Cet usager, appelons-le Yacouba par convention, est coutumier de ma permanence au
point qu'il va entrer dans le Conseil d'Administration de l'association que je préside.
Yacouba donc, a la singularité d'être tenace. Notre
collaboration d'ailleurs, semble se révéler fructueuse pour son fils, et a permis de "clarifier" ses relations avec un frère qui vit sous nos cieux parisiens.
En la circonstance il s'agit là de sa soeur...et d'un autre frère parisien.
Et cette micro saga familiale à l'africaine n'est pas pour déplaire à ma saine curiosité, tant celle-ci m'est utile pour l'édification de ma connaissance du monde réel.
Une histoire de famille qui pourrait bien finir dans la rubrique
"Chronique d'une permanence d'écrivain public"...où je viens de la
ranger !
Alors... voilà que la réponse de la Mairie de Marseille concernant la soeur de Yacouba,
que nous appellerons Rachida pour le plaisir, Rachida qui naquit dans cette merveilleuse cité, risque de compliquer considérablement les relations au sein de la
famille.
Je m'explique. Un bref historique s'impose après cette entrée en matière ampoulée
!
Yacouba a reçu délégation de son père, retourné au Mali jouir de ses dernières années de
vie sous un climat moins délétère que le nôtre, pour régler les difficultés de sa soeur en matière d'obtention de sa Carte d'Identité Nationale Française. Je vous laisse deux minutes pour relire
la lettre et le contexte :
Sur un joli papier à en-tête des armes de la Mairie de Marseille, elle informe
Yacouba par quasi retour du courrier que après enquête, le Ministère de l'Intérieur a fait savoir à ses services que les pièces d'identité de Rachida ont fait l'objet d'une usurpation
d'identité, et que pour plus de renseignements il peut s'adresser directement au Procureur de la République de Marseille !
Décolage du missile sur le Vieux Port de Marseille
Yacouba est très content de cette lettre et va m'expliquer pourquoi. Son Papa en
rentrant au Mali lui a confié tous les documents d'état civil de Rachida pour qu'il continue à effectuer les démarches en vue d'obtenir sa Carte Nationale d'Identité. Mission à laquelle il
s'est attaché avec conviction en vain, comme on sait.
Dès réception de la lettre de Marseille, Yacouba appelle l'ancètre à Bamako. Et le père
de lui expliquer qu'il était au courant de cette affaire, car l'un de ses autres fils qui vit en région parisienne a utilisé les papiers de sa soeur Rachida restée au Mali.
Pour quoi faire précisément, ni Yacuba ni moi n'en savons rien.
Yacouba raccroche et appelle le frère francilien. Frère qui reconnaît tout de go qu'il
a été convoqué par la Police où il a avoué qu'il s'est servi des papiers de sa soeur...
Tout s'éclaire mais tout se complique aussi. Et nous voilà Yacouba et moi à réfléchir
aux enjeux et aux conséquences...
Je ne suis pas juriste mais tout de même, j'ai reçu une éducation très catho où le bien
et le mal occupent une place importante, et d'où il ressort que respecter la loi c'est bien, et le contraire c'est pas bien. Et quand on connaît la qualité du séjour dans nos prisons, et au vu
des derniers rapports qui traitent du degré d'épanouissement professionnel des gardiens, ça incite plutôt à la prudence. Chui com'ça. Mais moi je suis un français pur sang et cent pour cent de
sol du moins jusqu'au XVIème siècle d'après mes documents d'état civils les plus anciens. Avant, je sais pas !

L'entrée de la kâaabâne au fond du jâaardin...(Françis
Cabrel)
Mais le père de Yacouba, la soeur de Yacouba, le frère de Yacouba, eux ils n'ont pas la même notion sur ces choses là que nous...A Bamako il y a peut-être un peu plus de papiers gras dans les
rues, mais sans doute moins de papier d'identité.
Sous le grand baobab de la Maison des associations, j'ai laissé errer mon imagination
dans différentes directions, et consulter mes propres auspices, pour faire comprendre à Yacouba - qui a parfaitement percuté - que pour la loi française les pièces d'état civil de sa soeur lui
sont propres, qu'elle en est responsable même si elle n'est pas l'auteur d'une quelconque infraction, délit ou crime ! Imaginez lui dis-je que votre Carte Nationale d'identié et votre
passeport soient rangés dans un tiroir du meuble de la cuisine de votre Papa à Bamako ? Est-ce bien leur place naturelle lui fis-je, pour autant qu'il eût pu jamais jouir des commodités
d'un tiroir dans un meuble quelconque dans sa cuisine malienne toute équipée ?
Mon baobab préféré pour réfléchir à la Maison des
associations
Quant à votre frère francilien, il aurait intérêt à prendre un bon
avocat...crains-je.
Et vous mon cher Yacouba, si vous persévérez à si bien vous occuper de votre
petite soeur, j'ai bien peur que cela ne gâte un peu vos relations familiales. Est-ce vraiment opportun de demander plus amples renseignements au Procureur de la République de Marseille ? Pas
sûr...Peut-être un jouuur, mais y a pas urgence.
Pour l'heure, Yacouba prend mon conseil et va s'informer auprès d'un avocat de ses amis
pour en savoir plus sur ce qu'il en coûte pour le porte-monnaie du délinquant et d'une possible incarcération dans une géôle républicaine, quand on trafique des papiers d'identité en France.
Quant à sa petite soeur injustement mais légalement mise en cause, souhaitons lui de continuer à couler des jours heureux et innocents sous le soleil de Bamako.
Loin de notre belle France au climat tempéré certes, mais à l'hospitalité pour le moins incertaine, puisque sélective. Je veux dire très... choisie.
J'ai dit.
Plume Solidaire
Je viens de lire ça de bon matin sur le site RTL :
L'enfer d'un jeune homme victime d'usurpation d'identité
C'est une histoire de fou, un cauchemar que vit depuis cinq ans un jeune homme de 29 ans. Loïc-Xavier Laroche habite Riorges, près de Roanne, dans la Loire. Loïc-Xavier Laroche est harcelé par
les banques, le fisc et différents organismes de prêts. Motif : quelqu'un utilise son nom, sa date de naissance et son numéro de Sécurité Sociale pour travailler et multiplier les dettes. Malgré
plusieurs plaintes déposées, l'administration fait la sourde oreille. Il lance aujourd'hui un appel au secours.