Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 13:15

 

 

1679495_6_d459_couverture-de-l-ouvrage-de-serge-audier_195d.jpg

 

 

A l’adage "Si tu ne t'occupes pas de la politique, la politique s'occupera de toi", il faudrait aujourd’hui substituer «  Si tu ne t'occupes pas de l’économie, l’économie s'occupera de toi".


Quel que soit le futur Président de la République dont le nom sortira des urnes le 6 mai prochain, nombre d’électeurs qui iront voter ou qui se seront abstenu de se déplacer dans l’isoloir, ont compris qu’aujourd’hui l’économie domine la politique.


Et que nos lendemains d’élections présidentielles sont pour le moins bien incertains quant à l’avenir de nos ressources.


Autant la politique peut promettre de corriger les effets de l’économie ou d'esquisser un idéal des jours meilleurs, autant l’économie demeure insaisissable, incompréhensible ou obscure pour la grande majorité d’entre nous.

 

J'avais lu avec passion La pensée anti 68, et c'est avec la même curiosité que je vais me lancer dans les 600 pages de Néo-libéralisme(s) - Une archéologie intellectuelle, dans lequel Serge Audier ne propose rien et ne promet rien : il analyse l’histoire des idées qui nous ont conduit à la situation actuelle.


L’économie est l’œuvre des hommes, elle est en constante évolution. Dans sa mutation des vingt dernières années, elle s'est retournée contre les intérêts des peuples en s'attaquant à l'héritage issu de la dernière guerre mondiale - voir L'esprit de Philadelphie d'Alain Supiot -. Si les décideurs se sont défaussés de leurs responsabilités en laissant – pour leurs plus grands profits – les marchés s’autoréguler, il ne tient qu’à ceux qui en ont la volonté de reprendre en mains l’économie, en évitant l’écueil de l’économie dirigée façon soviétique.


L’économie peut être réformée, orientée, régulée, développée, contrôlée : mieux maîtrisée pour être mise au service des peuples.


C’est précisément tout l’enjeu des prochaines élections : désigner l’homme – ou la femme – politique qui sera en capacité de mettre en œuvre une telle perspective.


L’Argentine a relevé ce défi pour sortir de la crise qu’elle a connue en 2002 ! La France doit le faire parce qu'elle PEUT le faire :

Lire l’article : Journal des bonnes nouvelles (AAA+) - 25

«Nous avons sauvé les gens plutôt que les banques»

 

 

A lire aussi : Le Monde des Livres du 3 avril - "Néo-libéralisme(s). Une archéologie intellectuelle", de Serge Audier : un néolib' peut en cacher d'autres

 

 

Plume Solidaire

 

 

 


 

 


Chronique de Brice Couturier - Les Matins de France Culture

 

 

Le néo-libéralisme, le vrai !

0.04.2012 - 08:16


« La plupart des personnalités des partis politiques, des médias et des syndicats, sont sous l’influence directe des organisations des maîtres du monde qui orientent ainsi les décisions prises dans un grand nombre de secteurs. Ce sont les agents du Nouvel Ordre Mondial, fidèles relais de la « pensée unique » et du nouvel ordre économique, par-delà les différences apparentes, qui donnent l’illusion du pluralisme dans le débat public. » Voici ce qu’on lit sur un de ces sites inspirés par la paranoïa ambiante, reflétant une conception complotiste de l’histoire, hélas fort répandue.

 

Le fantasme de la convergence des super-puissants et des super-riches, en des lieux ultra-secrets et sévèrement gardés, bien sûr ! – aujourd’hui, le groupe de Bilderberg, hier la Trilatérale – pour ourdir leurs noirs complots contre les gens du commun, imposer l’ordre économique qui convient à leurs intérêts, pour miner la démocratie en corrompant les faiseurs d’opinion, ce fantasme est très ancien. L’ordre des jésuites, les prétendus Protocoles des Sages de Sion, ou tout bonnement la franc-maçonnerie ont cristallisé ce besoin d’attribuer les malheurs individuels ou collectifs à un « complot des élites », de préférence « cosmopolites » ou « mondialisées ».

 

Votre livre, Serge Audier, fait justice d’un mythe de cet ordre. Vous nous proposez une archéologie du concept de « néo-libéralisme », ce mot qui en est venu à valoir pour jugement et condamnation et dont on a consciencieusement oublié le sens original comme les conditions de sa conception.

 

C’est pourquoi vous vous êtes penché sur ce qui s’est vraiment joué lors des deux évènements fondateurs : le Colloque Lippmann de 1938, puis la création de la Société du Mont Pèlerin en 1947 – qui ressemblaient plus à une réunion d’intellectuels exilés qu’à un complot des maîtres du monde. Car ce que vous avez trouvé contredit singulièrement la doxa altermondialiste. Le projet néo-libéral ne consistait pas à déréguler et à privatiser, mais à tenter de sauver ce qu’on pouvait du libéralisme, menacé par les systèmes totalitaires. Bolchevisme, fascisme et national-socialisme prétendaient, dans les années 30, répondre au besoin de sécurité des gens par une planification rigide de la production – au prix d’un renoncement total aux libertés d’antan et d’un protectionnisme qui, en isolant les peuples, les préparait à la guerre.

