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21 - Les racines de la haine

Les racines de la haine (notes)

 

Source : Les racines de la haine – 2ème partie de la grande table de France culture – 16 novembre 2015 – Souleymane Bachir et Fathi Benslama, psychanalyste

 

Fathi Benslama*, professeur de psychopathologie est directeur de L’UFR Etudes psychanalytiques de l’Université Diderot. Il considère que la société a le droit de se protéger, et que les chercheurs ne sont pas assez associés par les pouvoirs publics au travail de recherche, actuellement insuffisant, sur l’affinement de la connaissance des ressorts du passage à l’acte.

 

*L’idéal et la cruauté – Subjectivité et politique de la radicalisation (contribution) – Editions Lignes

La guerre des subjectivités en islam – Editions Lignes

 

L’ex directeur de CIA indique que l’Arabie saoudite a dépensé 90 milliards de dollars en faveur des groupes et des mouvements islamistes radicaux. Pour quels motifs ne les ont-ils pas dépensés pour la santé et l’éducation pour combler le retard culturel accumulé dans le monde arabe ? Nous aurions un autre monde musulman que ce que ces pays en ont fait. Et la France est directement concernée par ce retard car les monstres ont déjà été produits. Notre état a laissé l’influence des prédicateurs s’exercer.

La conséquence aujourd’hui est que la radicalisation touche toutes les catégories de revenus de la société. Il ne s’agit plus seulement des musulmans et des pauvres des banlieues populaires mais aussi des classes moyennes et de foyers disposant de revenus plus élevés.

La radicalisation a diffusé des représentations générales, un discours global qui répand l’idée que les conditions d’une guerre civile au sein de la société française existent. Elle prend appui sur la réalité de la crise culturelle, les difficultés économiques, sur la sinistrose ambiante. Or ces arguments ne résistent pas à l’analyse, à la complexité du réel, et aux mutations en cours dans notre société.

Les populations juvéniles qui adoptent l’islamisme se caractérisent par des perturbations identitaires très importantes. L’idéalisme est une spécificité de l’adolescence. Ces jeunes gens, entre 15 à 25 ans, sont en attente d’une réponse pour sortir de l’état dans lequel ils se trouvent. Or certains d’entre eux trouvent cette réponse à travers l’idéal absolu que leur propose internet, les meneurs, l’insertion dans un groupe d’exaltés homogène.

Dans les religions, selon les parcours de chaque jeune, ou selon son état d’esprit à un moment de sa vie, celui-ci peut prendre ce qu’il veut. Il peut trouver l’amour s’il cherche l’amour et la haine s’il  cherche la haine.

Un musulman traditionnel n’entend pas la religion dans un village où elle définit une morale, elle gère le groupe, donne des références, dans la vie courante, comme on l’entend dans notre société. Lorsque Daech parle de religion c’est aussi ce qui doit gérer la cité. Nous chrétiens sécularisés nous n’entendons pas ainsi la religion. Il y a un malentendu.

Derrière la religion il y a les idéaux dont nous avons tous besoin, et leurs deux versants.

Nous élevons nos enfants pour qu’ils acquièrent ces idéaux qui nous élèvent et nous permettent de vivre avec les autres.

Mais il y a la face obscure des idéaux dont nous avons connus les dévastations.

Ainsi la fraternité n’est pas seulement celle de la solidarité altruiste.

Les frères peuvent aussi devenir féroces vis-à-vis de l’autre. Ils s’aiment et sont solidaires, et peuvent être d’autant plus violents avec ceux qui sont à l’extérieur. C’est ce qui explique pourquoi il y  a souvent des frères – de sang – parmi les terroristes.

Dans ce cas la fraternité est un moyen de faire clôture sur soi. Et ceux dont nous souffrons, sont ceux qui distinguent le monde en deux catégories : les musulmans et les non musulmans, et à l’intérieur des musulmans il y a nous et il y a les faux musulmans qui sont rejetés dans les « ténèbres extérieurs ». C’est une manière de constituer autour de soi et de la manière la plus proche possible, une espèce d’univers qui serait à lui seul la totalité. C’est un phénomène d’exclusion radicale qui prend la forme d’excommunication du monde dans sa totalité. C’est un divorce avec la vie d’ici-bas.

Il y a un fait anthropologique de prolongement de la période de l’adolescence de l’humanité. Cette partie de la vie des jeunes est caractérisée par une mutation qui touche les aspects les plus cruciaux de l’existence humaine parmi lesquels il y a la question de la mort et de la vie qui est particulièrement sensible.

Les discours radicaux savent brouiller les limites entre la vie et la mort.

Leur grande thèse, celle qui attrape beaucoup de ces jeunes, est que la mort sera le moment d’une nouvelle naissance ailleurs dans un autre monde qu’ils ont choisi. La mort, qu’ils acceptent, est un transport par un idéal pour aller dans ce monde parfait. C’est la haine du monde des hommes qui les animent.

Ils jouent sur ces moments d’incertitude par lesquels nous sommes tous passés. Pour des jeunes extrêmement perturbés la question de la vie et de la mort prend un poids considérable.

L’autosacrifice permet d’anoblir le suicide. On trouve beaucoup de délinquants parmi ces jeunes qui y trouvent un anoblissement de leurs pulsions de destruction. Ils peuvent au nom de la loi supérieure devenir hors la loi.

Cette faille identitaire concerne tous les milieux sociaux.

Lorsqu’une personne est  en situation de trouble psychologique il y a une sédation de ces troubles quand il rencontre ces idéologies. A partir du moment où un homme cesse d’être une singularité il peut se débarrasser de ses symptômes et de ses souffrances. Il devient un automate régi par une hypernormalité. C’est le même mécanisme que celui des khmers rouges, qui permet d’évacuer sa propre individualité.

Contrairement à ce que nous croyons, les sociétés traditionnelles sont très individualisées mais la modernité a rendu la vie très complexe et la rend de plus en plus difficile à assumer par l’individu. La culture nous a imposé des restrictions qui peuvent devenir insupportables s’il n’y a pas de compensations.

Il devient de plus en plus difficile de supporter sa vie ; l’individu devient une superproduction de lui-même. Il faut qu’il déploie des énergies considérables, ressources dont tout le monde ne dispose pas.

En devenant un héros, un martyre, il devient quelqu’un.

Pourquoi les gens cherchent-ils refuge dans le communautarisme ? Beaucoup de gens sont fatigués et ne demandent qu’à renoncer, à se trouver dans une communauté qui les protège, leur donne des garanties, en leur ordonnant ce qu’ils doivent faire.

L’un des réponses c’est l’éducation, qui exige du temps et qui apprend à quelqu’un à devenir un individu. Les sociétés ont toujours inventé des moyens pour que l’individu soit une personne. Les problèmes que nous connaissons viennent du fait que l’éducation est faussée.

La médiation traite de l’islam obscure mais il y a des philosophes de l’islam aujourd’hui qui peuvent alimenter la culture et l’éducation.

Concernant ces jeunes nous n’avons pas d’autre solution que de les amener à en faire des personnes comme l’indique Dounia Bouzar.

Cela se fait déjà avec succès, et nous devons le faire.

 

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