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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 16:28

C'est bien connu, time is money, le temps c'est de l'argent.



 

Parfois, il arrive au cours de mes permanences que des personnes se plaignent  discrètement qu'elles ont du attendre longtemps. Elles ou ils, ont trouvé le temps long. Car le temps c'est bien connu est élastique : plus il s'étire et plus la conscience que nous en avons peut être douloureuse ;  plus il est court et plus nous pouvons avoir l'impression de gagner du temps. 



Au fond ce que beaucoup d'entre nous  cherchons à travers nos activités c'est de ne pas avoir conscience du temps qui passe.



Le principe des permanences d'écrivain public dans notre association, c'est que chaque usager  est accueilli avec la même considération humaine et son dossier est traité avec la même attention, qu'il  soit nécessaire  d'y consacrer 10 minutes ou une heure trente.



Personne ne sait véritablemet à l'avance, combien de temps il faudra pour effectuer une démarche, ou plus exactement répondre aux attentes légitimes exprimées par l'usager - et notre savoir-faire consiste à comprendre au-delà de la formulation -. Or ces attentes, on parle aussi de demande sociale - ne se réduisent pas, loin s'en faut à la démarche administrative.



Au cours de la plupart de ces rencontres, souvent uniques et éphémères, c'est de l'écoute et donc du temps que demandent les personnes. Et c'est ce temps que nous écrivains publics bénévoles pouvons leur offrir, puisque notre activité n'est pas marchandisée.



L'usager a donc la garantie morale de l'intérêt de l'écrivain public, garantie dont la conséquence est qu'il  réservera à sa démarche le temps qu'il faudra, pour au moins la faire avancer d'une étape.



Alors à ces personnes qui parfois expriment de temps à autre un peu d'impatience, je leur explique que nous ne demandons pas et n'acceptons pas de contrepartie financière ou matérielle aux prestations que nous donnons.



Et que la contrepartie que nous leur demandons, ce que nous attendons d'eux en échange c'est de la patience qu'ils donnent aux personnes qui les précèdent. Et donc de comprendre, humainement parlant, que la prestation demandée par les  personnes avec lesquelles elles ont partagé ce temps d'attente, est aussi honorable et respectable, que la leur. Nous leur demandons en fait de prêter en quelque sorte - comme on dit prêter attention  à ...- du temps aux autres usagers.



Dans ce sens, les personnes qui ont recours aux services des écrivains publics sont au sens propre du terme, des patientes et des patients.


La patience serait là l'expérience du temps donné, du temps partagé, du temps solidaire, du temps fraternel.



En conséquence,  de désormais jusqu'à dorénavant, je ne rappellerai plus à la personne chargée de l'accueil à la Maison des Associations,  qui avec un sourire espiègle aime me dire « vous avez déjà  x patients  qui vous attendent»,  que « nous n'avons pas des patients, mais des usagers ».



J'ai  donc le plaisir de vous de vous annoncer  que j'ai dépassé la semaine dernière,  le nombre de 200 patients reçus depuis le mois septembre dernier, et par la même occasion , que cet article est le 401 ème de ce blog !




Plume Solidaire

 




Lire d'autres chroniques des permanences : A quoi sers-je ?

Visuel : La gestion du temps


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