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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 17:00

 

Lettre à Léa : Mary versus Leonarda - 1

Lettre à Léa : Mary versus Leonarda - 2

 

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Banksy - Concrete confessional

 

Chère Léa,

Depuis que je suis écrivain public, j’ai beaucoup écouté, interrogé les personnes que j’ai reçues pour les connaître, et pour mieux les accompagner dans leurs démarches.

Nombre d’entre elles sont devenues mes amie(s), et dans la confiance il y a des confidences dont on peut craindre les conséquences si d'aventure elles étient étalées sur la place publique.

Ce sont ces confidences que je vais te révéler Léa.

Ces ami(e)s m'ont fait part de leur affliction, et de la honte secrète qu'elles éprouvent, concernant la conduite d’une partie des immigrés de leur entourage familial, amical, ou de voisins ici en France; et de relations qu’elles fréquentent dans leur pays natal. Et ces personnes qui se conduisent honnêtement, souffrent en silence de l’image que donnent celles et ceux que je vais te décrire.

Tout ce que je vais écrire maintenant n’est qu’une petite partie des faits qui me viennent à l’esprit maintenant. Ils sont si nombreux que je pourrais tenir la Contre chronique de mes permanences d'écrivain public.

Mais surtout, avant de lire la suite, n’oublie pas ceci : ces gens peu recommandables sont l’arbre qui cache l’immense forêt des immigrés et des étrangers respectueux de leurs devoirs, de nos moeurs et de notre culture, qui se sont fondus harmonieusement - on dit toujours "se sont assimilés" et parfois complètement "intégrés"  - dans notre pays, travaillent et y vivent dans l’anonymat. 

Même s’ils doivent - encore et toujours - endurer l’attitude méprisante de la part de nombreux français, leur crainte, dans la situation politique actuelle, est que celles et ceux qui ne respectent pas les lois françaises et ceux qui ne parviennent pas ou n'acceptent pas comme eux, de se fondre dans la société française, nuisent à leur conditions de vie et à leur avenir en France.

Et, elles et eux, qui ont payé souvent du prix fort l’accès à un titre de séjour ou à la nationalité française, crois-moi, Léa, ils ne sont pas les derniers à approuver l’expulsion de la famille Dibrani.


- - - - - - - - -


 

Je commencerai par évoquer le fait observé parmi les usagers de mes permanences d’écrivain public que je connais bien, que pour quelques uns d’entre eux, la France est perçue comme un pays riche dont on aurait bien tort de ne pas profiter du système de solidarité pour les plus démunis. Il suffit d'être un peu plus malin que les autres, et de savoir contourner les règles et les lois françaises…

 Ainsi, j'ai été témoin auditif de conversations qui m’ont fait très clairement comprendre que, pour certains étrangers sans-papiers ou pour des personnes qui souhaitent venir vivre dans notre pays, chercher une future femme ou un mari de nationalité française originaire de leur pays est une méthode  normale et légitime*. Mieux, c’est une stratégie considérée comme pertinente et efficace, pour accéder à un titre de séjour, puis envisager une future nationalité française. Plusieurs personnes séparées ou divorcées de leur conjoint(e)s pour ces motifs m'ont fait partager leur souffrance d'avoir été dupes d'une telle manœuvre, dans le cadre de mariages arrangés qui constituent une tradition répandue dans certains pays.

*Deux dames m’ont demandé récemment en riant si je pouvais les aider à trouver un mari français

D’un point de vue moral, et de celui de ma conscience citoyenne, j’ai été surpris et plongé dans une grand perplexité, lorsque je me suis rendu compte que le père de l’une de ces familles que j’avais accompagnée avec succès dans son accès à la nationalité française (3 personnes), conseillait cette méthode à son entourage lors d’un séjour au pays, pour faciliter l’émigration de l’un de ses compatriotes en France. Plus tard, il a sollicité mes conseils pour aider une jeune femme - présentée comme une cousine - qui, n’ayant pu réussir dans ses études supérieures en France, n’avait pas obtenu le renouvellement de son titre de séjour et avait refusé de quitter la France. Elle s’était ensuite trouvé un mari au pays, qu’elle avait fait venir en France, où il réside clandestinement aujourd’hui avec sa femme et l'enfant qu'ils ont eu depuis ensemble; enfant non déclaré semble-t-il aux autorités civiles.

Aï,aï,aï,aï,aï,aï,aï....ma pauvre Léa si tu savais...

J’ai aussi rencontré des femmes que leurs mari ont abandonnées sans laisser d'adresse une fois arrivés sur le territoire français; et inversement des hommes français d'origine étrangère partis chercher une épouse au pays, que leur femme a quittés une fois en France.

L'un de ces deux cas est celui d'une femme qui a accepté d'épouser au pays un handicapé de nationalité française, uniquement dans le but caché d'obtenir un titre de séjour pour vivre en France. Mari qu’elle a quitté quelques mois après son arrivée en France, en lui annonçant qu’elle ne s’était mariée avec lui que « pour les papiers ». Le mari a du retourner vivre chez son père, tandis que la femme profitait du logement qu’il avait loué pour le couple.

Je connais une jeune femme qui s’est vantée en ma présence d’avoir réussi à se marier avec un fonctionnaire français – comme on dit, « bien de chez nous » -, puis a divorcé et a pu ainsi capter une partie de sa fortune, tout en multipliant pendant sa vie conjugale les aventures avec d’autres hommes. Enfin, je ne peux oublier de citer les cas décrits par mes amis de femmes mariées avec enfants au sein de leur communauté nationale d’origine, qui découvrent, usent, et parfois abusent du droit français qui les avantage contre leur (ex)époux. 

J’ai en mémoire ce mari arrivé de son pays il y a cinq ans qui, après son mariage avec une ex compatriote aujourd'hui française, et une fois installé à Paris, ne contribue pas aux charges du ménage et privilégie sa famille au pays à laquelle il envoie une partie de son salaire. Le couple est déjà séparé, obligeant les bailleurs sociaux à attribuer un second logement social à l'épouse et à son enfant. 

Je vais encore enfoncer le clou ma petite Léa.

J’ai reçu aussi à ma permanence un homme sans-papier qui résidait en France depuis de longues années qui n’a jamais voulu s’insérer sur le marché du travail, et qui après plusieurs années de détention en milieu carcéral pour plusieurs viols avec agression, a été renvoyé vers son pays d’origine.

Je suis ainsi témoin, par la voix de mes amis immigrés, de stratégies de fraudes préméditées d’étrangers décidés à enfreindre les lois pour s’installer en France, pays dont l’image de pays des droits de l’homme et de terre d’asile, attire aussi une population qui n’a d’intérêt que pour les avantages financiers qu’il procure, la liberté de mœurs qu’il permet, et le respect de la diversité des religions et des modes de vie qu’il autorise. Dont ils entendent naturellement bien user dans un esprit communautariste.

Ma jolie Léa, l’immigration n’apporte pas que des personnes qui aiment notre pays, partagent nos valeurs, sont moralement recommandables et sont disposées à s’intégrer. Telle est aussi l’autre versant de la réalité de notre pratique d'aide aux écritures.

Pour une partie d’entre eux.

Je te dirais dans mon prochain article ce que je pense et quelles conclusions j'en tire. 

Je te remercie d'avoir fait l'effort, de ne pas avoir consulté tes SMS , tes tweets et ta page FB pendant la lecture de ce billet.

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Plume Solidaire , écrivain public - dans Chronique des permanences
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