Interview remontée de Nicolas Sarkozy par Vinza
Les dialogues sont inchangés.
Ou comment changer la vision du spectateur par le biais du montage...
Interview remontée de Nicolas Sarkozy par Vinza
Du Sel au Sol
Une famille de quatre personnes qui s’adonnent à la glissade sur des planches sur de la poudre blanche pendant une semaine, y consacre en moyenne un budget de 2 500 €.
Si ma femme est d’accord, j’échangerais volontiers une semaine au printemps dans un cabanon des calanques de Cassis contre le récit de vie de la famille qui vit dans ce cabanon.
La note de mon séjour serait moins salée.
Des français, par choix ou par obligation, imaginent des dispositifs d’échanges qui leur évitent de dépenser de l’argent.
Sol est une abréviation de solidaire. Le Sol est une monnaie encore expérimentale issue du projet Sol, réalisé en partenariat par une banque, des compagnies d'assurances, le groupe Chèque Déjeuner et des régions françaises et avec le soutien du Fonds Social Européen, programme Equal.
Cette monnaie est dématérialisée : pas de pièces ni de billets, les échanges passent par un des supports électroniques : carte à puces, internet, téléphone ; sauf à Toulouse, où un système de coupons-billets a été lancé.
Sel est l’abréviation de Système d’Echange Local. La valeur monétaire est remplacée par un système d’échanges de services entre particuliers. Il existe 350 Sel en France.
Sel et Sol ont fait l’objet d’une émission de France Inter de Thomas CHAUVINEAU le 29 décembre 2011 pendant que vous digériez encore la dinde aux marrons et que vous achetiez le foie gras du Nouvel An.
Vous avez la possibilité de réécouter l'émission sur internet sous ce lien :
http://www.franceinter.fr/emission-service-public-peut-on-se-passer-d-argent
J'ai dit
Plume Solidaire
Peut-on se passer de l'argent ?
- Reportage de Raphaelle Matoux à la BLE de Saint-Ouen
- Interview de Dominique DORE (Sel est Montreuil) et Maud CLEMENT (Sel de Saint-Ouen)
Invités :
- Georges Depeyrot Chercheur au CNRS, spécialiste de l'histoire de la monnaie, responsable des éditions MONETA
- Alain Testart Anthropologue
- Jérôme Blanc Maître de conférences en économie à l'Université Lumière Lyon 2
Les Systèmes d'Echanges Locaux présentés par... par e-graine
La dette, tant privée que publique, semble aujourd’hui une préoccupation majeure des « responsables » économiques et politiques.
Dans La Fabrique de l’homme endetté, Maurizio Lazzarato montre cependant que, loin d’être une menace pour l’économie capitaliste, elle se situe au cœur même du projet néolibéral.
À travers la lecture d’un texte méconnu de Marx, mais aussi à travers la relecture d’écrits de Nietzsche, Deleuze, Guattari ou encore Foucault, l’auteur démontre que la dette, loin de n’être qu’une réalité économique, est avant tout une construction politique, et que la relation créancier/débiteur est le rapport social fondamental de nos sociétés.
La dette n’est pas d’abord un dispositif économique, mais une technique sécuritaire de gouvernement et de contrôle des subjectivités individuelles et collectives, visant à réduire l’incertitude du temps et des comportements des gouvernés. Selon la logique « folle » du néolibéralisme – qui prétend substituer le crédit aux salaires et aux droits sociaux, avec les effets désastreux que la crise des subprimes a illustrés de façon dramatique –, nous devenons toujours davantage les débiteurs de l’État, des assurances privées et, plus généralement, des entreprises, et nous sommes incités et contraints, pour honorer nos engagements, à devenir les « entrepreneurs » de nos vies, de notre « capital humain » ; c’est ainsi tout notre horizon matériel, mental et affectif qui se trouve reconfiguré et bouleversé.
Comment sortir de cette situation impossible ? Comment échapper à la condition néolibérale de l’homme endetté ? Si l’on
suit Maurizio Lazzarato dans ses analyses, selon lesquelles la dette est avant tout un instrument de contrôle
politique et l’expression de rapports de pouvoir, force est de reconnaître qu’il n’y pas d’issues simplement techniques, économiques ou financières. Il nous faut remettre en question radicalement
le rapport social fondamental qui structure le capitalisme : le système de la dette.
Sociologue et philosophe, Maurizio Lazzarato vit et travaille à Paris où il poursuit des recherches sur le travail
immatériel, l’éclatement du salariat et les mouvements « post-socialistes ». Il a notamment écrit Intermittents et Précaires (avec Antonella Corsani, 2008) et Expérimentations politiques (2009).
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Bien sûr, cet essai est d'une incontournable actualité ; mais il est surtout intéressant parce qu'il tente de prendre de la hauteur et qu'il se présente comme une réflexion sur le temps économique. Pour l'auteur, philosophe et sociologue, le paradigme du social n'est pas l'échange symbolique, mais le rapport créancier-débiteur.
"Transformer chaque individu en sujet économique endetté", telle est la logique du système dans lequel nous vivons aujourd'hui. L'Homo debitor, affirme Maurizio Lazzarato, est la nouvelle figure de l'Homo economicus. Il n'a plus de droit au logement, mais un crédit immobilier. Il n'a plus de droit à la scolarisation mais, sur le modèle anglo-saxon, à des prêts pour payer ses études.
OUTIL DE CONTRÔLE SOCIAL
La dette, et c'est la principale piqûre de rappel salutaire de ce livre, est donc un formidable outil de contrôle social. Elle permet "de disposer à l'avance de l'avenir". Elle conjure de façon anticipée "toute bifurcation imprévisible des comportements". Derrière la "fabrication éthique de l'homme endetté", l'auteur voit le résultat d'"une morale de la culpabilité". Il convoque Marx, Nietzsche, Foucault de façon un peu lourde, parfois.
Ce qui est stimulant dans sa pensée, c'est l'idée que l'on n'en a jamais fini avec la dette. Une de ses thèses les plus audacieuses, et donc évidemment discutable, est que le passage d'une dette finie à une dette "infinie", est caractéristique de la modernité. L'homme endetté serait le Sisyphe des temps modernes.
Une nouvelle séquence politique s'ouvre, estime M. Lazzarato, dont il est difficile d'anticiper les conséquences. Il y a un moment où le rapport créancier-débiteur finit par devenir un "chantage" permanent, écrit-il. En omettant de souligner que le chantage peut fonctionner, aussi, à double sens.
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