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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 14:49

 

 

Pour se rendre d'un site à l'autre des massacres de vendredi, il suffisait de suivre le flux le plus dense de la population sur les trottoirs parisiens. Marcher le long du canal Saint Martin et passer devant l'Hôtel du Nord rappellera désormais au promeneur qu'il suit l'itinéraire de jeunes fous  qui, en quelques heures tragiques, ont assassiné 129 personnes et blessé plus de 352 autres - dont une centaine sont entre la vie et la mort .

En se recueillant devant les monceaux de gerbes de fleurs et les bougies en souvenir des vies fauchées, on est saisi par la réalité de l'horreur qui émane de ces scènes d'apocalypse planifié dans des lieux qui représentent la liberté, la rencontre et la confiance dans la vie.

 

Plume Solidaire

 

11 h 30 - rue Bichat - Le petit Cambodge et Le Carillon - 15 décès et 10 victimes en "urgence absolue"
11 h 30 - rue Bichat - Le petit Cambodge et Le Carillon - 15 décès et 10 victimes en "urgence absolue"
11 h 30 - rue Bichat - Le petit Cambodge et Le Carillon - 15 décès et 10 victimes en "urgence absolue"
11 h 30 - rue Bichat - Le petit Cambodge et Le Carillon - 15 décès et 10 victimes en "urgence absolue"
11 h 30 - rue Bichat - Le petit Cambodge et Le Carillon - 15 décès et 10 victimes en "urgence absolue"

11 h 30 - rue Bichat - Le petit Cambodge et Le Carillon - 15 décès et 10 victimes en "urgence absolue"

12 h rue de la fontaine au roi - A la bonne bière, Lavatronic et Casa nostra - 5 personnes tuées et 8 blessées
12 h rue de la fontaine au roi - A la bonne bière, Lavatronic et Casa nostra - 5 personnes tuées et 8 blessées
12 h rue de la fontaine au roi - A la bonne bière, Lavatronic et Casa nostra - 5 personnes tuées et 8 blessées
12 h rue de la fontaine au roi - A la bonne bière, Lavatronic et Casa nostra - 5 personnes tuées et 8 blessées
12 h rue de la fontaine au roi - A la bonne bière, Lavatronic et Casa nostra - 5 personnes tuées et 8 blessées

12 h rue de la fontaine au roi - A la bonne bière, Lavatronic et Casa nostra - 5 personnes tuées et 8 blessées

16 h - boulevard Richard Lenoir - Le Bataclan - 89 morts et de très nombreux blessés - Le site est protégé et la population tenue à distance -
16 h - boulevard Richard Lenoir - Le Bataclan - 89 morts et de très nombreux blessés - Le site est protégé et la population tenue à distance -
16 h - boulevard Richard Lenoir - Le Bataclan - 89 morts et de très nombreux blessés - Le site est protégé et la population tenue à distance -
16 h - boulevard Richard Lenoir - Le Bataclan - 89 morts et de très nombreux blessés - Le site est protégé et la population tenue à distance -
16 h - boulevard Richard Lenoir - Le Bataclan - 89 morts et de très nombreux blessés - Le site est protégé et la population tenue à distance -

16 h - boulevard Richard Lenoir - Le Bataclan - 89 morts et de très nombreux blessés - Le site est protégé et la population tenue à distance -

La belle équipe

La belle équipe

16 h 45 - rue de Charonne - La belle équipe - 19 morts

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 14:29

 

Au bout du tramway voici le pont poisseux qui se lance au-dessus de la Seine, ce gros égout qui montre tout. Au long des berges, le dimanche et la nuit les gens grimpent sur les tas pour faire pipi. Les hommes ça les rend méditatifs de se sentir devant l'eau qui passe. Ils urinent avec un sentiment d'éternité, comme des marins. Les femmes, ça ne médite jamais. Seine ou pas.

