A la veille de l'assemblée générale de notre association d'écrivains publics, dont vous pourrez lire les rapports
demain, il est intéressant de jeter un oeil rapide sur l'action de lutte contre l'illettrisme déployée l'an dernier par la Fondation très médiatique de la première dame de France.
Je cite :
Source : Fondation
Carla Bruni-Sarkozy
" Lancé en mars 2010 et clos en octobre de la même année, avec près de 147 projets reçus, le premier appel à
projets de la Fondation a été un succès.
Aujourd’hui, près de 415 familles sont accompagnées par une trentaine d’associations sur tout le territoire. Cette
année, nous reconduisons l’appel à projets et l’étendons à l’Outre-mer. Nos objectifs et critères de sélection restent les mêmes : accompagner les familles éloignées de l’écrit, en s’attachant en
amont d’abord, par l’éveil de la petite enfance au livre, et en aval ensuite, en aidant les parents à sortir de l’illettrisme."
Je m'associe avec enthousiasme à cette louange autoproclamée en observant simplement que :
- 415 familles "accompagnées" par 30 associations cela doit représenter une quinzaine de familles pour chacune
d'entre elles.
- Sachant que l'aide aux parents pour
sortir de l’illettrisme n'intervient qu'... "en aval", c'est-à-dire après l'éveil des enfants au livre,
- il serait très édifiant de connaître l'évaluation réalisée par la Fondation concernant les acquis des parents dans le
domaine de l'apprentissage de l'écriture et de la lecture.
- Quantitativement il faut aussi s'incliner devant l'envergure de l'effort accompli au regard des chiffres
annoncés : 415 familles sur une population illettrée estimée par la Fondation à 3 100 000 personnes, c'est pas rien !
Je recite :"L’illettrisme est un tabou
; pour beaucoup, une honte.
En France, ce phénomène touche 9 % de la population active (18-65 ans). Ce sont près de 3,1 millions de
personnes qui éprouvent des difficultés, voire une incapacité, à accomplir des actions du quotidien : composer un numéro de téléphone, retirer de l’argent à un distributeur, déchiffrer un plan de
métro, lire la posologie d’un médicament, un bulletin scolaire…"
Après le succès de l'appel à projet de 2010, je m'étonne, contairement à à ce qui est annoncé,
qu'il n'ait pas encore été reconduit en 2011.
Mais je viens de lire dans Le Figaro du 18 mai, que " cette année la Fondation reconduit l'appel à projets et l'étend à
l'outre-mer. Mis en ligne hier"...
Si vous trouvez l'appel à projets étendu, merci de m'adresser le lien. Notre association qui reçevra plus de 700
illettrés cette année, va faire feu de tout bois pour répondre à cet appel émouvant.
En conclusion, en tentant ainsi de "prévenir l’apparition" de l'illettrisme auprès des enfants, mission qui ressemble
beaucoup à celle qui est confiée à l'Education Nationale, la Fondation Carla Bruni-Sarkozy donne surtout le sentiment de mettre en oeuvre une action efficace de pérennisation de
l'illettrisme en France.
L'article du Figaro ne manque pas d'ailleurs d'apporter de l'eau à mon moulin : " contrairement aux idées reçues, il ne
s'agit pas loin de là, de personnes issues de l'immigration, puique 74% des personnes en situation d'illettrisme parlaient uniquement le français à la maion à l'âge de 5
ans".
Moralité : le montage accouche d'une souris...
J'ai dit
Plume Solidaire
Carla Bruni-Sarkozy,
le bébé du combat contre l’illettrisme
Source : bondyblog
Mercredi 18 mai 2011 | Posté par Mehdi
et Badroudine | Partager
L’épouse du président de la République a lancé hier au Centre Pompidou une campagne nationale pour venir en aide aux
trois millions d’illettrés que compterait la France. Les journalistes étrangers étaient venus pour autre chose.
Mardi. Des lueurs blanchâtres traversent le hall du Centre Pompidou. Le jet des flashs rebondit sur le panneau blanc de
la Fondation Carla Bruni-Sarkozy. Des macarons à la rose s’ennuient dans le fond d’une assiette aussi pâle que la nappe dressée. Quelques serveurs font s’entrechoquer les verres de jus d’orange à
ceux de pamplemousse. La brochette d’invités et la maîtresse de cérémonie, Carla Bruni-Sarkozy, viennent de débarquer. Elle porte un tailleur bleu très foncé. La meute médiatique s’excite
derrière le cordon de sécurité. « Vous confirmez les déclarations de votre beau-père ? », lance une journaliste, d’une voix fluette. On se croirait à la sortie d’un tribunal,
dans les séries américaines. Elle coupe court : « Merci pour ces magnifiques photos. »
Dans une salle déjà plongée dans l’obscurité, Carla Bruni-Sarkozy réapparait. Une douce lumière se dépose sur elle.
Aujourd’hui, elle est là pour « un coup d’envoi, pas un coup d’éclat ». Depuis quelque temps, la première dame remonte ses manches pour combattre l’illettrisme,
« ce grand fardeau ». Dans les bas-fonds du Centre Pompidou, elle est venue crier que « l’illettrisme est un mal dont on sort. Parce qu’être illettré, c’est avoir
subit la malchance. » En présence de sa prédécesseur, Bernadette Chirac, qui se bat toujours à coups de pièces jaunes, la femme du président de la République avoue que l’illettrisme
sera la cause qu’elle défendra bec et ongles manucurés.
Devant nous, une journaliste espagnole fait résonner les touches de son clavier. Dans la foulée, elle envoie son papier
sur « les rondeurs du ventre de Carla Bruni-Sarkozy, la première dame française ». D’un coup, sur scène, surgit Gérard Depardieu. Une dame chuchote mollement : « Mais
c’est vraiment un monstre. » L’acteur s’élance dans une tirade. « Mon père était illettré. Et moi-même, quand j’avais 12 ans, je ne comprenais pas certains mots. Comme
idolâtrer, tiens ! » Il conclut ses mots par des mots de Baudelaire. Il lit un poème.
Marie-Thérèse Geffroy, directrice de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI), prend la parole. Elle lâche un nombre : « Il y trois millions d’illettrés en France. » Une précaution : « Il ne faut pas les
confondre avec les analphabètes. » Une précision : « Et contrairement à ce qu’on peut penser, les illettrés ne sont pas que dans les zones urbaines sensibles. On en enregistre
beaucoup dans les zones rurales. » Frédéric Mitterrand s’éclipse déjà. Beaucoup ont les paupières fermées.
Enfin, comme dans un colloque parfaitement organisé, vient le temps des témoignages. Jean-Luc Delarue n’a qu’à bien se
tenir, c’est Frédéric Taddeï qui s’y frotte. Un ancien illettré lui raconte : « Quand j’ai su lire, c’était mieux que d’avoir gagner au Loto. Et j’ai tout de suite voulu devenir un
porte-parole. » Et de conclure brillamment : « Je connais des femmes illettrées qui ne savent pas lire les courriers des médecins quand elles sont enceintes. »
Timides sourires. Dans un film projeté, on voit ces gens illettrés, incapables de remplir un chèque et « obligés de payer par carte bancaire ».
C’est l’heure de remballer. Des bénévoles et présidents d’associations se pressent pour serrer la mimine à Carla.
Dernière question d’une journaliste aguerrie, à la volée : « Madame Bruni, vous êtes enceinte ? » Dernière déclaration de Dame Chirac : « Ce bébé à l’Elysée est
l’avenir de la France. » Sinon, il y a toujours trois millions d’illettrés…
Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah