sur le loyer de son bien pour sa pension." Entre la réquisition de l'huissier et le concours de la force publique, il peut donc se passer de 2 mois à 3 ans ou plus.

 

Concernant les ménages reconnus prioritaires par le DALO, la préfecture de police parisienne assure qu'elle allonge les délais avant d'intervenir. Les fonctionnaires de la préfecture de police siègent d'ailleurs deux fois par semaine aux commissions DALO et sont donc tenus informés de l'avancement des dossiers. Mais si le propriétaire a besoin de récupérer les lieux et que le locataire ne s'est toujours pas vu offrir un relogement, la police admet qu'elle intervient, "mais dans une proportion moindre que pour les autres ménages, et en nous assurant toujours qu'une solution d'hébergement temporaire est proposée".

 

 

"L'ÉTAT NE RESPECTE PAS LA LOI"

Or ce sont justement ces solutions d'hébergement dans des hôtels peu adaptés aux besoins des ménages, très coûteuses pour l'Etat, que dénoncent les associations. Rien qu'en Ile-de-France, 100 millions d'euros sont dépensés chaque année en nuitées d'hôtel. En parallèle, le fonds d'indemnisation, qui permet à l'Etat de dédommager le propriétaire d'un logement impayé tout en maintenant le locataire dans les lieux, a été divisé par deux en trois ans, de 78 millions d'euros en 2005 à 38 millions en 2008. Le comité de suivi du DALO réfute donc toute opposition entre propriétaire et locataire et souligne que des solutions existent avant d'en arriver au concours de la force publique.

 

"La situation est grave quand la loi n'est pas respectée par l'Etat lui-même, s'insurge Bernard Lacharme, du comité de suivi du DALO. Actuellement, le préfet ne doit pas donner suite à une décision de justice d'expulsion lorsqu'il y a trouble à l'ordre public. Nous considérons que si l'Etat ne respecte pas un droit reconnu comme fondamental, il y a trouble à l'ordre public." Le comité de suivi a donc demandé que soient suspendues toute expulsion de locataire "de bonne foi" dont la demande de relogement a été reconnue prioritaire. Mais le gouvernement ne semble pas prêt à prendre une telle mesure. Benoist Apparu a estimé ainsi que cela constituerait "un très mauvais message adressé aux propriétaires [...], qui ne voudraient plus prendre aucun ménage modeste". Malgré sa reconnaissance de "l'absurdité" de la situation, le secrétaire d'Etat ne semble pas prêt à répondre aux demandes du comité de suivi du DALO.


Mathilde Gérard

 

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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 18:00





Source : Observatoire des Inégalités


Le mal logement en 2010
le 1er février 2010
100 000 personnes n’ont pas de domicile, autant vivent en camping ou dans un mobil home toute l’année, plus de 640 000 vivent dans des meublés...Beaucoup reste à faire pour que chacun dispose de conditions d’habitat dignes de ce nom.

Beaucoup reste à faire pour que chacun dispose de conditions d’habitat dignes de ce nom, comme le rappelle chaque année la Fondation Abbé Pierre en publiant son rapport sur le mal-logement. 100 000 personnes n’ont pas de domicile fixe, autant vivent en camping ou dans un mobil home toute l’année, plus de 640 000 vivent dans des meublés... Deux millions de personnes vivent dans des logements inconfortables ou surpeuplés. Certes, la misère d’aujourd’hui n’est pas aussi dramatique que celle des années 50. Notre pays s’est enrichi et les conditions de logement se sont heureusement améliorées. Mais les associations d’aide aux plus démunis mettent en évidence les situations dramatiques dans lesquelles vivent des dizaines de milliers de personnes.

Le mal logement ne se réduit pas pour autant aux situations extrêmes. Une fraction considérable de la population au sein des couches modestes et moyennes (notamment chez les jeunes) loge dans des conditions qui ne répondent pas à ses aspirations : détériorations, mauvaise insonorisation, surface trop faible, quartier dégradé, etc. L’idéal pavillonnaire, rêve de nombreuses familles, est loin d’être la norme en France.

Selon les calculs effectués par la Fondation, le taux d’effort des ménages, c’est-à-dire leurs dépenses de logement nettes d’allocations rapportées aux revenus, se situe désormais autour de 50 % dans le parc privé, contre 28 % dans le parc social, pour des revenus équivalents à un Smic pour un célibataire et 1,5 Smic pour un couple avec deux enfants. La France ne construit toujours pas assez de logements, en particulier dans le secteur social, et la demande ne fait que s’accroître. Le nombre des logements locatifs sociaux disponibles a fortement chuté au cours de la période 1999-2008 (- 14,1 %).

