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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 17:00

 

 

 

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Quand je vois Etats généraux, je cours très vite pour éviter l'échafaud.


Quand j'entends économie, j'entends : "excellentes explications de ce qui s'est passé et impossibilité de savoir quand la prochaine bulle va éclater".

 

Quand j'entends social, je tends l'oreille.


Dès que je vois le mot solidaire, j'arrive.

 


 

 

D'un pas alerte, je me suis dirigé vers la Bourse, nouveau temple d'un jour de l'Economie Sociale et Solidaire, pour assister à la clôture des Etats Généraux.

 

J'en suis sorti perplexe. Car dans cet ensemble d'organisations extrêmement diverses, je n'ai pas perçu clairement ni l'approche solidaire et encore moins ce qui les fédère.

 

J'ai plutôt eu le sentiment que l'opposition aux principes structurants de notre société et de notre économie - le profit et la croissance comme finalités -, et qui sont le cadre au sein duquel l'ESS a pu prospérer (le libéralisme), n'a pas encore conduit à l'émergence d'une alternative économique crédible.

 

Nous avons assisté aux balbutiements de la structuration d'un mouvement assemblant de multiples expériences dont certaines ont démontré leur pertinence économique et sociale.

 

Solidaire, c'est moins sûr. Car pour être solidaire il faut un socle de valeurs communes, des modèles d'action identifiés et reconnus par les membres de cet ensemble, un sens concret de la coopération, une organisation démocratique...

 

Bref : un projet commun à défendre et, puisqu'il s'agit d'économie et de concurrence jusqu'à nouvel ordre, à promouvoir. Or, on ne promeut pas un système dans ses marges mais par des méthodes combatives au coeur des centres de décision, telles que savent si bien en user les organisations qui défendent les intérêts des entreprises lobbyites à Bruxelles.

 

L'économie sociale et solidaire est porteuse d'espoir; le fait de refuser le profit comme valeur ne suffit pas pour créer de la solidarité.

 

Encore faut-il définir le champ économique de l'économie sociale et solidaire. Et de ce point de vue je ne suis pas tout à fait convaincu de la sincérité de   l'approche solidaire de cette grande mutuelle assurance active sur le marché de la publicité, dont le représentant a pris la parole aux côtés de petites associations, de modestes entreprises, d'organismes subventionnés par les collectivités locales, et de chercheurs universitaires.

 

Le secteur coopératif a généré de grandes entreprises dont il n'est pas si aisé de  discerner la spécificité du management avec celui d'une entreprise du CAC 40. En dehors des bonus et de la rétribution des actionnaires. Conception qui, si elle se généralisait suffirait pourtant à mes yeux à atténuer dans une certaine - et déjà large - mesure les méfaits du capitalisme sauvage que nous connaissons. 

 

Vous imaginez la globalisation d'une Economie Sociale et Coopérative ? Est-ce que ce ne serait pas déjà une révolution ?

 

Nous écrivains publics "solidaires", nous sentions étrangers à cette économie sociale dont la solidarité reste à bâtir; et dont nous voudrions qu'elle soit autres choses qu'un horizon inatteignable ou une profession de foi.

 

Mais elle porte nos espoirs d'un monde solidaire. Espoirs d'autant plus vifs que l'ESS est un secteur de l'économie qui connaît une  forte croissance.

 

Oups, pardon, j'ai dit un gros mot.

 

J'ai dit

 

Plume Solidaire


 

 


 

 

 

France Culture - Chronique de Julie CLARINI "Les idées claires" sur France Culture

 

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L'économie sociale et solidaire


20.06.2011 - 07:35


La Croix offrait samedi un beau portrait de Claude Alphandery, qui partage avec Stéphane Hessel et Edgar Morin, l'âge (88 ans), la Résistance (les FFI) et une notoriété, pour lui, un peu plus nouvelle. C'est qu'il est l'initiateur des Etats-Généraux de l'économie sociale et solidaire qui se sont tenus à Paris hier et avant-hier. Un combat qu'il porte depuis longtemps et qui rencontre aujourd'hui de plus en plus d'échos.

