Je n'ai pas pour habitude de tirer sur les ambulances. En l'occurrence celle-ci
appartient plutôt à la famille des chars Leclerc.
Mais j'ai du mal voyez-vous à dissimuler ma "perplexité" quand je lis certaines chroniques dans les journaux.
Une perplexité qui génère un malaise qui me noue les tripes s'agissant d'une
personnalité publique que j'ai connue.
Lorsque Pierre
Bédier fut élu Maire de Mantes-La-Jolie en juin 1995, j'étais le Directeur des Affaires Culturelles de cette ville de 45 000 habitants centre d'une agglomération de 100 000
habitants.
La majorité de mes collègues de l'époque avaient fait confiance à
sonengagement écrit de ne pas pratiquer la chasse aux sorcières "anti
socialo-coco-gaucho-bureaucrates-cadavres planqués dans les placards"..qui fait partie de la mythologie des haines populistes françaises de droite.
Ce à quoi il s'est livré -"chasse aux sorcières" entends-je - avec sa nouvelle
direction générale dès les premiers mois qui ont suivi son installation à l'Hôtel de Ville avec une grande brutalité, congédiant les chefs de service et les cadres du jour au
lendemain.
Ainsi l'une de mes collèguesau coursd'un pot publique, fut invitée par le Directeur Général des services de l'époque à rester chez dès le lendemain matin pour chercher un autre poste.
Cette "chasse aux sorcières" sans fondement s'est muée par la suite en turn over
des nouveaux cadres qui ne semblaient jamais satisfaire les exigences irrascibles des directeurs généraux dont certains ont eux-mêmes disparu dans la trappe du Père Ubu.
Après la période d'hybris - n'oubliez pas de cliquer sur le mot pour paraître plus intelligent que hier soir - de la première année,
par effet de contagion la méthode fut étendue par la suite à tous les réseaux d'acteurs locaux.
..."du passé faisons table rase"...
En quelques années un système néo féodal bien verroullé s'est installé sur
le Mantois. Système que j'ai pu observer in vivo si je puis dire, jusqu'à ce que je quitte Mantes-La-Jolie à la fin de l'année 2003.
Cette pratique de la chasse aux sorcières française, appelée aussi "système des
dépouilles", est une variante du "spoils system" américain. Aux Etats Unis, "le spoils system repose sur le
principe selon lequel un nouveau gouvernement doit pouvoir compter sur la loyauté partisane des fonctionnaires, et donc remplacer ceux qui sont en place par
des "fidèles". Il est mis en place aux États-Unis sous la présidence d'Andrew Jackson qui, après son élection, remplace la quasi totalité de l’administration. Il considère en effet, que le peuple donne mandat au
gagnant pour choisir les fonctionnaires dans ses rangs. Pour lui le service public ne doit pas être réservé à une élite mais accessible à tous. L'apogée du système se situe des années 1850
jusqu'au milieu des années 1880."
Or ceprincipe est contraire à la tradition républicaine
françaisequi veut que l'intérêt général, fondement des
valeurs démocratiques constitue une priorité absolue sur les intérêts particuliers ; et repose sur la continuité d'un service public respectueux de l'égalité d'accès de tous les
citoyens. Ceci explique l'obligation de neutralité politique et de réserve imposée aux fonctionnaires qui se doivent de dissocier leurs obligations professionnelles de leurs opinions ou
convictions personnelles.
En ce qui me concerne, je dois à la loyauté de certains agents placés sous mon
autorité d'avoir été informé que je figurais, après six mois de malaise dans cette administration sur la "liste noire" (Black list). J'ai eu la chance de pouvoir négocier mon licenciement
de cadre sup' non titulaire de la fonction publique dans les meilleures conditions (janvier 1996) ; en partie en raison de la reconnaissance de mes compétences et de mes résultats
antérieurs aussi bien par les élus de la majorité de gauche partante, que des élus de l'opposition de droite.
Il n'empêche que j'ai été profondément impressionné et marqué par le mépris, le
cynisme et la brutalité des méthodes mises en oeuvre à cette époque par cette équipe bonapartiste.
Avec le recul de 15 ans, je pense que l'on peut
s'accorder sur ce que Pierre Bédier a apporté à cette ville : une rénovation urbaine de qualité et la fin du harcèlement médiatique sur
Mantes-La-Jolie...
Mais....
