Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 17:00

 

      7762702426_l-anthologie-ils-ont-ecrit-le-tour-de-france-la-.jpg

 

 

A lire : La chronique livres de Bernard Pivot   : Le Tour de France de la plume et du vélo

 

 

 

La chronique livres de Bernard Pivot

 

Le Tour de France de la plume et du vélo

La chronique de Bernard Pivot, de l’académie Goncourt.

 

À chaque arrivée d'étape, Jules Deloffre accomplissait un numéro d'équilibriste pour financer sa participation au Tour de France. Le voilà faisant le poirier sur une chaise incertaine. En ces temps héroïques - disons, de 1903, du premier Tour, jusqu'au début des années 1930 -, le règlement était souvent absurde. Interdiction, par exemple, de se ravitailler en eau en dehors des lieux autorisés. Voici des coureurs surpris par le photographe, qui n'est heureusement pas un commissaire : Émile Georget, en 1907, affalé dans une fontaine; le Belge Lucien Buysse, futur vainqueur du Tour 1926, tendant sa gourde à la générosité d'une femme sur le pas de sa porte; Gustaaf Van Slembrouck, la même année, plongeant ses pieds meurtris et brûlants dans un baquet d'eau fraîche. Mais, de tous les documents réunis et commentés avec compétence et ferveur par Jacques Chancel dans Le Tour de France d'antan, à mes yeux la photo la plus étonnante représente, en 1921, Benjamin Javaux, hagard, qui franchit la ligne d'arrivée avec deux vélos : celui qui roule et celui qu'il a cassé!

 

Merveilleuses images en noir et blanc d'hommes rugueux, noueux, au torse cerclé de boyaux de secours. Le visage poussiéreux, ils pédalent sur des chemins de terre où leur gloire ne sera jamais à la hauteur de leurs exploits. Ce sont les pionniers, les éclaireurs, les ouvreurs de la légende du Tour, plus tard contée en direct à la radio, filmée à la télévision, dans une sympathique débauche de lyrisme. Aucun autre sport, aucune autre compétition sportive n'ont autant suscité la verve des écrivains. À preuve cette anthologie, Ils ont écrit le Tour de France, dressée par Benoît Heimermann, à l'occasion de la centième Grande Boucle. Certains noms sont inattendus : Colette, Annie Ernaux, Julian Barnes, Aragon, Gide, d'Ormesson, Troyat, Queneau, Perec, Marcel Aymé. D'autres, espérés, évidents, tels Jacques Perret, Roland Barthes, René Fallet, Louis Nucéra, Christian Laborde, Jean Rouaud, Erik Orsenna, Patrice Delbourg, Paul Fournel… Et, bien sûr, le meilleur en montagne comme sur le plat, Antoine Blondin, 27 Tours de France suivis pour L'Équipe, 524 chroniques, chaque jour un mot pour égayer le peloton de ses confrères. Son refus de passer des bidons d'eau, même les jours de canicule, n'aura été que son seul défaut.

 

"Aucun autre sport, aucune autre compétition sportive n'ont autant suscité la verve des écrivains"

 

Dans un texte dont l'écriture relève assurément de la littérature, Jean-Louis Ezine montre bien comment celle-ci et le vélo "ont toujours fait bon ménage". Il rapporte que le fondateur du Tour, Henri Desgrange, citait volontiers dans ses éditoriaux de L'Auto Zola, Hugo et Flaubert. "Le vélo et les mots ont toujours été dans des complots, des réciprocités frauduleuses, des échanges romanesques", écrit Jean-Louis Ezine qui ne craint pas d'affirmer que "le Tour de France a rougi les yeux de la grande Colette, plus qu'aucun de ses amants".

 

Reproduit par Benoît Heimermann, le texte le plus étonnant, parce que le plus clairvoyant, date de 1924. Il est signé Albert Londres. Au célèbre journaliste, les frères Pélissier sortent de leur sac une fiole. "Ça, c'est de la cocaïne pour les yeux et du chloroforme pour les gencives." Ils lui montrent des pommades, des pilules. "Nous marchons à la dynamite", dit Francis Pélissier. Un autre coureur : "J'ai des rotules en os de mort." Souffrances, corps en capilotade, pharmacopée de soins et d'énergie. C'est Albert Londres qui a inventé l'expression "les forçats de la route". Le dopage était au départ du premier Tour de France… Sinon, comment se montrer surhumain?

