Lettre à Léa :
Mary versus Leonarda - 1
Lettre à Léa :
Mary versus Leonarda - 2
Lettre à Léa :
Mary versus Leonarda - 3
Lettre à Léa : Mary versus Leonarda -
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Pour continuer cette série d'articles que je te dédie Chère Léa, j'aimerais que tu écoutes cette chronique de Brice
Couturier qui, à mon avis, pose bien les termes du débat sous ses différents et principaux aspects;
Cette longue méditation sur ces problématiques, conforte ma position de ne pas faire œuvre de complaisance ni
vis-à-vis des étrangers que je reçois, ni à l’égard de celles et ceux qui se tiennent droit dans les bottes de la solidarité universelle obligatoire. Et de ne considérer que l’état du droit
français et de ses modalités d’application pour tous les français et étrangers qui peuvent en bénéficier.
D'un point de vue juridique : la loi est applicable à toutes et à tous, français ou étrangers.
Or Monsieur Dibrani, père d’une famille de six (ou sept ?) enfants a volontairement entraîné les siens dans une
situation illégale...Famille accueillie dignement et hébergée aux frais de l'Etat, pendant quatre ans en raison de la lenteur, et du respect des procédures du droit d’asile en France.
« A la tête de son comité de soutien, Gérard Guinot s'est battu pendant des années pour que la famille
Dibrani obtienne l'asile en France. Mais quand, après que tous les recours furent épuisés, la préfecture de Doubs a entériné son obligation de quitter le territoire au motif qu'elle
présentait "d'insuffisantes perspectives d'intégration sociale et économique", il s'est fait une raison ».(Source Le
Monde du 17 octobre 2013)
Autrement dit, la responsabilité de l'expulsion de cette famille incombait entièrement au père, et non aux
services de l'état qui n’ont fait qu’appliquer - maladroitement il est vrai -, le droit français.
Leonarda Dibrani étant mineure et placée sous la responsabilité de ses parents, son départ de France est
juridiquement fondé. Et cette agitation médiatico politique n’aurait pas eu lieu d’être si elle avait été arrêtée le matin avant son départ ou à l’arrivée de la sortie scolaire à laquelle elle
s’était inscrite la veille au soir. Alors même qu’elle s’était distinguée par son absentéisme depuis la rentrée scolaire (source C dans l’air).
Moi aussi ma petite Léa, je me suis fait une raison. Pour la famille Leonarda, comme pour les nombreuses personnes
que j’ai reçues qui sont dans cette situation.
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J’achèverai mon aède (je pressens que tu n’as pas ton dico de français à tes côtés), par une devinette et un vœu.
Quel est le pays dans lequel l’application d’une décision légale déchaîne une polémique nationale ?
Quel est le pays dans lequel, à une demi-heure près, ce déchaînement médiatique et politique n’aurait pas eu
lieu ?
Quel est le pays dans lequel, pour finir, le chef de l’Etat s’empresse d’inscrire un projet de loi d’accélération
des décisions en matière de droit d’asile à l’agenda du Parlement ?
Léa, ce pays s’appelle la France.
"La France, a enregistré le dépôt de 55.000 nouvelles demandes d’asile et 6.000 demandes de réexamens, selon
des chiffres officiels. La demande d'asile a progressé de 7% en 2012, la cinquième hausse consécutive, précise l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) dans son
rapport annuel.
En 2012, l'Ofpra n'a accordé l'asile qu'à 4.348 demandeurs, en baisse de 6%. Environ 15% de ses
refus (soit 5.628 dossiers) ont été invalidés par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), ce qui aboutit à un total de près de 10.000 réponses positives, soit 21% du total des demandes contre
25,3% en 2011.
A la fin 2012, 177.000 personnes se trouvaient sous la protection de la France"
(source Le
Point)
Les demandes d'asile seront donc traitées plus rapidement et l'immense majorité des demandeurs
recevront une réponse négative à leur requête. Contrairement à Mary qui résidait en France depuis plus de 10
ans.
La gauche qu’incarne le Président de l’Assemblée Nationale – « il y a la Loi, oui mais il y a les valeurs
avec lesquelles la gauche ne saurait transiger sous peine de perdre son âme » -, n'a peut-être pas encore perdu son âme, mais elle est en bonne voie pour y parvenir.
Par exemple, en arguant "qu'il y a des centaines de millions de réfugiés climatiques à venir, dont il va falloir
que nous prenions notre part" (Eva Joly - Mots Croisés - 21 octobre 2013).
Rappelons aussi quelques chiffres relatifs à l'immigration :
En moyenne par an:
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200 000 personnes entrent sur le territoire en situation régulière,
dont 65 000 étudiants étrangers qui ne viennent pas essentiellement du sud mais des USA, et de nations émergentes (Brésil), dont il ne reste
que 15% après 5 ans, sur le territoire français
-
100 000 attributions de la nationalité française.
Soit au total : 332 000 personnes
Plus de 100 000 personnes sortent du territoire, comprenant celles des français.
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Voilà c'est fini Léa. Maintenant tu es en possession de quelques éléments de réflexion sur la
question du droit d'asile, qu'il faut bien distinguer de la politique d'immigration, et tu disposes d'un témoignage très concret de l'expérience d'un écrivain
public, concernant un nombre réduit de personnes, qui appartiennent à une population immigrée nombreuse.
Tu vas pouvoir commencer à réfléchir sur les aspects humanitaires, économiques, juridiques,
démographiques; ainsi que sur les caractéristiques des différentes catégories de populations immigrées (étudiants, réfugiés, régularisés, naturalisés, regroupement familial, expulsions...). Je n'ai pas abordé, comme tu
as pu le constater, la question culturelle et plus particulièrement (cultuelle) religieuse, sur laquelle tu vas pouvoir entamer des recherches fécondes.
Enfin Léa, je voudrais te demander un petit service s'il te plaît : pourrais-tu écrire un poème pour Mary aussi
émouvant que celui que tu as écris pour Leonarda ?
Et si tu es d'accord, je te propose d'aller plus loin. Chaque semaine, chère Léa, je t'adresserais
de nouveaux courriers comme celui j'ai rédigé pour Mary, et toi tu écrirais un nouveau poème que je publierais sur Plumeacide.
Dans l’attente du plaisir de te lire Chère Léa.
Si tu veux aller plus loin dans la réflexion, je te suggère d'écouter la seconde partie des Matins de France Culture -
ouverte par la chronique de Brice Couturier (elle ne dure que 19 minutes):
Plume Solidaire