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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 18:49
33 - Omar Merzoug - Existe-t-il une philosophie Islamique ?
Docteur en philosophie, M.Omar Merzoug enseigne la philosophie et la civilisation islamiques à l’Institut Al Ghazali de Formation des Imams de la Grande Mosquée de Paris; il admet que ce petit ouvrage est d’abord destiné à ses étudiants qui, par leurs questions pertinentes, l’ont conduit à rédiger ce manuel didactique intitulé Existe-t-il une philosophie islamique ? Il y répond de manière dépassionnée et érudite en conservant ce sourire et cet esprit de conciliation qui le rendent si populaire auprès de ses étudiants et de ses collègues dont je suis. 

     La philosophie musulmane n’est pas suffisamment connue, ni d’ailleurs enseignée en France, soit en terminale, soit dans le cursus universitaire hors études orientales. Pourtant, comme le dit l’auteur, les Moutazilites, Al Farabi, Avicenne d’Iran, Averroès d’Espagne, ont interrogé le monde et cette puissance de la pensée étonne après tant de siècles; Roger Bacon (1214-1294) parle « des Juifs, Grecs, Arabes, comme de nos vrais ancêtres »; Nicolas de Cue (1401-1464) écrit Le Coran tamisé; Leibniz (1646-1716) estime que « Le Commentaire d’Averroès paraît être le mieux entré dans le sens d’Aristote parmi ceux de sa nation ». L’ouvrage met en relief, en partant de citations coraniques, les mérites de la philosophie islamique, interrogeant plus particulièrement certains auteurs et a contrario, ses opposants, clercs professionnels ou penseurs laïques. 

    M. Merzoug montre que le Coran encourage parfois des pratiques spéculatives, comme ces versets : « L’homme doit se servir de la raison », ou « Ne s’amendent que ceux qui sont doués d’esprit » (sourate Al Imran, verset 7) qui incitent à une lecture interprétative ou « ta’wil ». En fait, Dieu, dans le Livre révélé, s’adresse au commun des mortels, aux théologiens et aux philosophes «qui interprètent et démontrent » comme Al Farabi (872-950) dans son Livre de la Conciliation des opinions de Deux sages ou Ibn Bagga (1085-1138) dans son Régime du Solitaire et Ibn Tofayl (1110-1155) dont le roman philosophique Hayy Ibn Yaqdhan traduit en anglais au XVIIe siècle sous le titre Le Philosophe autodidacte, aurait pu inspirer Swift pour le personnage de Robinson Crusoé. Pour les « Frères de la Pureté », qui jouèrent un rôle important au Xe siècle dans la diffusion d’idées gnostiques et ismaéliennes, la philosophie est supérieure à la religion. Quant à Ibn Sina, latinisé en Avicenne (980-1038), né dans l’Ouzbékistan actuel, héritier de Platon, d’Aristote, qu’il fit connaître en Occident, de Plotin, « Nul n’a plaidé la cause de la philosophie en Orient avec autant de conviction que lui et nul n’a mis à son service des dispositifs de pensée et de rhétorique aussi rigoureux ». Ibn Sina trouva les formules, les notions, les concepts qui touchent, des siècles après, par leur pertinence et leur à-propos. En Andalousie, Ibn Rouchd latinisé en Averroès (1126-1198), cadi et jurisconsulte à Cordoue , tombé en disgrâce puis réhabilité par les dynastes almohades, mort à Marrakech en 1198, aura prôné l’utilisation du « qiyas » ou discernement appliqué à l’exégèse et de la philosophie dans son Discours décisif et sa Réfutation de la Réfutation ;pour lui, « les choses sont les signes de l’existence de l’Artisan (As-Sani)». 

     Le camp des opposants à l’introduction d’une philosophie islamique s’appuient également sur des versets coraniques comme celui-ci : « On n’interroge pas Dieu sur ce qu’il fait; ce sont les hommes qui sont interrogés » (Coran, Al Anbiya 23); l’auteur rappelle l’étymologie du mot « Islam » (page 25) qui est, grammaticalement, un masdar de 4e forme et a le sens de « s’en remettre à quelqu’un », c’est-à-dire à Dieu, tandis que le verbe « aslama » signifie « faire allégeance » (dans le langage commun : « se faire musulman »). Ce sont les Hanbalites qui furent les plus virulents adversaires de la philosophie, tellement Ibn Hanbal (780-855) en voulait aux Mutazilites qui l’avaient fait emprisonner; on sait que ce « madhdhab » ou Rite débouchera sur le « wahhabisme » adopté au XVIIIe siècle. Ibn Taymiyya (1263-1328) sera impitoyable pour le mouvement philosophique et ses virulentes fatouas sont instrumentalisées aujourd’hui par Al Qaîda et ses clones ou par le Daech. Du côté des penseurs non-cléricaux, Al Ghazali (1058- 1111), dans sa Réfutation des Philosophes, souligne l’impuissance de la raison humaine à unir les esprits. Ayant réparti les philosophes en trois classes, les matérialistes, les naturalistes et les déistes, il dénonce ce système de pensée emprunté à la Grèce comme « innovation blâmable ». Ibn Khaldoun (1332-1406), le grand sociologue maghrébin, reproche à la philosophie d’« être vaine » car « Nul ne devrait se mettre à la logique sans s’être rendu maître des sciences religieuses de l’islam »; le réformiste Jamaleddine Al Afghani, au XIXe siècle, portera le même jugement. 

