L'Observatoire des inégalités
Contrôle renforcé des bénéficiaires de la Couverture maladie universelle complémentaire
Le 29 février 2008
La durée de validité de la Couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) sera réduite de un an à trois mois afin d’exercer un contrôle plus régulier des ressources des demandeurs et ainsi éviter les fraudes, a annoncé Eric Woerth, ministre français du budget et des comptes publics.
Depuis l’an 2000, la CMU-C s’adresse aux assurés dont les revenus ne dépassent pas 606 euros par mois, et leur permet de bénéficier d’une complémentaire santé gratuite. Derrière l’excuse de rapidité et ou d’efficacité dans la délivrance de ce droit social, c’est encore la crainte du pauvre, abusant du système, qui se révèle ici. Cette guerre contre la fraude permet aux autorités publiques, à travers de nombreux décrets notamment, de demander un zèle inapproprié à ses employés face à des personnes qui ne peuvent tout simplement pas financer par eux-mêmes des soins médicaux. Les populations les plus précaires sont généralement en moins bonne santé que les classes sociales supérieures. Pourtant, ce sont elles qui se déplacent le moins pour bénéficier de soins. Cet exemple illustre une nouvelle fois la tendance actuelle des services publics, notamment ceux destinés aux plus démunis, à favoriser une lutte sans ménagement contre la fraude, au détriment de la justice sociale.
Contrairement aux déclarations de M. Woerth, qui considère que certains contrôles se font dans l’urgence, un communiqué de Médecins du Monde rappelle les difficultés d’obtenir cette complémentaire santé. Ainsi, sur les 6 millions d’individus qui pourraient prétendre à la CMU-C, seuls 5 millions d’entre eux en bénéficient.
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