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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 13:33

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : actualités-nouvelobs - 18 septembre 2014

 

Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, s'est excusé d'avoir qualifié d'"illettrées" les employées de l'abattoir de Gad. Une erreur, selon Alain Bentolila, spécialiste de cet handicap social.

 

 

 

"Il y a dans [les abattoirs de Gad] une majorité de femmes, il y en a qui sont pour beaucoup illettrées" : ces propos, tenus par Emmanuel Macron m ercredi sur Europe 1 , ont provoqué de nombreuses réactions , pour beaucoup négatives. Le jour même, le ministre de l'Economie s'est empressé de s'excuser au micro l'hémicycle. Erreur, estime le linguiste Alain Bentolila, spécialiste de la question de l'illettrisme en France et auteur de "Comment sommes-nous devenus si cons ?". Interview.

Le ministre de l'Economie aurait-il dû employer un autre terme qu'"illettré" ?

- Non. Dire de quelqu'un qu'il est illettré, ce n'est pas l'insulter. Au contraire ! C'est prendre en compte son handicap social. L'illettrisme concerne 9% de la population française au-dessus de 15 ans, parmi lequel, 50% est salarié. Cela veut dire que plus de 2 millions de personnes qui travaillent en entreprise en France sont incapables de lire des indications de travail, de communiquer avec leurs collègues, de remplir une feuille d'impôt... Ces individus sont vulnérables.

Bannir l'illettrisme de toute discussion, c'est cautionner cette situation. Emmanuel Macron a eu raison de dire les choses telles qu'elles sont. On le sait, études de l'Insee à l'appui, les salariés d'abattoirs, les ouvriers et ceux qui travaillent dans la restauration, sont davantage exposés à l'illettrisme. Il ne s'agit pas de stigmatiser une partie de la population mais de déplorer une situation qui ne s'améliore pas.

Macron présente l'illettrisme comme un handicap professionnel qui pourrait empêcher les salariées de Gad de retrouver du travail une fois l'usine fermée. Est-ce une réalité ?

- Le handicap dont souffre ces ouvriers - je ne dis pas "ouvrières", l'erreur du ministre est d'avoir fait cette distinction là -est un frein à leur embauche. Or, il est bien question d'un abattoir qui va fermer et de salariés qui vont se retrouver sans emploi.

Un illettré, quelqu'un qui a des difficultés notables à lire un texte de plus de six lignes et à en tirer les informations dont il a besoin, travaille très bien tant qu'il n'est pas exposé à un changement. Dès qu'une nouvelle machine arrive dans l'usine ou qu'une routine change, il est perdu. Il n'a aucune capacité d'adaptation à la nouveauté.

C'est presque impossible de suivre une formation quand on ne peut pas bien lire, écrire... Ou parler ! Parce que l'illettrisme intervient aussi dans le langage parlé, c'est avant tout un manque de vocabulaire. En ce qui concerne le permis de conduire , que j'ai moi-même repassé il y a peu, il nécessite une dextérité en matière de lecture et d'écriture.

Emmanuel Macron s'est excusé pour ses propos. A-t-il eu raison ?

- C'est une erreur. Ces propos ne sont ni politiquement ni socialement incorrectes. Macron aurait dû s'expliquer plutôt que s'excuser. L'illettrisme enferme ceux qui en sont victime dans un "mutisme social", parler d'eux est au contraire un bon moyen de sensibiliser le reste de la population. Le ministre n'a pas dit "cassez-vous les illettrés". Au contraire ! Il a mis au goût du jour un sujet important. On parle quand même de citoyens qui risquent de se retrouver sur le carreau. Mais maintenant que Macron a fait à juste titre le lien entre illettrisme et employabilité, la question est : que va-t-il faire pour lutter contre ?

Que proposez-vous ?

- Les inégalités commencent avant l'entrée en maternelle. Arrêtons donc de blâmer les méthodes de lecture, la méthode globale n'est pas moins bonne que la méthode syllabique. Avant même le premier jour d'école, il existe un rapport de 1 à 6 entre les élèves en ce qui concerne leurs connaissances du français. Certains connaissent à peine 200 mots, d'autres plus de 2.000. Les premiers traîneront toute leur vie cette lacune comme un boulet.

L'origine du problème, c'est le milieu familial : les familles qui ne parlent pas ou mal le français, l'entourage n'a pas la force de reprendre l'enfant ou de l'accompagner dans la conquête de la langue... L'école peut alors aider. Il faut qu'elle valorise une utilisation fonctionnelle de la lecture.

