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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 20:21

 

Lire les précédents articles :

Cool dimanche 54 - La joie de celui qui ne croît en rien - Robert Misrahi 1/3

Cool dimanche 55 : La joie de celui qui ne croît en rien - Robert Misrahi 2/3 

 

 


Robert Misrahi | "Chemins de traverse" (2) |... par Quani

 

Dans le présent contexte de campagne électorale, l’un des candidats s’est avisé de commencer par s’en prendre à l’ « élite », dont il est le représentant emblématique dans sa version « manager bling bling ».


Pourtant, il fait bon se tourner vers l’élite de ceux qui pensent la (ré)conciliation, la solidarité, le bonheur et la joie de vivre.


Et de tourner le dos au storytelling et aux amours romancés sur papier glacé, aux rhétoriques inusables et démagogiques de la haine d’autrui et des replis identitaires, aux idées fondées sur la conception matérialiste et comptable de la vie, au délittement progressif l’Etat dissimulé sous l'affiche de son rôle sécuritaire et intrusif.


C’est profondément réconfortant.

J’ai dit

Pume Solidaire

 

- - - -

 

Robert Misrahi

Un philosophe qui fut l’élève des plus grands, et qui présente pour beaucoup la meilleure lecture de Spinoza aujourd’hui, propose de sortir du "désenchantement violent", par l’élaboration d’une nouvelle éthique du bonheur.


"Le bonheur, dit-il, n’est pas un état passif, c’est un acte !"

Source : Clés.com


 

N. C. : En fait, cette nouvelle doctrine s’adresse à tous ceux qui veulent être libres de croire en leur Dieu intérieur, sans être obligés d’adhérer à des dogmes et des principes aliénants ?


R. M. : Oui, absolument. Elle convient à tous ceux qui refusent d’appuyer leur foi sur une obéissance.

N. C. : Si nous nous dirigions dans cette voie, nous irions donc vers l’avènement d’une société d’individus libres, non pas libres de conquérir mais libres d’aimer ?


R. M. : Exactement ! Libres d’aimer et de vivre heureux - ce qui va ensemble.


N. C. : Personnellement, vous ne semblez pas être athée au sens matérialiste du terme. Est-ce juste ?


R. M. : C’est exact, je ne suis pas athée au sens matérialiste du terme. Le matérialisme au sens strict, consiste à dire que c’est la matière (par exemple le corps, les cellules nerveuses) qui produisent l’ensemble des activités de l’esprit. Mais, en disant cela le matérialiste pense aussi que les activités de l’esprit sont la même chose que leur source matérielle, c’est-à-dire qu’ils réduisent et rabattent les créations de l’esprit sur le corps. En ce qui me concerne, je pense que nous sommes, bien sûr, issus de la matière minérale et de la matière vivante mais que les produits de l’esprit, les produits créés par l’humanité entière depuis toujours, ne sont pas réductibles à leurs soubassements matériels, ni pour le sens, ni pour le contenu, ni pour l’indétermination. Cela signifie qu’il n’y a, à la fois liberté et signification, - qui sont des notions de vérité et de pertinence - que dans l’ordre de la conscience. Voilà pourquoi, en effet, je ne suis pas athée matérialiste.


N. C. : Vous n’êtes pas non plus agnostique ?


R. M. : Je ne suis pas non plus agnostique, parce que... face à moi-même, je suis sûr de ce que je pense. Toutefois, la liberté supposant que l’autre est totalement libre et laissé libre, ma liberté suppose que l’autre est également libre de ses croyances, pourvu que ses croyances ne soient pas des croyances conquérantes qui finiraient par vouloir s’imposer à moi.


Quant à l’athéisme traditionnel, c’est un athéisme militant, parfois même un athéisme violent, comme nous l’avons vu, par exemple, dans le cas de l’Union Soviétique, où régnait un athéisme violent, négateur de tout autre possibilité. C’est cela que nous combattons et que nous devons condamner

.

N. C. : Vous ne croyez pas en Dieu, vous n’êtes ni athée, matérialiste ou traditionnel, ni agnostique, mais vous regrettez que notre société ait négligé la spiritualité, l’intériorité, la conscience des individus ; vous dites qu’à notre démocratie manque une éthique et vous précisez « une éthique de la joie et du bonheur ». Qu’est-ce qu’une éthique de la joie du bonheur dans cet esprit ?


R. M. : L’éthique est l’ensemble des principes qu’un, ou plusieurs individus, se fixe, invente, pose, instaure, pour conduire l’existence et lui donner un sens.


Et, personnellement, j’ajoute : pour conduire l’existence vers sa joie, car lui donner un sens, c’est la conduire vers sa joie. Néanmoins, même si nous ne prononçons pas tout de suite le mot « joie », nous devons insister sur l’idée de conduite de l’existence ; une conduite de l’existence dans notre rapport à nous-même et à autrui, dans notre rapport à nous-même et à la société, bien entendu. Nous sommes là dans la perspective d’une valorisation de la vie (de l’existence), dans la perspective de la création d’un sens de la vie. Toutefois, nous pourrions aussi reprocher à l’éthique d’être abstraite, c’est pourquoi nous devons y ajouter un autre élément essentiel : la notion de bonheur ! En effet, si la laïcité et la démocratie ne sont destinées à rien d’autre qu’à elles-mêmes, elles s’étiolent, elles deviennent, justement, l’abstraction et la coquille vide que l’on connaît.


Pour retrouver la solidarité et la générosité, il faut réanimer la démocratie et, pour réanimer la démocratie, il faut se demander à quoi elle sert ! C’est ici qu’intervient la notion de valeurs, et principalement la notion de bonheur qui est la valeur ultime. Si la société démocratique n’est pas destinée à rendre possible le bonheur, elle n’est pas fondée, elle n’est pas achevée. C’est actuellement le cas parce que nos sociétés ont oublié (et surtout nos philosophes, nos penseurs, nos sociologues) l’idée de bonheur et, plus exactement, d’éthique orientée vers le bonheur. Et, de toute évidence, si nous avions réellement cela présent à l’esprit, il y aurait moins de catastrophes, moins de malheur, moins de violence, moins de solitude, moins d’indifférence à autrui, car le bonheur ne peut pas être construit seul.


Propos recueillis par Marie de Solemne 

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Source :

Cité nationale de l'histoire de l'immigration

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