 

Louis -Ferdinand Céline

Voyage au bout de la nuit - éditions Denoël et Steele

(62 ème édition, 1932 - p.297 et 298)

Kékette Red, la boisson préférée des Bonnets Rouges ? - Publicité sur le port de Saint Malo - avril 2015

Kékette Red, la boisson préférée des Bonnets Rouges ? - Publicité sur le port de Saint Malo - avril 2015

Article enrregistré à l'origine le 14 octobre 2010

Proposition : une journée de travail d'intérêt général
à nettoyer et désinfecter les endroits souillés

 

- Hé Monsieur, les arbres n'ont pas besoin d'être arrosés avec de la pisse ! Vous avez une sanisette gratuite à 200 mètres !

- ....?!! (le jet s'interrompt une seconde et reprend de plus belle)

- Monsieur, vous n'avez pas honte d'uriner en public et de vous exhiber à côté des femmes et des enfants qui passent à côté de vous ? 

- Laissez- moi tranquille, je ne vous ai rien demandé !

- Monsieur, ce sont les chiens qui urinent dans la rue, nous les hommes nous utilisons des WC !

- Fais-moi pas chier, pauv' con !

- Monsieur, l'urine ça pue, et des centaines de passants vons sentir l'odeur de la vôtre aujourd'hui !

- Ta gueule connard, va te faire en...

- Monsieur, vous savez comment on appelle les gens qui font comme vous ? Des porcs !

Tel est le genre d'échange verbal riche en émotion auquel vous vous exposez quand vous vous avisez de jouer votre rôle de citoyen en rappelant la règle élémentaire du respect d'autrui dans l'espace public.

Ce dialogue scatologique est bien loin de m'inspirer la pitié que ressent Cormery dans Le Premier homme d'Albert Camus, quand il entend son oncle Emile Ernest Etienne jouir d'uriner sur la plage. Une pitié que Raphaël Enthoven commente en ces termes: "c'est une pitié qui bascule en piété non religieuse, en piété pout tout ce qu'on doit à ceux qui nous entourent. Ce flot de tendresse et de pitié, cette piété c'est de l'amour"1.

A mes yeux l'homme qui urine dans l'espace public et en public, porte injure à la conscience civique commune. C'est une insulte à tout ce qu'on doit à ceux qui nous entourent et à ceux qui sont en charge d'entretenir le patrimoine urbain collectif.

Ce qui me rend le plus perplexe, c'est l'indifférence des hommes qui passent à proximité et qui pourraient intervenir, au lieu de se fondre dans leur Smart Phone.

Le civisme dans la rue commence par le respect de la propreté* et de l'hygiène publique*, qui sont de la responsabilité de tous. La nécessité des "brigades anti-pipi", qui ont un coût pour la collectivité, ne dispense pas l'ensemble des citoyens d'agir pour dénoncer frontalement cette forme de sans-gène provocatrice ou de frivolité indécente; en perturbant ceux qui méprisent le droit à un cadre de vie commun tranquille (impudeur), propre (écoulements), sain (bactéries), et dépourvu de mauvaises odeurs.

La pollution n'est pas que dans l'air; elle sort aussi de la culotte du voisin.

Citoyens, polluons la vie des cochons urbains ! 

Pourchassons les pisseurs de rue, les incontinents désinvoltes et les sans pudeur jusqu'à la dernière goutte ! Vive les toilettes publiques ! Gloire aux vespasiennes ! Honneur aux sanisettes ! Bienvenue aux latrines ! Alléluiah aux cabinets d'aisances !

Aux chiottes les pisseurs ! Aux chiottes les pisseurs !

Moralité : the last drop is always for the trousers...

 

Plume Solidaire

*crachats, papiers, ordures ménagères, pots de peinture, encombrants...

1. ( France culture - Le gai savoir du 26 avril 2015 consacré au Premier homme - 52 ème minute)

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La brigade "anti-pipi" de Paris fait fureur… à l’étranger

 

Un article dans le Wall Street Journal a suffit pour que les bloggeurs américains s’intéressent massivement à "l’épanchement d’urine" dans les rues de Paris.

