Suite du premier épisode
France : Le syndrome de la bureaucratie sécuritaire - 1
A juste titre notre ami Jacques nous rappelle dans son commentaire que
« L'absurde Kafkaien ne relève malheureusement pas de ce seul quinquennat, même s'il y est particulièrement exacerbé.
Au début des années 70, dans un climat de suspicion envers les jeunes et les "gauchistes", j'ai dû prouver ma nationalité française … »
Pour démontrer l’absurdité de la manière dont sont appliqués les textes en matière de réalisation des documents d’identité française, je voudrais revenir sur la procédure qui a été appliquée à la constitution du passeport de ma fille, pour la comparer avec celle dont j’ai fait l’objet.
J’ai expliqué dans le précédent article que ma fille avait désormais changé de nom, et que l’absence d’accent aigu sur le « e » de notre nom en change non seulement la prononciation, mais change l’identité de ma fille.
Ce qu’elle apprécie modérément; et moi non plus !
En ce qui me concerne, je n’ai pas eu de souci avec mon nom, qui a conservé son accent, mais j’en ai eu avec l’un de mes prénoms : Noël.
Ma carte d’identité nationale mentionne bien Noël avec un « ¨ » sur le « o », mais pas sur mon ancien passeport. Il m’a été donc demandé de produire mon acte intégral de naissance. J’ai objecté avec un large sourire qu’il n’y a qu’une orthographe pour le prénom Noël et que je n’ai pas eu connaissance jusqu’à ce jour, de personne dont le prénom se prononce « Noeul ».
J’ai pu produire dans le quart d’heure qui suivit mon acte de naissance, régulariser dans le plus court délai ce doute sur l’orthographe exacte de l’un de mes prénoms, et obtenir mon nouveau passeport rapidement.
Mais l'enfer se niche dans les détails, et au sens propre du terme la réalité dépasse parfois la fiction.
Revenons à ma fille. En effet, le plus cocasse tient au fait qu’il n’a pas semblé nécessaire au fonctionnaire chargé d’établir le passeport de ma fille, d’écrire son prénom Hélène avec les accents. Son nom et son prénom étant sans accent sur sa carte d’identité nationale, ils sont identiques sur son passeport, sans que cela n'ait posé le moindre problème.
Ma fille a donc non seulement changé de nom, mais aussi changé de prénom.
Elle m’a donc poliment prié de l’appeler désormais Heuleune.
Ainsi, ce qui semble relever d’une application stricte de textes réglementaires concernant l’un de mes prénoms, faisait plutôt l’objet d’une procédure désinvolte, ou traduisant un certain relâchement, voir même une négligence fautive à l’égard de ma fille.
Car je l'affirme, il est possible d'utiliser des caractères/lettres possédant des accents pour l'établissement des
passeports.
Moralité : nous sommes tous inégaux devant la loi, toutes choses égales par ailleurs.
Même s’il est vrai que nous demeurons là dans le domaine de la petite tracasserie administrative, qui n'en illustre pas moins ce qu’il est convenu d’appeler le pouvoir discrétionnaire du fonctionnaire, à petite échelle.
Plume Solidaire
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