Nombre de personnes non ou très mal logées
 
Sans domicile fixe 100 000
 
Personnes privées de domicile personnel 509 140
- dont résidence principale en chambre d'hôtel 50 000
- dont habitat de fortune : cabane, construction provisoire 41 400
- dont personnes vivant à l'année en camping ou en mobil home 100 000
- dont personnes hébergées chez des tiers dans des conditions de logement très difficiles 150 000
- dont personnes en structures d'hébergement et d'insertion : CHRS, CADA, places en hôtel pour demandeurs d'asile, accueil d'urgence, résidences sociales 167 740
 
Personnes vivant dans des conditions de logement très difficiles : logements inconfortables, de mauvaise qualité et logements en surpeuplement accentué (hors double compte) 2 044 000
 
Personnes en situation d'occupation précaire : 860 050
- dont locataires ou sous-locataires d'un meublé 640 300
- dont personnes occupant un logement sans droit ni titre suite à une décision de justice prononçant l'expulsion ~ 219 750
 
TOTAL 3 513 190
Avertissement : certaines de ces données sont des ordres de grandeurs.
Source : Fondation Abbé Pierre, Rapport sur le mal logement 2010, d'après Insee et différentes sources.

Evolution de la situation

Le nombre de logements sans confort de base a considérablement diminué ces trente dernières années. Cette évolution résulte à la fois de l’élévation du niveau de vie moyen mais aussi de la part croissante des dépenses que les ménages consacrent pour se loger. Il s’agit de moyennes : cette amélioration est loin d’être aussi nette pour tout le monde, notamment pour les jeunes générations qui subissent de plein fouet les hausses de loyers et la forte montée des prix à l’achat.

Logements sans confort
  2002
en Milliers
2002
en %
2006
en Milliers
2006
en %
Sans confort sanitaire : absence d'un des éléments (eau courante, installation sanitaire, WC intérieurs) 612 2,5 391 1,5
Immeuble insalubre ou menaçant de tomber en ruine (1) 267 1,1 273 1
Aucune installation pour faire la cuisine (1) 93 0,4 108 0,4
Aucun moyen de chauffage ou avec des moyens de chauffage sommaires 1 986 8,2 1 580 6
Electricité déficiente : installation non encastrée, fils non protégés par des baguettes, ou pas de prise de terre 1 167 4,8 1 030 3,9
Signes d'humidité sur certains murs 5 848 23,8 5 347 20,4
Infiltrations d'eau ou inondations provenant d'une fuite d'eau dans la plomberie 552 2,2 654 2,5
1. Compte tenu des faibles effectifs, le nombre de logements sans intallation pour faire la cuisine ou dans un immeuble insalubre doit être considéré comme un ordre de grandeur. Lecture :1 030 000 logements ont une électricité déficiente en 2006, soit 3,9% des résidences principales. Champ : France métropolitaine, résidences principales.
Source : Insee, enquêtes Logement.

Evolution de la demande de logements HLM
De 1984 à 2006
Unité : en milliers et en %
  1984
1988
1992
1996
2002
2006
Nombre de demandeurs (en milliers) 679 704 915 855 1 043 1 208
% des ménages 3,3 % 3,3 % 4,1 % 3,7 % 4,3 % nc
 
Source : Insee, enquêtes logement

Définitions :

- Un logement est considéré comme confortable s’il dispose d’une salle d’eau, d’un WC intérieur et d’un système de chauffage.

- le surpeuplement selon l’Insee :

Le surpeuplement accentué fait référence à une définition de l’Insee. Schématiquement, on compte une pièce de séjour pour le ménage, une pièce pour chaque personne de référence d’une famille, une pièce pour les personnes hors famille non célibataires et les célibataires de 19 ans et plus, et, pour les célibataires de moins de 19 ans, une pièce pour deux enfants s’ils sont de même sexe ou s’ils ont moins de 7 ans, sinon une pièce par enfant. Le surpeuplement est dit "accentué" si le nombre de pièces nécessaires au ménage ainsi déterminé est supérieur de plus d’une unité à celui constaté.

Le surpeuplement au sens large retient la norme fondée sur le nombre de pièces pour les deux pièces et plus et fait intervenir la surface pour les logements d’une pièce : est considéré comme surpeuplé au sens large un logement dont la surface habitable est inférieure à 18 m2 par personne de référence plus 12 m2 par autre personne de 14 ans ou + et 9 m2 par enfant de moins de 14 ans.




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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 18:00




Avec Jean Ferrat c'est encore un poète des années 60 qui casse sa pipe.


Des créateurs de chansons qui savaient écrire leurs textes (auteur), créer la mélodie et l'accompagnement musical (compositeur); chanter avec une diction qui permettaient de comprendre les paroles, et des qualités d'expression vocales (timbre, puissance) et un talent d'interprétation (interprète) qui leur conféraient le caractère d'artistes complets.


Qui reste en scène ?



S'il vous plait Monsieur Aznavour, attendez encore, ne partez pas s'il vous plait.


J'ai dit

Plume Solidaire



  • 17 mars : Hommage à Jean Ferrat sur evene.fr
  • 17 mars : archives de l'Humanité
  • 14 mars 2010 : le journal L'Humanité fait paraître aujourd'hui un Cahier spécial de 12 pages à 1,30 €






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