 

Le piéton à Paris connaît l’odeur, présente dans certaines rues, couloirs de Métro, halls d’entrée… La plupart des habitants de la capitale ont également déjà assisté, malgré eux, à l’acte qui y a conduit. Le "pipi dans la rue", (ou "l’urine sauvage" comme on l’appelle aussi), reste malheureusement une pratique répandue.

 

Ce que moins de gens savent, c’est qu’il existe une brigade à Paris qui s’occupe de verbaliser les personnes responsables de souiller ainsi la capitale. Autrement dit, les personnes incapables de trouver l’une des 400 sanisettes de la ville (dont l’utilisation est gratuite depuis 2006, rappelons-le) ou de se retenir jusqu’à l’arrivée chez eux ou dans un endroit muni d’un WC.

 

La brigade des incivilités de la ville de Paris, forte de 88 agents, ne s’occupe cependant pas que de délivrer des amendes aux hommes qui font pipi dans la rue (car oui, ce sont majoritairement des hommes - rendons à César ce qui est à César, même s’il n’y a pas de quoi être fier).

 

Ils s’occupent aussi de verbaliser ceux et celles responsables d’autres gestes inciviques, comme le non-ramassage des déjections canines (passible d’une amende de 180 €, et même de 360 € en cas de récidive) ou le "dépôt sauvage" de déchets sur la voie publique (jusqu’à 450 € d’amende).

 

Mais, c’est bien la lutte anti-pipi qui a retenu l’attention de Susana Ferreira, journaliste à Wall Street Journal. Elle a publié la semaine dernière un article et un reportage filmé sur la brigade chargée de lutter contre l’épanchement d’urine dans Paris.

 

Ses "révélations" ont aussitôt été reprises par des bloggeurs américains influents, visiblement ravis de savoir que ce problème existe aussi Outre-Atlantique (la ville de New York a délivré 18 500 citations à comparaitre pour ce délit cette année !). De quoi créer un véritable "buzz" qui a fini par revenir en France (via Courrier International, dans Direct Matin, par exemple).

 

Quant à savoir si cela va avoir un effet direct sur les "pipi-pollueurs", c’est une autre question… En tout cas, ce ne serait pas une mauvaise chose. Les PV pour "épanchement d’urine sur la voie publique" ont augmenté de 46,8 % en 2008 et on s’attend à une augmentation supérieure pour 2009 (plus de 2000 PV dressés avant la fin de l’année). Le montant de l’amende peut actuellement aller jusqu’à 450 €.

 

En moyenne, 56 000 m2 dans Paris sont souillés d’urine par mois (et jusqu’à 65 000 m2 aux beaux jours). Aucun quartier n’y échappe, mais les 10e, 11e et 18e arrondissements seraient les plus touchés…

 

Uriner dans la rue : jusqu’à 450 € d'amende
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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 08:00

 

Lire : La prostitution chinoise à Belleville

 

A Belleville,

les prostituées chinoises sortent de l’ombre

 

Source : les inrocks

17 décembre 2014

Par Camille Emmanuelle

 

Ce 17 décembre, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux travailleuses et travailleurs du sexe, plusieurs associations appellent à un rassemblement à Belleville à 18 h 30. Parmi elles, un nouveau collectif de femmes chinoises prostituées. Reportage sur la naissance d’un mouvement d’empowerment.

 

20 h, un vendredi soir de novembre, à Belleville. Des riverains sortent des supermarchés, les sacs pleins. On s’attable pour l’apéro sur les terrasses chauffées de ce quartier populaire et vivant du Nord-Est parisien. Sur le boulevard, une femme chinoise, la cinquantaine, attend, abritée du vent, dans une cabine téléphonique. Quatre autres sont adossées à un immeuble. Deux femmes marchent dans un sens, puis dans l’autre, se tenant par le bras.

Ces femmes sont celles que l’on appelle les “marcheuses” de Belleville. Prostituées, moyenne d’âge 42 ans, elles viennent du Dongbei, une région du nord de la Chine sinistrée par la crise industrielle. Migrantes économiques, souvent divorcées et sans ressources en Chine, elles sont venues pour travailler dans la confection, la restauration, ou pour être nounous pour des “Wenzhou”, la communauté issue de la deuxième vague d’immigration chinoise, installée en France de longue date.

