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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 19:00

 

retrouver ce média sur www.ina.fr

 

 

 

 

 

 

 

Source : lehman.cuny


 

Source Le Monde


 

 

Chantre éloquent de la diversité et du métissage, le grand écrivain antillais Edouard Glissant est mort le 3 février, à Paris, à l'âge de 82 ans. Poète, romancier, essayiste, auteur dramatique et penseur de la "créolisation", il était né à Sainte-Marie (Martinique) le 21 septembre 1928 et avait suivi des études de philosophie et d'ethnologie, à Paris.

 

Le prix Renaudot attribué, en 1958, à son roman La Lézarde, fit connaître du grand public cet intellectuel qui ne sépara jamais sa création littéraire d'une réflexion militante. Influencé par la philosophie de Gilles Deleuze et Félix Guattari, il a fait une utilisation politique de l'histoire et de la géographie des Caraïbes, manifestant sa révolte contre les racismes de toutes sortes et rappelant la tâche indélébile de l'esclavagisme sur les relations de la France avec l'Afrique et tout "l'outre-mer".


S'opposant à tout système imposé, à tout refus de l'autre, Edouard Glissant a été le chantre du métissage et de l'échange, formulant dans les essais regroupés au sein de la série "Poétique" sa thèse sur la "Philosophie de la relation" et la "Poétique du divers". Lui-même a refusé de s'enfermer dans un genre unique, circulant en permanence entre le roman, l'essai et le poème, y compris au sein de chaque ouvrage.


DES ROMANS ORIENTÉS VERS L'IMAGINAIRE


Edouard Glissant, qui entretenait des relations à la fois respectueuses et conflictuelles avec Aimé Césaire, l'autre grande personnalité du monde antillais, a aussi manifesté son souci de la filiation littéraire, à travers des écrivains et "disciples" tels que Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant ou Ernest Pépin.


Ses romans, du Quatrième siècle (Seuil, 1965) à Ormerod (Gallimard, 2003), sont orientés vers un monde imaginaire et mythique, loin de tout naturalisme, mais aussi du pittoresque propre à certains romanciers antillais.


Après avoir créé, en Martinique, un centre de recherche et d'enseignement, ainsi qu'une revue baptisée Acoma, Edouard Glissant avait fondé, à Paris, un Institut du Tout-monde, destiné à mettre en pratique ses principes humanistes et à permettre la diffusion de "l'extraordinaire diversité des imaginaires des peuples".

 

Lire l'intégralité de l'article dans l'édition Abonnés du site et dans Le Monde daté du 4 février.


Raphaëlle Rerolle

 

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Nécrologie


  le Monde, édition du 4 février 2011


Nécrologie Chantre de la diversité et du métissage, l'écrivain Edouard Glissant est mort

 

 

 

Source : Bibliobs

 

 

Par Gilles Anquetil

Le grand écrivain martiniquais, à la fois poète, romancier et philosophe, vient de mourir à l’âge de 82 ans. Il a été le chantre de la «créolisation» des cultures et des imaginaires. Hommage

 

 

Né en 1928 à la Martinique, le poète, écrivain et philosophe Edouard Glissant est mort ce 3 février 2011 à Paris. Prix Renaudot en 1958 avec "la Lézarde", il était à l'origine d'une réflexion majeure sur la créolisation des cultures et la "Poétique de la Relation". Sipa/GerardCambon

 


Edouard Glissant a toujours eu fière allure. Ce géant séducteur, longtemps nobélisable, savait aussi être flambeur. Quand il obtint en 1958 le Renaudot pour son premier roman «la Lézarde», il fit une interminable fête à tout casser. L’auteur du «Traité du Tout-Monde» n’a jamais cessé de danser sa vie, jusqu’à ce fatal 3 février. Edouard Glissant a toujours refusé la posture du maître à penser. Pourquoi l’aurait-il prise? Les maîtres ne dansent jamais.

 

 

 

Né en 1928 à Sainte-Marie, en Martinique, le poète soupçonnait que son nom était «l’envers insolent» de celui d’un colon, Senglis. Il en fera même un personnage de roman. Au moment de la libération des esclaves, il fallut dans l’urgence nommer des milliers d’hommes sans nom. Ce fut la première fête créole, baroque et spontanée. «Glissant, c’est magnifique, s’extasiait-t-il. Mais plusieurs noms errent en nous Le créole donne spontanément plusieurs noms aux mêmes choses. Les modes de prolifération sont nos modes d’expression.»

 

 

Dans son premier essai poétique, «Soleil de la conscience» (1956), «tout est déjà», disait-il. Le jeune Glissant expérimentait la pensée inarrêtable du «tout-monde». Il s’agit d’une philosophie sans père ni descendance, qui vit l’éclatement du monde et met en branle un affolement des imaginaires pour mieux piéger vérités uniques et identités univoques. Le «tout-monde» de Glissant est une poétique de l’archipel, une forme  syncopée du ressassement, une pensée de l’errance et de l’accueil. Bref, un laboratoire littéraire où se réalise un programme inédit: «Mettre en relation la diversité du monde».

 

 

Comment voulez-vous, avec un tel programme, que Glissant ait tenu en place? Lui qui fut en 1961 assigné à résidence par le pouvoir gaulliste, fonda avec Paul Niger le Front antillo-guyanais et signa le «Manifeste des 121» pour le droit à l’insoumission fut toute sa vie un éternel nomade. De New York à Bâton-Rouge en Louisiane, où il enseigna, de Rio à Paris. «Le nomadisme, expliquait-il, m’a permis d’échapper à tous les enfermements. Mais en voyageant, on transporte toujours ‘‘ses’’ lieux avec soi, ses lieux communs .Chaque lieu est incontournable. On ne peut le remplacer ni en faire le tour.»

 

 

Ce poète chantait l’imaginaire parce qu’il rassemble. Il a honni l’idéologie car elle divise. Le militant du «tout-monde» a toujours refusé toute séparation entre le poète, le romancier, le philosophe, le professeur ou le danseur. «Au plus fort de mon activité politique dans les années 60, j’écrivais des poèmes résolument opaques. L’obscur est le renoncement aux fausses vérités des transparences. Je réclame pour tous le droit à l’opacité.» C’est ainsi que ses romans sont des essais de contrebande, ses essais des romans conceptuels et ses poèmes de cycloniques accidents d’écriture.

 


Ce chantre de la créolisation généralisée du monde a toujours été rétif à tout esprit de système. Ses grands  livres tels «le Discours antillais» (1981) ou «Poétique de la relation» (1990) sont des machines de guerre joyeuse contre les tentations de repli sur des identités uniques .Glissant disait récemment: «Je suis toujours un jeune poète.» Comme il avait raison! Jusqu’à 82 ans, Edouard Glissant a toujours été un jeune poète.

 

Gilles Anquetil

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