     Le lecteur appréciera la bibliographie (page 83), notamment celle relative aux trop rares ouvrages classiques de cette discipline traduits en français, les seize notices (page 89) des philosophes, des oulémas, des mouvements de pensée cités dans l’ouvrage et l’incontournable glossaire (page 101). Ce complément pédagogique si utile ne manquera pas de convaincre, en ces temps d’indispensable réflexion sur les apports de la civilisation islamique qu’on ne saurait rapprocher des évènements actuels d’un terrorisme inhumain, tous ceux qui souhaitent se familiariser avec la partie islamique de la philosophie mondiale.
 

Christian Lochon
 

 


Recension réalisée par l'Académie des sciences d'outre-mer  sous licence Creative Commons.
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Plume Solidaire , écrivain public - dans Ecritures publiques et monde arabe
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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 13:45
Expulsions locatives: +24% depuis un an

 

Source: Fondation Abbé Pierre

Paris, le 27 octobre 2016

Comme chaque année, les procédures d’expulsions sont en hausse. En 2015, le nombre d’expulsions effectives, avec le concours de la force publique, a fait un bond spectaculaire de 24 % en un an, pour atteindre 14 363 (contre 11 604 en 2014) ! Une hausse et un niveau inédits, alors que ces chiffres étaient relativement stables depuis dix ans (voir données complètes en annexe).

Et encore faut-il rappeler que les expulsions réalisées avec le concours de la force publique ne sont qu’une minorité des expulsions, compte tenu du fait que de nombreux ménages partent « d’eux-mêmes » sans attendre les forces de l’ordre.

Ces chiffres alarmants sont la conséquence de la hausse des loyers des années 2000, dans le parc privé mais aussi dans le parc social, et de la montée de la précarité depuis la crise. Ils signent aussi l’échec des politiques de prévention des expulsions qui n’ont pas su jusqu’ici enrayer cette tendance. Le début de la trêve hivernale (du 1er novembre au 31 mars), qui offre un répit aux ménages en difficulté, doit être pour tous les acteurs l’occasion de se remobiliser pour éviter ces drames humains qui viennent alimenter la grande exclusion.

Les expulsions ne sont pas une fatalité. Leur prévention peut réellement être améliorée, lorsque les acteurs sont investis et mettent en œuvre des dispositifs ingénieux, comme des aides à la quittance dès les premières difficultés ou des permanences associatives d’accompagnement juridique des ménages à chaque stade de la procédure. Autant de pratiques que le plan interministériel de prévention des expulsions, piloté par un pôle national, devra généraliser au plus vite.

Toujours est-il qu’en cas d’échec de ce type de mesures de prévention, en fin de procédure, il revient aux pouvoirs publics de refuser au maximum l’octroi de la force publique, jusqu’à ce qu’une solution de relogement digne soit trouvée pour le ménage, et d’indemniser les bailleurs dans cette attente. Cela doit déjà être appliqué pour les personnes vulnérables, et plus particulièrement celles reconnues prioritaires au titre du droit au logement opposable (DALO), qui continuent pourtant, chaque année, à être expulsées par dizaines.

Plateforme « Allô Prévention Expulsion » de la Fondation Abbé Pierre : 0 810 001 505

 

« À nous de trouver des solutions autres que simplement assister ou exclure » - L’abbé Pierre

 

CONTACTS PRESSE

Mighelina SANTONASTASO, Chargée de relations presse : msantonastaso@fap.fr - 01 55 56 37 45 - 06 23 25 93 79
Alizée LAMBOLEY, Assistante chargée de relations presse : media@fap.fr - 01 55 56 37 12

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Plume Solidaire , écrivain public - dans Logement - copropriété - Transport
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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 17:14
Hiroshige - Around 1847 - 1848 - Femmes admirant des cerisiers en fleurs

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Petites conférences...

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Session du 7 mai 2011 -  Saison I


Rédiger vite et bien

Session du 7 mars 2012 -  Saison II

 

L'intitulé de cette formation est une boutade! Plus sérieusement le contenu propose deux parties:
1ère partie
- L'organisation de l'accueil et du fonctionnement des permanences d'écrivains publics
- L'accueil des usagers et le début de l'entretien
2ème partie
- Les différents types de démarches
- Les étapes des démarches
- La rédacton de la lettre

 

 Orienter les usagers
Session du 23 mars 2013 -  Saison III

Recours - Historique - Note
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Médiateurs et conciliateurs
Session du 1 décembre 2012 -  Saison III

Invalidité et handicap
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Le logement social à Paris 
Session du 25 janvier 2014 -  Saison IV 

 

Témoignage sur l'expérience de la formation d'AIDEMA19 à la 2ème rencontre entre écrivains publics franciliens

Samedi 14 mars 2015 
 
 

Pourquoi me bouge je ?

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Albert Einstein

Le Dossier de Monsieur K

 

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Le Film de l'immigration

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Un film de 40 minutes pour deux siècles d’immigration en France. 

 

Source :

Cité nationale de l'histoire de l'immigration

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