Pour les plus de 15 ans, ce sont les associations qui luttent contre l'illettrisme qui peuvent agir. Ce n'est pas parce que certaines n'ont pas de résultats probants qu'il faut arrêter de les subventionner. Monsieur Macron, allez-y ! Soyez exigent mais ne coupez pas les ressources aux associations. Il faut mettre le paquet et avoir de grandes attentes.

Marginalisation sociale, chômage ... L'illettrisme est dangereux...

- Pire ! Le vrai danger vient de la vulnérabilité des individus illettrés. Du fait de leur handicap, ces individus sont perméables aux discours des manipulateurs, aux gourou, aux sectes. Près de 10% de la population est freinée dans sa libre pensée. Je pense notamment aux jeunes qui se laissent embrigader par des groupes extrémistes via internet. Un citoyen qui ne peut pas penser par lui-même et qui n'a pas les outils pour se forger sa propre pensé, peut vite se faire dicter la loi de son appartenance.

Propos recueillis par Barbara Krief - Le Nouvel Observateur

 

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Plume Solidaire , écrivain public
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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 13:32

 

 

2013 - Tag effacé rue Lauzin 75019 -Plume Solidaire

 

 

Plus d'un million et demi de personnes illettrées ont un emploi

par Philippe Duport jeudi 25 septembre 2014

 

Source : France Info

 

Ne pas savoir lire, écrire et compter, c’est la situation de plus d’un million et demi de personnes qui pourtant ont un travail. L’illettrisme, le ministre de l’Economie en a parlé à propos des salariées des abattoirs Gad. Ceux qui sont touchés cherchent souvent à le dissimuler par tous les moyens.

 

C’est le défi que relèvent pourtant chaque jour plus d’un million cinq cent mille personnes en France qui sont en situation d’illettrisme. Et qui ont un emploi. Les trois quart d’entre eux sont nés en France. Leur langue maternelle est le français. Ce ne sont pas des analphabètes, mais ils ont simplement « oublié » les savoirs fondamentaux.

Le résultat, ce sont des livreurs qui apprennent leurs trajets par cœur. Des employés qui rangent leurs affaires avec des codes couleur. Des trésors d’ingéniosité et des stratégies de contournement très complexes qui font souvent de ces salariés illettrés des travailleurs très efficaces. Et c’est d’ailleurs quand arrive un changement dans l’organisation du travail ou même une proposition de promotion que le pot aux roses est découvert.
 

Frédéric avait travaillé de nuit pendant onze ans dans l’entrepôt d’une entreprise de transport frigorifique à Agen. C’est quand on lui a proposé d’évoluer que ses difficultés en orthographe ont commencé à poser problème. Pour diriger, avec des ordres oraux, une équipe de chauffeurs, tout allait bien. C'est quand il a eu une promotion que le besoin de se remettre à niveau est devenu impératif, pour ne plus "écrire comme (on) parle".

 

Des parcours comme celui de Frédéric, on en trouve beaucoup dans l’agro-alimentaire, le bâtiment, les services à la personne, la propreté, l’hôtellerie et la restauration. Ces salariés fâchés avec la lecture et l’écriture n’osent pas parler de leur problème. C’est en leur proposant des formations baptisées « adaptation au changement des processus de travail », « santé et sécurité au travail » ou bien « réactualisation des compétences de base » que l’on arrive à leur faire accepter de se remettre à niveau.

 

Reste le cas de ceux dont l’illettrisme est découvert à l’occasion d’un plan social. Jamais détectés, jamais formés par leur entreprise qui a pourtant l’obligation d’adapter ses salariés à leur poste de travail.
L’agence nationale de lutte contre l’illettrisme estime que les conseillers de Pôle Emploi ne sont pas assez sensibilisés à ce problème et que trop de chômeurs sont pénalisés dans leur retour à l’emploi par ce handicap silencieux.

 

 

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Plume Solidaire , écrivain public - dans Illettrisme
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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 13:01
Livre - Les défricheurs, voyage dans la France qui innove vraiment - Eric Dupin

 

Source : http://ericdupin.blogs.com/ld/

 

Cette exploration des français qui ont l'imagination et l'audace de mettre en oeuvre leur propre projet de vie montre la capacité d'une minorité de s'émanciper en assumant les risques inhérents à leurs choix.

Cet ouvrage rappelle qu'il existe une France qui n'a pas peur de s'aventurer sur des chemins qui divergent, au moins en partie, de l'organisation systémique économique dominante. Ils ouvrent des voies que nous devons regarder attentivement pour inaugurer des modes de vie fondés sur une éthique plus responsable pour notre santé, l'éducation et l'avenir de nos enfants, notre habitat, l'art et la culture, les relations avec la nature...Et plus démocratique et égalitaire que le modèle courant de l'entreprise et du mode d'élection de nos représentants.

