
Indemnisation du chômage :
une convention pour temps de crise
Il n'en est plus de même aujourd'hui. La conjoncture s'est retournée. Une crise financière sans précédent s'est abattue sur l'économie. Des sommes considérables ont été mobilisées pour soutenir les banques pourtant responsables d'excès à grande échelle et parfois de fraudes.
L'urgent, reconnu par tous, est de soutenir l'activité et de reconstituer la confiance, et, en même temps, d'amorcer une nouvelle forme de développement, plus durable et plus solidaire.
Alors que le nombre de demandeurs d'emploi s¹accroît, signe avant-coureur de l¹intensification des difficultés de retour à l¹emploi que vont connaître, dans les mois qui viennent, ceux qui en sont privés ou qui vont l'être, l'assurance-chômage ne peut rester à l'écart de cette reconstruction générale et faire comme si rien ne s'était passé.
Dans les circonstances présentes, l'assurance-chômage :
- a tout d'abord vocation à être contra-cyclique, ce qu'elle n'a pas toujours été dans le passé, quitte à accepter temporairement de redevenir déficitaire ;
- doit redonner confiance aux chômeurs, au minimum en maintenant les niveaux et durées d'indemnisation existants ; elle doit couvrir mieux les emplois de courte durée, ainsi que les jeunes à la recherche de leur premier emploi. C'est comme cela qu'elle accompagnera efficacement la création du RSA et évitera la tentation de tout faire reposer sur lui. Dans cette perspective, elle doit également maintenir et améliorer le régime des activités réduites ;
- doit, parallèlement, conforter les entreprises dans la nécessaire montée en puissance de leur responsabilité sociale et, par exemple, étendre aux cotisations chômage les mécanismes existants d'allégement de charge, ce qui permettrait de créer des emplois et d'améliorer notre compétitivité externe.
Rappelons que le système d¹indemnisation du chômage est partie intégrante de la protection sociale, l¹un des trois impératifs de la politique européenne d¹inclusion active. Sauf à perdre de vue sa raison d¹être et à abandonner les perspectives ouvertes par la flexicurité en matière de fonctionnement du marché du travail, son niveau doit contribuer à sécuriser les parcours professionnels.
Simultanément, dans une perspective de solidarité, il faut s'orienter, comme cela a été fait pour la retraite et pour la santé, vers une universalisation de l'assurance chômage : tous ceux qui travaillent, notamment ceux qui bénéficient de la sécurité de l'emploi, doivent progressivement cotiser afin que tous puissent être mieux couverts, y compris ceux qui prennent le risque d'entreprendre.
Vouloir faire supporter de façon préférentielle aux demandeurs d'emploi les conséquences de la crise et risquer de détruire le potentiel humain qu¹ils représentent irait à rebours de ce qui est aujourd'hui nécessaire.
Jessica Holc - jessica.holc@snc.asso.fr - 01 42 47 13 41 - www.snc.asso.fr
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