Dans sa newlsletter, le site cadremploi fait état du rapport annuel publié par la Maison Blanche. Ce document intitulé Economic Report of the President 2008 relève que « la durée de travail hebdomadaire est de 33,7 heures aux US. Ces millions d'américains qui vivent de petits boulots, ne dépassent pas 25 heures par semaine et font drôlement baisser les horaires hebdomadaires nationaux. (...) Du coup, l'Europe apparaît comme un continent de laborieux. Selon un rapport de l'organisme Eurostat, le nombre d'heures travaillées dans les pays de l'Union atteint 37,5 heures par semaine. » (...) Cette moyenne n'a été obtenue que par la seule grâce d'une profonde disparité entre ceux qui ont un bon job, dans l'industrie ou ailleurs, et travaillent 40 ou 41 heures par semaine et tous les autres.
Ainsi, comme l'indique l'article de cadremploi, les français ne seraient peut-être pas aussi fainéants que certains tentent de nous le faire croire. Mais surtout, cette étude laisse supposer que la dérégulation du marché du travail en France pourrait nous faire connaître une tendance identique à celle des USA. La conséquence en serait, que les effets cumulés du détricotage progressif de la loi sur les 35 heures, de la rémunération des heures supplémentaires (au détriment des emplois à temps partiels), et des départs en retraite massif des baby boomers, pourraient conduire paradoxalement à la fois au plein emploi, à l'accroissement du sous-emploi, et à la précarisation d'une partie importante des salariés..Cette mécanique économique ne manquera pas de contribuer aussi à l'accroissement du pouvoir d'achat d'une partie des salariés français : ceux qui bénéficient d'un CDI, d'un travail à temps plein, des heures supplémentaires, des primes d'intéressement...Ils se lèveront tôt et se coucheront de plus en plus tard, mais seront récompensés. Et quant « on » travaille beaucoup, « on » se surpasse, et quand « on » se surpasse, « on » se sent fort. Et « on » ne se sent pas toujours très compréhensifs pour ceux qui travaillent moins !
Cette évolution alimenterait ainsi le sentiment de supériorité, d'intolérance ou de paternalisme de ceux qui sont « in », c'est-à-dire de ceux qui sont de plain pied dans le monde du travail et dans la mondialisation...à l'égard ceux qui sont « out ».
Reprenons le raisonnement pour conclure partiellement. Le maintien de la croissance pourrait donc se conjuguer avec le plein emploi et un développement des inégalités des revenus du travail sans précédent. La fraction des salariés dont les revenus seraient les plus bas ne manquera non plus d'être la plus touchée par les conséquences de l'inflation consécutive à la montée des prix des matières premières et de l'énergie. Dans l'indifférence de celles et ceux qui bénéficient des mesures en faveur de la rémunération des heures supplémentaires ?
Qu'en adviendrait-il de la fraternité républicaine et de la solidarité ?
Au plan politique, les responsables nationaux auront beau jeu de chanter les louanges de la croissance et du plein emploi dont profitent les uns, ainsi confortés, tout en passant sous silence les difficultés économiques croissantes des autres.
Que pensez-vous de cette réflexion pessimiste ? Vous semble-t-elle plutôt juste, ou partiale et subjective ?
Plume Solidaire
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