 

"Nul n'avait vraiment perçu le témoignage d'Albert Londres comme le signe précurseur d'une descente aux enfers", écrit Éric Fottorino, non sans mérite, car, écrivain, journaliste, fou de vélo, il l'aime le Tour de France, oh, oui! Il en fait l'éloge dans un livre court, épatant. Un petit vélo dans l'athlète, il a été Coppi, Bobet, Hinault, Merckx, Thévenet, Koblet, et même Eugène Christophe réparant sa bécane dans une forge de Sainte-Marie-de-Campan. Mais il n'est pas et ne sera jamais Armstrong, non parce qu'il s'est dopé, mais parce qu'avec lui, la triche a pris les dimensions d'une organisation mafieuse, fondée sur la corruption et l'intimidation. Rien cependant ne pourra lui gâter tant de souvenirs, réels ou imaginaires, dans lesquels lui aussi roule, grimpe, souffre, sprinte, triomphe. Éric Fottorino, 52 ans, increvable, insensé, généreux, a pris le départ du Tour avec une vingtaine de jeunes cyclistes issus de la diversité. Eux aussi vont pédaler sur 3.300 km et franchir 28 cols. Comme disait Blondin, "le col tue"…

Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche

dimanche 30 juin 2013

  

 

Repost 0
Plume Solidaire , écrivain public - dans Bibliothèque et star système
commenter cet article
6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 18:50

 

 

 

Repost 0
Plume Solidaire , écrivain public - dans Ciné - Vidéo - Radio
commenter cet article
2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 17:00

 

Les copains et les copines c'est essentiel dans la vie.

Georges Brassens a été fidèle jusqu'au bout à ses idées, à sa vie, à ses potes.

Plus que 4 jours pour (re)voir ce documentaire : 

 

Arte : Une maison, un artiste - Georges Brassens, au rendez-vous des copains

 

Diffusé le dim. 30-06-13 à 22:02 | 

Documentaire | 27'

 

De : Bruno Ulmer

 

L'émission : Georges Brassens, avec ses paroles poétiques ou engagées, sa guitare, sa pipe entre les dents et son éternel sourire, a définitivement marqué la chanson française. Mais, l'homme était discret et vivait le plus souvent reclus. Découvrir les lieux où il habita, de sa maison de naissance à Sète à celle où il passa les dernières années de sa vie, à Paris, rue Santos Dumont, c'est approcher sa vie intime, connaître les coulisses de son art. Ses maisons ont été des lieux d'une immense générosité, ouverts aux amis de toujours, à ces fameux «copains d'abord». Elles furent également des refuges où, coupé du monde, Brassens a composé ses plus belles chansons, dédiées, pour certaines, aux femmes de sa vie.


Repost 0
Plume Solidaire , écrivain public - dans Ciné - Vidéo - Radio
commenter cet article

Qui Suis-Je ?

  • : Plumeacide, le blog de Plume Solidaire, écrivain public
  • Plumeacide, le blog de Plume Solidaire, écrivain public
  • : C'est une histoire de fraternité républicaine et d'amitié avec celles et ceux qui s'embrouillent avec les chiffres et les lettres.
  • Contact

Allo, y a quelqu'un là ?

 
 
 
  un compteur pour votre site  J'ai mis un compteur pour que vous ne vous sentiez pas trop seul(e) dans cet endroit isolé.
 
 
 
Plumeacide poursuit doucement mais sûrement son voyage dans la blogosphère, et va vers son deuxième millionième visiteur ! Mââgique !
 
 
 

  
2 objectifs et 10 règles pour l'écrivain public

Cliquer pour voir le diaporama

 
 
 
 
Bonne visite et à bientôt
espère-je !
 
 

Chercher Un Article ?

Petites conférences...

du petit professeur Plume Solidaire à l'occasion des Journées de formation des écrivains publics

 

 

Réflexion et débat à propos de l'éthique et de la déontologie de l'écrivain public bénévole - article 1 

 

- article 2

 

- article 3

Session du 7 mai 2011 -  Saison I


Rédiger vite et bien

Session du 7 mars 2012 -  Saison II

 

L'intitulé de cette formation est une boutade! Plus sérieusement le contenu propose deux parties:
1ère partie
- L'organisation de l'accueil et du fonctionnement des permanences d'écrivains publics
- L'accueil des usagers et le début de l'entretien
2ème partie
- Les différents types de démarches
- Les étapes des démarches
- La rédacton de la lettre

 

 Orienter les usagers
Session du 23 mars 2013 -  Saison III

Recours - Historique - Note
Session du 1 décembre 2012 -  Saison III

Médiateurs et conciliateurs
Session du 1 décembre 2012 -  Saison III

Invalidité et handicap
Session du 2 février 2013 -  Saison III

 
Le logement social à Paris 
Session du 25 janvier 2014 -  Saison IV 

 

Témoignage sur l'expérience de la formation d'AIDEMA19 à la 2ème rencontre entre écrivains publics franciliens

Samedi 14 mars 2015 
 
 

Pourquoi me bouge je ?

Le monde n'est pas
difficile à vivre à cause
de ceux qui font le mal,
mais à cause de ceux
qui regardent
et laissent faire

Albert Einstein

Le Dossier de Monsieur K

 

charlot.jpg

Le Film de l'immigration

  25839 71896

Un film de 40 minutes pour deux siècles d’immigration en France. 

 

Source :

Cité nationale de l'histoire de l'immigration

Quel temps sur Belleville ?