"Le 20 mai 2009, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi de Pierre Bédier, confirmant
ainsi sa condamnation à 18 mois de prison avec sursis, à une amende de 25 000 euros et à trois ans de privation des droits civiques, entraînant une peine d'inéligibilité de six années pour
« corruption passive » et « recel d'abus de biens sociaux ». Pierre Bédier perd ainsi son mandat de conseiller général et de président du conseil général des
Yvelines.(Wikipédia)
Je lis dans la presse que ce grand expert de nettoyages en tous genres a décidé de
saisir la Cour Européenne des droits de l'homme, et tente d'organiser sa succession en installant un de ses proches à la tête du Conseil Général des Yvelines...
Connaissant l'homme, je ne serai pas étonné que, sorti de la politique par la porte
par une décision de justice pour une durée de 6 ans, il y rentre très vite par la fenêtre.
Les paris sont ouverts.
Tant il est vrai que le réseau en politique sait se montrer protecteur et renvoyer discrètement l'ascenseur au bon moment. Certes pour assurer des fins de mois devenues moins
confortables. Mais aussi pour préparer la reconquête. La politique est un métier dur, qui se supporte pas l'amateurisme ; mais si vous avez aimé le pouvoir et que vous en avez vécu, il est bien
rare que ne vous puissiez vous en passer.
Faîtes un petit effort et pensez à d'autres anciens maires revenus aux affaires après quelques démêlées avec la Justice.
Pour faire bonne mesure, si vous me le demandez, je vous raconterai à vous plus
particulièrement chers lect(rices)eurs socialistes comment et pourquoi un actuel Président de Région m'a débarqué de mon poste de directeur de théâtre municipal en 1985...
Surtout le comment.
J'ai dit.
Plume Solidaire
Le 28 mai
Ce message vous est envoyé par un visiteur grâce au formulaire de contact accessible en bas de page de votre blog: plumeacide.over-blog.com
réaction
quévarec
actuel chef de file de l'opposition de gauche à mantes-la-jolie, je reconnais dans vos propos ce qui se passe encore ce jour. Le DGS a changé mais les méthodes
demeurent !
si l'on peut se contacter par mail, ce serait avec plaisir.
j'attend de vos nouvelles.
Résumé de l'épisode précédent
Bédier au placard pour six ans
L'élu UMP a été sévèrement condamné pour corruption passive.
Par Fabrice TASSEL
QUOTIDIEN : mercredi 13 décembre 2006
L'ancien secrétaire d'Etat (UMP) aux prisons, Pierre Bédier, a été condamné hier à 18 mois de prison avec sursis, 50 000 euros d'amende et trois ans de privation de ses droits civiques. Ce
jugement, rendu par la XIe chambre correctionnelle de Paris spécialisée dans les délits financiers, concerne des faits de corruption passive et d'abus de biens sociaux.
Davantage que la prison avec sursis et l'amende, ce sont les trois ans de privation des droits civiques qui retiennent l'attention. Ils impliquent en effet que le condamné est inéligible pendant
le double du temps, soit six ans. Les élus impliqués dans ce genre d'affaires étant plus sensibles à l'inéligibilité on se souvient d'Alain Juppé qu'à la prison avec sursis, ce jugement a
donc voulu frapper fort. Pierre Bédier a fait appel, et celui-ci est suspensif.
La lecture du jugement, qui est conforme à ce qu'avait demandé le parquet, est également très sévère pour le député des Yvelines. A l'audience, le président du tribunal a ainsi déclaré que
«Pierre Bédier (avait) gravement porté atteinte à l'autorité de l'Etat, à des fins personnelles, et (avait) trahi la confiance que les citoyens avaient placé en
lui pour les représenter». L'affaire, qui avait coûté à Pierre Bédier sa place de secrétaire d'Etat, concerne des commissions versées à Bédier par Michel Delfau, un chef
d'entreprise (décédé), ami de l'élu, afin d'obtenir des marchés de nettoyage de Mantes-la-Jolie. Delfau a d'ailleurs décroché tous les marchés de nettoyage à Mantes-la-Jolie et Poissy depuis les
prises de pouvoir de Pierre Bédier, en 1995, et du député-maire (UMP) Jacques Masdeu-Arus en 1983. Ce dernier, ainsi que son premier adjoint et président de la commission d'appel d'offres Gilles
Forray ont aussi été condamnés hier à deux ans de prison avec sursis et cinq ans de privation de droits civiques. Les trois hommes ont été déclarés coupables d'avoir perçu ensemble environ 200
000 euros (1,3 million de francs de l'époque). En espèces, dans un vain souci de discrétion.
:
Plumeacide, écritures publiques et arts énergétiques internes chinois
:
Plumeacide est une histoire de fraternité républicaine avec celles et ceux qui s'embrouillent avec les chiffres et les lettres. Au fil des années il est devenu aussi la mémoire visuelle de ma pratique des arts énergétiques internes.