 

De nounou à prostituée

 

Elles se retrouvent à travailler sept jours sur sept pour 400 euros par mois dans des emplois au black. Sans papiers, sans autre opportunité, ne parlant pas français, certaines d’entre elles décident alors, après plusieurs emplois précaires, de “descendre à la mer” (Xia hai). L’expression, en Chine, signifie que l’on quitte un emploi dans le secteur public pour aller dans le privé, avec tous les risques que cela comporte. Elles ont recyclé cette phrase pour dire – par exemple – qu’elles sont passées de nounou à prostituée.

Pour venir travailler en France avec un visa touristique, elles ont payé entre 8 000 et 12 000 euros leurs passeurs, et doivent de l’argent à leur famille ou à des connaissances. Mais lorsqu’elles se retrouvent sur le trottoir, elles sont majoritairement indépendantes. Ceux ou celles qui font les “macs”, ce sont les propriétaires qui louent à prix fort les appartements où elles font leurs passes. Tous les habitants de Belleville, et beaucoup de Parisiens, voient quotidiennement ces femmes. Elles sont d’ailleurs de plus en plus nombreuses. Le procès récent de Tarek bin Ziaed, le meurtrier de l’une d’entre elles, Yuan’é Hu, et le meurtre en mai dernier d’une autre de ces femmes ont tristement révélé les violences dont elles sont victimes.

On les voit, donc. Mais qui les entend ? Médecins du Monde a créé le Lotus Bus il y a douze ans. A l’époque, l’ONG constate que peu de ces femmes sont informées sur la prévention du VIH et des MST. Elles sont isolées et ne connaissent pas leurs droits. L’association fait alors appel à des bénévoles sinophones. Depuis le Lotus Bus a intégré une quarantaine de bénévoles, et trois salariés, dont Tim Leceister, coordinateur, jeune trentenaire bilingue. “En Chine, raconte-t-il, la sexualité est un sujet tabou, et ça l’était d’autant plus à l’époque où elles étaient jeunes. On parlait de planification familiale, mais pas de sexualité, et encore moins de VIH.”

 

Ce vendredi soir, près du métro Belleville, une quarantaine de femmes font la queue devant le bus. Elles seront plus de deux cent à y passer, entre 20 h et 23 h. A l’intérieur, Julan Huang, coordinatrice, et trois bénévoles, Philippe, Elise et Thierry s’affairent dans quatre mètres carrés. Chaque femme en montant dans le bus montre une carte, et en échange on leur donne un petit sac en papier avec à l’intérieur vingt-quatre préservatifs, un tube de gel lubrifiant, et parfois des choses spécifiques qu’elles ont demandées à l’avance : digues dentaires, préservatifs féminins, etc. Une femme demande à Elise des préservatifs rouges. “Ce sont les plus demandés, en capotes de couleur, elles les utilisent quand elles ont leurs règles” précise Elise.

 

Des ateliers avec la police

 

Philippe, médecin, explique en chinois à une femme où se trouve l’hôpital Saint-Louis, tandis que Julan s’isole dans une petite pièce avec une nouvelle arrivante, pour un premier entretien individuel. Cet entretien est obligatoire pour avoir la carte qui donne droit aux préservatifs. Il permet à l’équipe du Lotus Bus de faire un état des lieux de leurs connaissances, d’expliquer à chaque femme en quoi l’association peut les aider et enfin de les informer sur les consignes pour leur sécurité, contre les clients violents.

Les règles de base : discuter avant, se faire payer avant, décider des pratiques, décider du lieu et prévenir une autre femme quand on part. Médecins du Monde est une association qui travaille sur la santé. “Mais,insiste Tim, la santé, ce n’est pas juste ne pas avoir le VIH. La santé, c’est un bien-être global, c’est maitriser son environnement, c’est avoir des droits et avoir accès aux services sociaux et à des papiers, c’est aussi l’autonomie et l’intégration dans sa citoyenneté.”