 

On vient fort opportunément de rééditer La Cité libre de Walter Lippmann, le livre fondateur de ce fameux « néo-libéralisme » aux Belles Lettres. On y découvre que l’éditorialiste américain le plus célèbre de son temps (deux fois Prix Pulitzer) ne correspondait pas du tout à la caricature qui en est trop souvent faite aujourd’hui. Lippmann a été, dans sa jeunesse, le créateur du Harvard Socialist Club, le fondateur de la revue progressiste The New Republic, l’ami de Keynes – auquel on cherche sans cesse aujourd’hui à l’opposer. Il a défendu le New Deal de Roosevelt jusqu’en 1935. Bref, c’était, dans le contexte des Etats-Unis de son temps, un homme de gauche.

 

S’il veut refonder le libéralisme, c’est parce que le fond de l’air est à son contradicteur principal, l’Etat autoritaire : Mais le néo-libéralisme de Lippmann fait toute sa place à un Etat régulateur et investisseur. A la différence du libéralisme optimiste des fondateurs, il ne croit ni au laisser-faire, ni à l’auto-régulation spontanée des marchés en vertu d’on ne sait quelle « loi naturelle ». Toute activité économique est encadrée par le droit, dit-il, que ce soit l’organisation des marchés, le statut de la propriété, ou le régime des contrats. Enfin, Lippmann est favorable à un système d’assurances sociales, rendu indispensable par les progrès techniques continuels qu’engendre l’économie libérale et qui fait des victimes. Il est également favorable à une fiscalité fortement redistributive – en particulier sur les revenus tirés de rentes et de situations de monopole. Mais par la redistribution fiscale, il s’agit pas de rendre la pauvreté un peu plus acceptable en améliorant superficiellement la situation des pauvres, mais de leur donner les moyens d’échapper à la situation qui les a rendus pauvres. (p. 281)


Bref, le fondateur du néo-libéralisme n’est pas ce qu’on croyait… et le néo-libéralisme fut le contraire d’un ultra-libéralisme. C’est lui qui inspira l’ordo-libéralisme auquel la République fédérale dut son spectaculaire redressement économique.


Rendre leur sens aux mots, dissiper les mythes : entreprise de salubrité publique !

Partager cet article

Repost 0
Plume Solidaire , écrivain public - dans Bibliothèque et star système
commenter cet article

commentaires

Qui Suis-Je ?

  • : Plumeacide, le blog de Plume Solidaire, écrivain public
  • Plumeacide, le blog de Plume Solidaire, écrivain public
  • : C'est une histoire de fraternité républicaine et d'amitié avec celles et ceux qui s'embrouillent avec les chiffres et les lettres.
  • Contact

Allo, y a quelqu'un là ?

 
 
 
  un compteur pour votre site  J'ai mis un compteur pour que vous ne vous sentiez pas trop seul(e) dans cet endroit isolé.
 
 
 
Plumeacide poursuit doucement mais sûrement son voyage dans la blogosphère, et va vers son deuxième millionième visiteur ! Mââgique !
 
 
 

  
2 objectifs et 10 règles pour l'écrivain public

Cliquer pour voir le diaporama

 
 
 
 
Bonne visite et à bientôt
espère-je !
 
 

Chercher Un Article ?

Petites conférences...

du petit professeur Plume Solidaire à l'occasion des Journées de formation des écrivains publics

 

 

Réflexion et débat à propos de l'éthique et de la déontologie de l'écrivain public bénévole - article 1 

 

- article 2

 

- article 3

Session du 7 mai 2011 -  Saison I


Rédiger vite et bien

Session du 7 mars 2012 -  Saison II

 

L'intitulé de cette formation est une boutade! Plus sérieusement le contenu propose deux parties:
1ère partie
- L'organisation de l'accueil et du fonctionnement des permanences d'écrivains publics
- L'accueil des usagers et le début de l'entretien
2ème partie
- Les différents types de démarches
- Les étapes des démarches
- La rédacton de la lettre

 

 Orienter les usagers
Session du 23 mars 2013 -  Saison III

Recours - Historique - Note
Session du 1 décembre 2012 -  Saison III

Médiateurs et conciliateurs
Session du 1 décembre 2012 -  Saison III

Invalidité et handicap
Session du 2 février 2013 -  Saison III

 
Le logement social à Paris 
Session du 25 janvier 2014 -  Saison IV 

 

Témoignage sur l'expérience de la formation d'AIDEMA19 à la 2ème rencontre entre écrivains publics franciliens

Samedi 14 mars 2015 
 
 

Pourquoi me bouge je ?

Le monde n'est pas
difficile à vivre à cause
de ceux qui font le mal,
mais à cause de ceux
qui regardent
et laissent faire

Albert Einstein

Le Dossier de Monsieur K

 

charlot.jpg

Le Film de l'immigration

  25839 71896

Un film de 40 minutes pour deux siècles d’immigration en France. 

 

Source :

Cité nationale de l'histoire de l'immigration

Quel temps sur Belleville ?