Dimanche 8 novembre 2009
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Communauté : Passeurs d'espoirs
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En rentrant à pieds avec mon Epouse Unique et Préférée du cimetière du Père Lachaize
la semaine dernière, nous avons croisé la rue Villiers de l'Isle-Adam dans le 20ème.
Comte Auguste (qui n'a rien à voir avec l'inverse) Villiers de l'Isle-Adam, qui "exprime dans des contes à la limite du fantastique son désir d'absolu et son dégoût de la vulgarité quotidienne" (Petit Larousse). Un homme du XIXème avec lequel j'aurais certainement eu des affinités.
- Tu vois, il y a un monsieur qui habite cette rue qui vient à ma permanence. La dernière fois qu'il est venu, il m'a dit qu'il rentrait à 16 heures à l'hôpital pour se faire opérer d'une hernie discale. C'était ça ou le fauteuil roulant. Et à 15 h 30 il est reparti avec son gros sac noir en claudiquant.
J'ai pensé souvent à lui en me demandant si j'allais le revoir.
Et il était là ce matin ! Dans la salle d'attente avec un sourire jusque là !
Deux mois d'hospitalisation et en pleine forme.
Une fois dans le bureau ça se passe comme d'habitude : il parle, je ne comprends rien de ce qu'il me dit. Mais à sa manière de présenter ses courriers en me montrant les auteurs, les dates et les chiffres, je comprends tout. C'est un expert dans la gestion de ses allocations d'invalidité.
Et la cerise sur le gâteau, c'est une grosse cerise à 6 500 € ; qu'on a gagné après la dernière lettre.
Que du bonheur ce Georges ! Avec ses yeux qui brillent d'intelligence derrière ses lunettes.
Des comme lui on en redemanderait à toutes les permanences. Heureusement il y a aussi tous les autres, qui nous rappellent à l'ordre des multiples réalités auxquelles il faut, cas par cas, s'adapter.
Les loquaces et les taiseux, les grincheux et les récriminants, les teigneux et les récalcitrants, les erratiques et les errants, les empathiques et les mal communiquants, les précis et les vagues, les répétitfs et les dépressifs, les complexés et les sûrs d'eux, les délirants et les victimaires, les naufragés (du pochon en plastique) et les oublieux, les dignes et les componctieux, les battants et les capituleux (en raze campagne), les manipulateurs et les généreux, les "Moi je sais ce qu'il faut faire" et les "C'est toi qui sait mon Frère (Et ta Soeur ?), les marathoniens et les sédentaires, les "sans" (travail, ressource, domicile fixe, papiers, amour) et les "avec", les procéduriers et les perdus, les normatifs, les zarbis et les "normaux"...Les heureux, les pas malheureux, les miséreux.
Avec tous en commun mal quelque part : à la langue. Toujours à celle qui s'écrit, souvent avec celle qui se parle. L'écrivain public c'est celui qui soigne la langue.
Qui nous apportent d'autres satisfactions, plus discrètes, plus secrètes, multiples, toujours différentes. Qui nous cassent la tête , mais qui nous forcent à leur trouver des réponses; des solutions sans faux semblant. Qui parfois nous laissent vaincus, désarmés ; mais nous questionnent sur nos limites, notre inachèvement, nous forcent à aller plus loin dans nos connaissances.
Etre écrivain public c'est accepter l'école de la vie, une remise en cause permanente de notre savoir être, de nos savoir faire, de nos savoirs.
Mais toutes et tous nous confortent dans la convicton de l'utilité pratique du service que nous rendons. Et de sa richesse humaine.
Que serait donc ces permanences si nous n'attirions qu'un public avec lequel nous nous sentirions à l'aise ?
Le début d'une forme de discrimination : négative. Or tout l'intérêt de notre approche c'est de servir l'intérêt général.
L'intérêt général de ceux qui sont en difficulté avec...l'intérêt général. C'est là notre "mission statement"...
J'ai dit
Plume Solidaire
Comte Auguste (qui n'a rien à voir avec l'inverse) Villiers de l'Isle-Adam, qui "exprime dans des contes à la limite du fantastique son désir d'absolu et son dégoût de la vulgarité quotidienne" (Petit Larousse). Un homme du XIXème avec lequel j'aurais certainement eu des affinités.
- Tu vois, il y a un monsieur qui habite cette rue qui vient à ma permanence. La dernière fois qu'il est venu, il m'a dit qu'il rentrait à 16 heures à l'hôpital pour se faire opérer d'une hernie discale. C'était ça ou le fauteuil roulant. Et à 15 h 30 il est reparti avec son gros sac noir en claudiquant.
J'ai pensé souvent à lui en me demandant si j'allais le revoir.
Et il était là ce matin ! Dans la salle d'attente avec un sourire jusque là !
Deux mois d'hospitalisation et en pleine forme.
Une fois dans le bureau ça se passe comme d'habitude : il parle, je ne comprends rien de ce qu'il me dit. Mais à sa manière de présenter ses courriers en me montrant les auteurs, les dates et les chiffres, je comprends tout. C'est un expert dans la gestion de ses allocations d'invalidité.
Et la cerise sur le gâteau, c'est une grosse cerise à 6 500 € ; qu'on a gagné après la dernière lettre.
Que du bonheur ce Georges ! Avec ses yeux qui brillent d'intelligence derrière ses lunettes.
Des comme lui on en redemanderait à toutes les permanences. Heureusement il y a aussi tous les autres, qui nous rappellent à l'ordre des multiples réalités auxquelles il faut, cas par cas, s'adapter.
Les loquaces et les taiseux, les grincheux et les récriminants, les teigneux et les récalcitrants, les erratiques et les errants, les empathiques et les mal communiquants, les précis et les vagues, les répétitfs et les dépressifs, les complexés et les sûrs d'eux, les délirants et les victimaires, les naufragés (du pochon en plastique) et les oublieux, les dignes et les componctieux, les battants et les capituleux (en raze campagne), les manipulateurs et les généreux, les "Moi je sais ce qu'il faut faire" et les "C'est toi qui sait mon Frère (Et ta Soeur ?), les marathoniens et les sédentaires, les "sans" (travail, ressource, domicile fixe, papiers, amour) et les "avec", les procéduriers et les perdus, les normatifs, les zarbis et les "normaux"...Les heureux, les pas malheureux, les miséreux.
Avec tous en commun mal quelque part : à la langue. Toujours à celle qui s'écrit, souvent avec celle qui se parle. L'écrivain public c'est celui qui soigne la langue.
Qui nous apportent d'autres satisfactions, plus discrètes, plus secrètes, multiples, toujours différentes. Qui nous cassent la tête , mais qui nous forcent à leur trouver des réponses; des solutions sans faux semblant. Qui parfois nous laissent vaincus, désarmés ; mais nous questionnent sur nos limites, notre inachèvement, nous forcent à aller plus loin dans nos connaissances.
Etre écrivain public c'est accepter l'école de la vie, une remise en cause permanente de notre savoir être, de nos savoir faire, de nos savoirs.
Mais toutes et tous nous confortent dans la convicton de l'utilité pratique du service que nous rendons. Et de sa richesse humaine.
Que serait donc ces permanences si nous n'attirions qu'un public avec lequel nous nous sentirions à l'aise ?
Le début d'une forme de discrimination : négative. Or tout l'intérêt de notre approche c'est de servir l'intérêt général.
L'intérêt général de ceux qui sont en difficulté avec...l'intérêt général. C'est là notre "mission statement"...
J'ai dit
Plume Solidaire






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