On retrouve Tim Leceister au sein des locaux de l’ONG, avenue Parmentier dans le XIe arrondissement. “Récemment on a travaillé avec les commissariats de quartier, pour organiser ici un atelier avec des agents de police, sur le thème  : Comment porter plainte. C’est positif, car c’est un véritable enjeu.”

Autre atelier, organisé l’année dernière : la question de la pénalisation des clients. Le projet de loi inquiétait beaucoup de femmes. “La majorité ne comprenait pas, affirme Tim. On a essayé de leur expliquer la loi, et le fait que pour ceux qui l’ont écrite, le sexe ne devrait pas être monnayé. Mais c’est loin de leur réalité, elles nous répondaient ‘Mais ils veulent quoi alors ? Qu’on bosse gratuitement ?’

 

Si la pénalisation des clients de prostituées par une amende de 1 500 euros ne figure plus à ce jour dans la proposition de loi de “lutte contre le système prostitutionnel”, la rumeur de cette loi a circulé, dans la rue, à Belleville et à Crimée. Certaines se sont alors mises à travailler au milieu de la nuit pour éviter la police, elles se sont isolées et, pour compenser la baisse de clientèle, ont accepté des clients qu’elles auraient normalement refusés.

Autre effet pervers, constaté par Tim Leicester : “Beaucoup de femmes ont migré vers internet. Ce qui est plus à risque, vis-à-vis de la violence et de l’exploitation. Elles n’écrivent pas le français, donc il y a des intermédiaires qui gèrent leurs annonces, les paiements, et qui prennent 50% de leurs recettes. Elles ne choisissent pas leurs clients et on les envoie dans des villes de province. Elles se retrouvent dans des apparts à enchaîner les passes. Que ce soit dans la rue ou sur internet, ce qui est important, c’est le niveau de maitrise sur ses conditions de travail. Sur internet, elles perdent une partie de cette maîtrise. Belleville, ce n’est pas l’eldorado, mais elles connaissent le quartier et elles sont entourées.”

Entourées et solidaires. La question de l’empowerment est une des priorités de Médecins du Monde. “On défend l’accès aux soins des prostituées mais on ne représente pas ces personnes. Il n’y a qu’elles qui peuvent parler pour elles. Et on encourage cette parole.”  Elles ont organisé l’année dernière une manifestation, un flashmob, et ce sont elles qui ont décidé des slogans. Au printemps dernier, elles ont écrit un courrier, pour protester contre les arrestations. Traduit par l’équipe du Lotus Bus, le courrier a été signé par 200 femmes et envoyé aux mairies et aux commissariats du quartier. “Ce sont des démarches positives, pragmatiques et enrichissantes pour ces femmes, qui sont pleines de ressources. Elles deviennent actrices de leur situation. Il y a même une délégation qui est en train de créer une association !”, annonce Tim, avec un grand sourire.

 

 

Les dangers de l’escorting via internet

 

Depuis quelques semaines, le mercredi après-midi, dans un local associatif en face d’un commissariat, une douzaine de femmes se réunissent pour créer cette association. Le mercredi où on les rencontre, elles finalisent les statuts, avec l’aide du Strass (le Syndicat du travail sexuel) et des salariés du Lotus Bus. Elles préparent également la manifestation de ce 17 décembre, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux travailleuses et travailleurs du sexe.

Ajing, la présidente, est très claire sur les raisons d’être de ce mouvement : “Il s’agit de protéger et de défendre nos droits, de lutter contre la discrimination et la violence. Nous voulons créer plus de solidarité entre les travailleuses du sexe de notre communaut锓On veut aussi bien sûr commémorer nos sœurs mortes suite aux violences”, ajoute Ajing. Des violences qui, elles le rappellent, ont augmenté.

