Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 17:00

 

 


2013-09-27roms.png

 

 

 

 

 

 

 - - - - - - - - 

 


 

Pour lire le rapport d'Amnesty International : Condamnés à l'errance. Les expulsions forcées de Roms en France

 

 

- - - - - - -     

 

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Un an après la publication de la circulaire du 26 août 2012, Amnesty International constate que les personnes roms continuent à être victimes d’expulsions forcées, en violation des dispositions du droit international relatif aux droits humains. Les réponses apportées par le gouvernement français continuent à être insuffisantes pour protéger les Roms migrants contre cette pratique. 


Par ailleurs, le nombre des expulsions est en augmentation, et des records ont été atteints pour l’année 2012 et l’été 2013.


La circulaire du 26 août n’interdit pas la pratique des expulsions forcées, et dans les faits, plus d’un an après sa publication, force est de constater qu’elle n’a pas empêché leur poursuite. Les ordonnances d’expulsion sont toujours mises en œuvre, nonobstant la volonté et les capacités à appliquer les instructions de la circulaire interministérielle. Or le respect des décisions de justice n’est pas incompatible avec le respect des droits humains des Roms migrants vivant dans des campements informels.


De nombreuses associations et autorités administratives indépendantes ont dénoncé l’application jusqu’à présent inadéquate et hétérogène de la circulaire d’août 2012. En effet, ce document n’a pas force de loi et les préfets sont libres de l’appliquer ou non. Ce caractère discrétionnaire a de lourdes conséquences sur la vie des Roms migrants, dont le traitement dans le cadre d’opérations d’évacuation varie selon les départements. En effet, Amnesty International a constaté un contraste important quant à la conformité aux normes internationales lors d’évacuations de campements informels dans les agglomérations de Lille et Lyon, ce qui démontre que la circulaire du 26 août 2012 ne protège pas les personnes concernées de façon adéquate. La mise en place de garanties explicites et contraignantes contre la pratique des expulsions forcées est nécessaire et urgente.


D’autre part, les recommandations élaborées par la DIHAL au sujet des opérations d’évacuation ne sont pas prescriptives non plus, et sur le terrain elles sont appliquées de manière très inégale. Amnesty International salue le volontarisme et le sérieux du travail effectué par le préfet Alain Régnier et son équipe. Certains exemples positifs en matière d’accompagnement témoignent de la possibilité de trouver des solutions d’insertion viables. Cependant le manque de poids politique et de pouvoir de contrainte de la DIHAL limite sa capacité d’action contre les expulsions forcées, et les projets d’accompagnement et d’intégration qu’elle préconise entrent en contradiction avec la volonté d’exécuter les décisions d’évacuation implacablement. Dans une interview le 8 avril 2013, le préfet Alain Régnier exprime le regret que les évacuations à répétition interrompent les processus d’intégration et représentent parfois une perte de temps, d’énergie et d’investissement social.


Amnesty International reconnaît les efforts fournis par certaines autorités locales lors d’opérations d’évacuation depuis la publication de la circulaire d’août 2012. Cependant le respect des droits des Roms migrants ne doit pas dépendre de la bonne volonté de certains préfets et élus locaux, il s’agit d’une obligation incombant à l’État français. Amnesty International rejoint les recommandations du Défenseur des droits dans son bilan d’application de la circulaire, et exhorte le ministre de l’Intérieur à rappeler à tous les préfets que les opérations d’évacuation doivent être effectuées en conformité avec les normes du droit international relatif aux droits humains.

 

Amnesty International regrette le manque de volonté politique du gouvernement et les propos de certains membres du gouvernement qui perpétuent les clichés et attisent les réactions d’animosité et de rejet. Le 14 mars 2013, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a déclaré lors d’interviews parues dans la presse écrite « (…) hélas, les occupants de campements ne souhaitent pas s'intégrer dans notre pays pour des raisons culturelles ou parce qu'ils sont entre les mains de réseaux versés dans la mendicité ou la prostitution », et que les familles désireuses de s’intégrer « sont une minorité »


Les engagements internationaux pris par la France l’obligent à assurer le plein exercice des droits qu’elle s’est engagée à garantir, au maximum de ses ressources disponibles et sans discrimination aucune. Les autorités françaises doivent prendre des mesures immédiates et contraignantes pour mettre un terme aux expulsions forcées. Plus que jamais au regard de l’actuel climat d’hostilité envers les populations roms et à l’approche des élections municipales de mars 2014, Amnesty International renouvelle son appel au gouvernement de François Hollande à réellement démontrer son engagement pour le respect des droits humains des populations roms en France. 