 

L'ambition de ces Etats-Généraux ? Montrer la force de cette forme d'économie qui constitue, à sa manière, une réponse possible à la crise, une alternative, cette fameuse alternative qu'on cherche tant. Mais disons-le tout de suite, à Paris hier, on ne prétendait pas la tenir, l'Alternative avec une majuscule, non, mais plus modestement des recettes, quelques savoir-faire pour d'autres mondes possibles. Pas de grand soir, mais de l'espoir, celui de retrouver des marges de manœuvre dans l'économie globalisée.

 

Le sociologue Jean-Louis Laville appelle ça des « tentatives de reconquête populaire de la sphère économique ». C'est mieux dit et plus explicite que le terme dont on affuble en général ces activités, celui d’ESS, « économie sociale et solidaire » qui dit mal toute l'inventivité à l'oeuvre et toute la diversité de moyens déployée. Dommage qu'on n'ait pas trouvé mieux, « économie sociale et solidaire », ça évoque un chapitre de manuel peu attractif, pas de quoi faire vibrer des Indignés.

 

Appelons-ça « reconquête » donc, « reconquête populaire de la sphère économique ». Il faut dire qu'elles sont si différentes, morcelées, éparses, ces expériences qu'il n'y a sans doute que sur les finalités qu'elles se retrouvent. Retenons-en deux qui feront consensus : démocratiser l'économie et refuser de se soumettre à la loi du profit. En fait, de la coopérative au commerce équitable, de la mutuelle aux cantines populaires, les déclinaisons et les exemples ne manquent pas. C'est même une vieille histoire.

 

« Il s'agit de renouveler la vieille promesse historique du socialisme- donner pour finalité à l'économie la satisfaction des besoins humains- sans retomber dans les errements qui ont caractérisé le « socialisme réel » partout où il s'est imposé. » explique Philippe Frémeaux dont le livre s'intitule La nouvelle alternative ? et sort en même temps que celui de Jean-Louis Laville, nouveau signe de l’actualité de ces idées.

 

Alors, que peut l'économie sociale et solidaire ? C'est sur ce point que les deux livres divergent. Pour Laville, elle doit être l'objet d'un combat, combat pour sa visibilité au sein de l'espace intellectuel, pour son développement à travers des mesures plus favorables, combat pour l'avenir car l'économie sociale et solidaire est potentiellement porteuse, oui, d'une force de transformation.

 

Philippe Frémeaux s'emploie à nuancer ces espérances. Disons qu'il voit le verre à moitié vide, là où Jean-Louis Laville le voit à moitié plein. Impossible de passer en revue précisément toutes ses objections, mais pour aller à l'essentiel : à ses yeux, elle ne constitue pas, cette ESS, une force politique, un mouvement social porteur d'un projet alternatif. L’ambition qui habite ses militants depuis longtemps (changer d'échelle, étendre les expériences, refouler les lois du profit) est en partie chimérique.


Constatons-le simplement : l'ESS est peu présente dans l'industrie, encore moins dans la pub, l'audit, les instituts de beauté ou la sécurité privée, parce que sa présence ou son absence reflète tout simplement les valeurs de ces promoteurs, leurs aspirations.

Les entrepreneurs d'ESS sont plus soucieux de résoudre un problème que de devenir riches ou puissants. De surcroît, ils ne conçoivent pas l'investissement, le développement de l'activité, comme une fin. Donc ils ne croissent pas outre mesure.

 

Est-il pour autant certain que les expériences n'iront pas plus loin, et en plus grand nombre ?


Non, rien ne dit qu'une expansion de ses modèles n'aura pas lieu ( la nécessité de se tourner vers un modèle plus soutenable leur sera favorable) ; néanmoins elle n'incarne pas les prémices d'une autre économie, l'enjeu ne sera jamais de la rendre hégémonique. Et Philippe Frémeaux de conclure : « Les militants de l'économie sociale et solidaire ne doivent donc pas imaginer, ou faire semblant de croire, que la dynamique de leur mouvement puisse suffire à faire advenir leurs rêves. »


Pas de grand soir, pas de nouvelle doctrine, mais peut-être une pièce dans le grand mécano de l'alternative à construire.

 


 


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