“Le problème, c’est qu’on a peur de la police donc on n’ose pas porter plainte. En Chine, on disait : en cas de problème, appelle la police. Ici on se dit entre nous : en cas de problème, démerde-toi !” dit-elle en riant. Elle prend un air plus sombre quand elle raconte son expérience personnelle. “Tout ça a un lien avec la violence, car les agresseurs savent qu’on a peur de la police. C’est le monde à l’envers. Un jour, c’était une période où j’avais des papiers, j’ai ramené un client et il ne voulait pas me payer. Il a essayé de me violer. Il a sorti son téléphone et a menacé d’appeler la police. Comme j’étais en règle, j’étais en position de force, je lui ai dit que c’était moi qui allais appeler les policiers. Il est parti. Mais aujourd’hui je n’ai plus de papiers. Je ne sais pas comme je gèrerais la situation si ça arrivait de nouveau”.

Elles confirment que l’escorting via internet est encore plus dangereux.“Quand tu travailles sur internet, le premier contact avec le client, raconte Ajun, c’est quand tu ouvres la porte, donc tu ne peux pas savoir s’il est bien intentionné ou pas. C’est arrivé à des collègues de se faire ainsi braquer avec une arme à feu. A Belleville, au moins, on voit les clients et on décide si on veut partir avec eux ou pas”.

Enthousiastes et déterminées, ces femmes découvrent petit à petit le militantisme associatif. “Il n’y a aucune vie associative en Chine, dit Ajic.C’est grâce aux échanges avec le Lotus Bus qu’on a eu cette idée. On a besoin d’une structure, pour prendre la parole. On veut aussi établir un dialogue avec les riverains, pour créer le moins de problèmes possible. Mais tout ça prend du temps”.

L’association n’est pas encore complètement créée, mais elle a déjà un nom : les Roses d’Acier. La présidente brandit fièrement le poing : “Les roses, c’est le symbole de la féminité. Et l’acier, c’est pour exprimer l’idée qu’on est fortes.” Elles attendent une centaine de travailleuses du sexe, ce 17 décembre, à Belleville. En attendant, elles ont fabriqué une boîte en carton avec un cœur dessiné dessus pour récolter des sous devant le Lotus Bus et elles collent des affiches, écrites en chinois, pour appeler à la mobilisation.

Aujourd’hui, elles ne seront pas des silhouettes muettes rasant les murs. Elles défileront groupées sur le boulevard. Elles seront ces femmes fortes qui revendiquent leurs droits et font entendre leurs voix.

 

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Petites conférences...

du petit professeur Plume Solidaire à l'occasion des Journées de formation des écrivains publics

 

 

Réflexion et débat à propos de l'éthique et de la déontologie de l'écrivain public bénévole - article 1 

 

- article 2

 

- article 3

Session du 7 mai 2011 -  Saison I


Rédiger vite et bien

Session du 7 mars 2012 -  Saison II

 

L'intitulé de cette formation est une boutade! Plus sérieusement le contenu propose deux parties:
1ère partie
- L'organisation de l'accueil et du fonctionnement des permanences d'écrivains publics
- L'accueil des usagers et le début de l'entretien
2ème partie
- Les différents types de démarches
- Les étapes des démarches
- La rédacton de la lettre

 

 Orienter les usagers
Session du 23 mars 2013 -  Saison III

Recours - Historique - Note
Session du 1 décembre 2012 -  Saison III

Médiateurs et conciliateurs
Session du 1 décembre 2012 -  Saison III

Invalidité et handicap
Session du 2 février 2013 -  Saison III

 
Le logement social à Paris 
Session du 25 janvier 2014 -  Saison IV 

 

Témoignage sur l'expérience de la formation d'AIDEMA19 à la 2ème rencontre entre écrivains publics franciliens

Samedi 14 mars 2015 
 
 

Pourquoi me bouge je ?

Le monde n'est pas
difficile à vivre à cause
de ceux qui font le mal,
mais à cause de ceux
qui regardent
et laissent faire

Albert Einstein

Le Dossier de Monsieur K

 

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Le Film de l'immigration

  25839 71896

Un film de 40 minutes pour deux siècles d’immigration en France. 

 

Source :

Cité nationale de l'histoire de l'immigration

Quel temps sur Belleville ?