 

RECOMMANDATIONS Au gouvernement français


 - Mettre en place des garanties effectives contre la pratique des expulsions forcées ;

- Enjoindre aux préfets d'appliquer la circulaire du 26 août 2012 et amender cette dernière afin qu’elle inclue les mesures de protection suivantes :

• s’assurer que personne ne soit rendu sans abri à la suite de toute évacuation de campement informel et proposer des solutions d’hébergement et de relogement convenables à tous les habitants plusieurs jours avant le début de l’opération d’évacuation,

• interdire les évacuations durant la trêve hivernale,

• s’assurer qu’une véritable consultation ait lieu avec les personnes concernées, et qu’elles puissent elles-mêmes proposer des solutions alternatives,

• s’assurer que les personnes concernées reçoivent des informations suffisantes sur l’opération d’évacuation dans un délai raisonnable ; 

Garantir l’accès aux services essentiels de base pour la dignité des personnes habitant dans des campements informels, comme l’approvisionnement en eau, le ramassage des ordures et l’accès à des installations sanitaires suffisantes ;

Garantir l’accès et la continuité des droits à l’éducation et à la santé.

Repost 0
Plume Solidaire , écrivain public - dans Actualité
commenter cet article
28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 17:06

 

 

 

a-laide-ou-le-rapport-w1.jpg

 

 

 

 

 Au cours d’un récent repas de famille, je me suis trouvé fort marri lorsque deux de mes proches ont inversé le sens que j’attribue à cette phrase extraite de l’Epitre de Saint Paul aux Galates : « Quand je me considère je me désole, quand je me compare je me console »*.


Mes interlocuteurs interprétaient l’attitude du locuteur – je ne leur avais pas encore révélé qu’il s’agissait d’un saint homme -,  comme une forme d’arrogance et de mépris à l’égard d’autrui.

Le sens qu’ils lui attribuaient était : quand je vois les autres je les trouve méprisables, quand je me considère, je me trouve bien plus estimable ! C’est le sens de cette locution québécoise : «  Si on prend comme point de repère autrui, le moi n’est pas si mauvais. »

Mon interprétation est au contraire celle de la leçon d’humilité, voire d’une forme d’autodérision : en regardant la misère dont souffrent nombre de personnes de mon entourage, j’en conclus aisément que mon sort est bien plus enviable. C’est une invite à regarder mes soucis, éventuellement avec un peu d’ironie dans le regard que je me porte, pour ce qu’ils sont : dérisoires en comparaison des leurs.

Je conçois, je viens de le comprendre, qu’un esprit retors puisse relever aussi une pointe d’autosatisfaction.

J’en suis ravi ! Démonstration.

Ceux qui consacrent une partie de leur temps à soutenir celles et ceux qui souffrent autour de nous, savent que leur activité est indispensable. L'action d’aller vers l’autre, est la conséquence d’un choix conscient et volontaire en direction de ceux qui ne trouvent pas leur compte dans une société égotiste, matérialiste, qui valorise l’avoir et la possession des objets plus que le développement de l’être. Ils expriment leur liberté en agissant pour l'égalité d'accès des droits de tous, et peuvent à tout moment s'arrêter ou continuer en fonction de leurs contraintes ou de leur désirs. 

Notre attitude est une ré-action positive à la compétition des egos et sa principale conséquence : l’érosion des valeurs d’aide et de partage au-delà du cercle privé (famille et amis…). Nous n'acceptons pas de fermer les yeux sur un environnement social de plus en plus agressif et discriminatoire.

Nous voulons dans nos actes, maintenir la solidarité comme valeur universelle du vivre ensemble républicain. Nous y trouvons du bonheur, et de l’amitié ; nous y développons des connaissances et une expérience pratique et humaine qui nous arment pour affronter les difficultés des autres qui sont aussi parfois les nôtres. La pratique du bénévolat consolide nos choix, nous structure et nous épanouit. Elle se suffit à elle-même, elle n’a pas besoin de se comparer, de rivaliser, de désigner des adversaires, de cliver. Elle nous ouvre sur le monde. C’est là toute mon autosatisfaction.

Le fait de donner du temps, de consacrer une partie de son énergie, de partager des compétences et des savoir-faire, et de donner de l’argent, n’est pas l’expression d’un pouvoir dominateur sur autrui, mais bien plutôt le témoignage d’une victoire sur nous-mêmes. Nous ne nous contentons pas de voeux pieux : pour nous former un jugement sur les événements qui nous touchent, nous nous coltinons à la réalité.

J’ai le sentiment parfois, que celles et ceux qui croient pouvoir renverser le sens que nous donnons à notre action, cherchent plutôt à se consoler d’eux-mêmes, entre eux, en réaffirmant un ego désemparé sous l’influence ravageuse – et tapageuse - des informations télévisuelles, des clans et des réseaux idéologiques, des traditions héritées de l’enfance, des croyances issues des arrières-mondes – telles que les religions ou les philosophies relativistes qui prospèrent sur la crédulité populaire...

La thématique de fond qui traverse le livre d'Emmanuelle Heidsieck décrit la voie sur laquelle nous semblons nous engager. Celle du totalitarisme mercantile.

Pour autant, ce n’est pas parce que nous nous sommes plus heureux dans des pratiques bénévoles, gratuites et solidaires, que nous aspirons à une vision jacobine et robespierrienne de la vertu. Notre but n'est ni de changer le monde, ni de transformer la nature humaine.

Mais ce n’est pas non plus parce que nous souhaitons que chacun garde sa tête sur ses épaules, que nous devons accepter que d’aucuns veuillent faire rouler la nôtre dans le panier.