Il y a aussi bien sûr des initiatives plus radicales que d'autres, qui doivent être étudiées avec un certain recul. Mais certaines d'entre elles influencent déjà notre manière de penser et nos actes - je pense aux AMAP par exemple -, et qui s'instillent dans des fractions de plus en plus large de la société.

L'avenir n'est plus seulement un problème d'augmentation du pouvoir d'achat dans une optique de consommation de masse, il est aussi dans une évolution vers une consommation, de produits plus sains, plus économe, respectueuse des hommes, des autres espèces, et des ressources de la nature.

Terminons par un clin d'oeil malicieux. Comme l'indique le plan du livre, il semble que les défricheurs aient une propension à choisir de changer de vie au soleil et au sud de la Loire.

 

Plume Solidaire

 

- - - - - - - - 

 

Bien plus de Français qu’on ne l’imagine vivent déjà selon une échelle des valeurs différente de celle qu’impose la société actuelle. Plus ou moins radicalement, ils se sont détachés du modèle productiviste et consumériste qui nous étouffe. Guidés par un idéal lesté de pragmatisme, ces défricheurs d’un monde nouveau expérimentent et innovent dans des champs fort divers. Certains, en rupture franche avec la société, vivent dans des yourtes ou dans des « habitats légers ». D’autres, à l’opposé, sont des « alterentrepreneurs » qui se fraient un chemin exigeant, socialement et écologiquement, dans l’économie de marché. Et le champ des expérimentations est vaste : agriculture paysanne et circuits de proximité, écovillages et habitats partagés, renouveau coopératif et solidarité inventive, éducation populaire et écoles alternatives.

 

C’est cette richesse et cette diversité que révèle ce livre, fruit d’une vaste enquête qui s’est déroulée pendant près de deux ans dans une dizaine de régions. L’auteur a recueilli de très nombreux témoignages et réflexions des acteurs de ce mouvement social invisible, souvent surprenants, toujours passionnants. L’ouvrage s’interroge enfin sur le sens de ce fourmillement d’initiatives. De très nombreux défricheurs rencontrés rejettent la politique, mais l’utopie concrète qu’ils vivent a bel et bien un sens politique. Pour autant, le changement social peut-il naître de l’essaimage d’alternatives locales ? Et, au-delà de la convergence vers des valeurs écologiques et sociales qui caractérise cette mouvance, comment définir la postmodernité à laquelle de plus en plus de gens aspirent ?

 

 

 

Éric Dupin, journaliste et essayiste, collabore actuellement au Monde diplomatique et à Slate.fr. Il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrage, dont Voyages en France (Seuil, 2011).

 

ISBN 978-2-7071-7562-5 19,50 €

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  un compteur pour votre site  J'ai mis un compteur pour que vous ne vous sentiez pas trop seul(e) dans cet endroit isolé.
 
 
 
Plumeacide poursuit doucement mais sûrement son voyage dans la blogosphère, et va vers son deuxième millionième visiteur ! Mââgique !
 
 
 

  
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Bonne visite et à bientôt
espère-je !
 
 

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Petites conférences...

du petit professeur Plume Solidaire à l'occasion des Journées de formation des écrivains publics

 

 

Réflexion et débat à propos de l'éthique et de la déontologie de l'écrivain public bénévole - article 1 

 

- article 2

 

- article 3

Session du 7 mai 2011 -  Saison I


Rédiger vite et bien

Session du 7 mars 2012 -  Saison II

 

L'intitulé de cette formation est une boutade! Plus sérieusement le contenu propose deux parties:
1ère partie
- L'organisation de l'accueil et du fonctionnement des permanences d'écrivains publics
- L'accueil des usagers et le début de l'entretien
2ème partie
- Les différents types de démarches
- Les étapes des démarches
- La rédacton de la lettre

 

 Orienter les usagers
Session du 23 mars 2013 -  Saison III

Recours - Historique - Note
Session du 1 décembre 2012 -  Saison III

Médiateurs et conciliateurs
Session du 1 décembre 2012 -  Saison III

Invalidité et handicap
Session du 2 février 2013 -  Saison III

 
Le logement social à Paris 
Session du 25 janvier 2014 -  Saison IV 

 

Témoignage sur l'expérience de la formation d'AIDEMA19 à la 2ème rencontre entre écrivains publics franciliens

Samedi 14 mars 2015 
 
 

Pourquoi me bouge je ?

Le monde n'est pas
difficile à vivre à cause
de ceux qui font le mal,
mais à cause de ceux
qui regardent
et laissent faire

Albert Einstein

Le Dossier de Monsieur K

 

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Le Film de l'immigration

  25839 71896

Un film de 40 minutes pour deux siècles d’immigration en France. 

 

Source :

Cité nationale de l'histoire de l'immigration

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