Cela n’est pas une question de vanité, c’est le droit d’affirmer notre dignité, et la fierté de faire ce que nous faisons.

 

* Galates 2,16.19-21. Certains attribuent cette pensée à Talleyrand

 

Plume Solidaire

 

- - - - - -

 

 

À L’AIDE OU LE RAPPORT W

 

Emmanuelle Heidsieck

 

14.90€


Un professeur de droit à la retraite rend des services dans son voisinage. Un jour, deux policiers se jettent sur lui, le menottent et l’embarquent. Il est placé en garde à vue. Il risque gros.

Le service gratuit, aider les autres sans contrepartie financière, est désormais un délit passible d’une peine de prison et d’une forte amende. Au ministère de l’Intérieur, deux hauts fonctionnaires ont préparé le terrain en rédigeant un rapport visant à traquer tout ce qui, dans le secteur non lucratif, peut fausser la libre concurrence.

Petite réparation, aide à domicile, conseil gratuit, hébergement à l’œil… autant d’activités passibles de condamnations puisqu’elles viennent concurrencer celles des entrepreneurs méritants. De toute façon, les esprits sont prêts : le comportement altruiste est une façon d’obliger autrui, de l’abaisser, de le placer en position d’être redevable, non ?

Dans ce roman d’anticipation, on trouve un rapport avec des parties et des sous-parties, des sections, des annexes. La description du rapport de dominant/dominé qu’entretiennent les deux hauts fonctionnaires – comment l’un exprime ses pulsions sadiques, comment l’autre y est détruit à petit feu. On trouve un lexique des formules de politesse à bannir : ne dites plus « de rien, le plaisir est pour moi, je t’en prie, je vous en prie, pas de problème, mais c’est moi qui vous remercie… ». Ainsi qu’un rappel historique révélant que l’interdiction du non-lucratif est déjà en marche : accusées de concurrence déloyale, les mutuelles et les associations ont été, il y a quelques années, assimilées à des entreprises classiques, leur vocation d’entraide et de solidarité ayant été balayée. Ces éléments s’agencent pour décrire un monde effrayant qui ressemble au nôtre.

 

 

Emmanuelle Heidsieck est l’auteure de plusieurs romans où se mêlent recherche littéraire et questions sociopolitiques.

Elle a notamment publié Vacances d’été (Laureli/Léo Scheer, 2011), Il risque de pleuvoir (Le Seuil Fiction & cie, 2008) et Notre aimable clientèle (Denoël, 2005).

 

 

 

Repost 0
27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 17:34
Repost 0

Qui Suis-Je ?

  • : Plumeacide, le blog de Plume Solidaire, écrivain public
  • Plumeacide, le blog de Plume Solidaire, écrivain public
  • : C'est une histoire de fraternité républicaine et d'amitié avec celles et ceux qui s'embrouillent avec les chiffres et les lettres.
  • Contact

Allo, y a quelqu'un là ?

 
 
 
  un compteur pour votre site  J'ai mis un compteur pour que vous ne vous sentiez pas trop seul(e) dans cet endroit isolé.
 
 
 
Plumeacide poursuit doucement mais sûrement son voyage dans la blogosphère, et va vers son deuxième millionième visiteur ! Mââgique !
 
 
 

  
2 objectifs et 10 règles pour l'écrivain public

Cliquer pour voir le diaporama

 
 
 
 
Bonne visite et à bientôt
espère-je !
 
 

Chercher Un Article ?

Petites conférences...

du petit professeur Plume Solidaire à l'occasion des Journées de formation des écrivains publics

 

 

Réflexion et débat à propos de l'éthique et de la déontologie de l'écrivain public bénévole - article 1 

 

- article 2

 

- article 3

Session du 7 mai 2011 -  Saison I


Rédiger vite et bien

Session du 7 mars 2012 -  Saison II

 

L'intitulé de cette formation est une boutade! Plus sérieusement le contenu propose deux parties:
1ère partie
- L'organisation de l'accueil et du fonctionnement des permanences d'écrivains publics
- L'accueil des usagers et le début de l'entretien
2ème partie
- Les différents types de démarches
- Les étapes des démarches
- La rédacton de la lettre

 

 Orienter les usagers
Session du 23 mars 2013 -  Saison III

Recours - Historique - Note
Session du 1 décembre 2012 -  Saison III

Médiateurs et conciliateurs
Session du 1 décembre 2012 -  Saison III

Invalidité et handicap
Session du 2 février 2013 -  Saison III

 
Le logement social à Paris 
Session du 25 janvier 2014 -  Saison IV 

 

Témoignage sur l'expérience de la formation d'AIDEMA19 à la 2ème rencontre entre écrivains publics franciliens

Samedi 14 mars 2015 
 
 

Pourquoi me bouge je ?

Le monde n'est pas
difficile à vivre à cause
de ceux qui font le mal,
mais à cause de ceux
qui regardent
et laissent faire

Albert Einstein

Le Dossier de Monsieur K

 

charlot.jpg

Le Film de l'immigration

  25839 71896

Un film de 40 minutes pour deux siècles d’immigration en France. 

 

Source :

Cité nationale de l'histoire de l'immigration

Quel temps sur Belleville ?